‹ Traité des résections et des opérations conservatrices (volume 2)Chapitre 14 sur 166 · B. — AUTOPSIES DES RÉSECTIONS DE LA. HANCHE PRATIQUEES SUR L'HOMME · texte numérisé non relu

B. — AUTOPSIES DES RÉSECTIONS DE LA. HANCHE PRATIQUEES SUR L'HOMME

Nous n'avons pas eu l'occasion de faire d'autopsie sur des opérés morts longtemps après la guérison et ayant succombé à une maladie intercurrente. Ce sont les faits de ce genre qui présenteraient le plus d'intérêt pour la détermination de la structure de la néarthrose et l'étude comparative des muscles qui l'entourent. Nous avons eu cependant à autopsier plusieurs de nos opérés, mais il s'agissait de cas récents, qui n'étaient pas arrivés à un degré suffisant de réparation pour nous éclairer sur le mode de reconstitution de l'articulation enlevée.

Nous avons constaté, dans ces divers cas, l'épaississement de la gaine périostéo-capsulaire qui servait de limite à la suppuration et unissait toujours le fémur au bassin, malgré l'absence de contention exacte dans les derniers temps de la vie.

Dans ces autopsies, nous ne relèverons qu'un fait intéressant, c'est la constatation de l'allongement atrophique du tibia chez une petite fille de cinq ans, à laquelle nous avions réséqué la tête du fémur depuis un an environ. L'allongement atrophique, plus sensible au moment de l'opération (puisque nous l'avions évalué à 10 millimètres après des mensurations minutieuses), fut trouvé de. 7 millimètres à l'autopsie1.

1. En le mesurant à travers la peau, avant la dissection, nous avions trouvé la même différence que nous constatâmes après l'autopsie. Le tibia du côté malade, quoique ayant continué de grandir un peu, s'était accru de 3 millimètres de moins que le tibia du côté sain, depuis l'opération. L'observation est rapportée dans la thèse de M. Mondan [Recherches expérimentales et cliniques sur les atrophies des membres dans les affections chirurgicales. Thèses de Lyon, 1882).

L'enfant, qui avait continué à suppurer après la résection, était morte dans un état de marasme très prononcé.

La pièce pathologique de l'opéré d'Antony White est déposée au musée du collège des chirurgiens de Londres1. Nous la signalons ici à cause de son intérêt historique, et puis parce qu'elle montre que dans cette première tentative chirurgicale, on était arrivé à obtenir une néarthrosc bien fixée. Une capsule fibreuse de nouvelle formation entoure l'extrémité réséquée et la fixe au bassin.

Sayre a communiqué au congrès de Londres, en 1881, le dessin d'une pièce recueillie sur une petite fille qu'il avait opérée à l'âge de deux ans et neuf mois, et qui était morte d'albuminurie cachectique deux ans et deux mois après.

Ce qu'il y a de remarquable dans cette observation, d'après la description donnée par l'auteur et le dessin qu'il a montré au Congrès, c'est la richesse de la régénération osseuse. Il n'y aurait eu qu'un huitième de pouce de raccourcissement pour le membre opéré. Une coupe transversale de la hanche gauche fit voir que la nouvelle tête du fémur reposait dans l'acétabulum et lui était unie par une masse de tissu d'apparence fibreuse qui permettait une grande mobilité. On pouvait voir, dit l'auteur, que non seulement la partie reproduite avait presque la forme, la masse et la longueur de l'extrémité saine, mais qu'un cartilage articulaire avait été reconstitué. L'examen de la pièce montrait même une couche de cartilage conjugal au-dessous du renflement qui représentait la tête2.

Cette abondance du tissu osseux reproduit est réellement surprenante, car au moment de l'opération, l'auteur avait constaté la résorption de la tête, du col et d'une partie du grand trochanter, et l'os avait été scié au niveau du petit trochanter. L'âge de l'enfant peut l'expliquer, mais nous qualifions ce cas de tout à fait exceptionnel. Nos expériences sur les animaux ne nous ont jamais donné de résultat semblable: nous avons toujours constaté un raccourcissement relativement beaucoup plus étendu.

Israël et Kuster ont présenté au Congrès des chirurgiens allemands, en 1885, deux autopsies que nous reproduisons ici dans leurs détails essentiels. Le cas d'Israël se rapporte à un jeune garçon de huit ans et demi

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