‹ Traité des résections et des opérations conservatrices (volume 2)Chapitre 155 sur 166 · ABLATION DE L'ASTRAGALE. — TARSECTOMIES DIVERSES · texte numérisé non relu

ABLATION DE L'ASTRAGALE. — TARSECTOMIES DIVERSES

cas que nous avons mentionnés nous fait voir que cette prothèse interne est dès aujourd'hui applicable. Il y a une dizaine d'années déjà, Léîiévant avait remplacé la phalangette du petit doigt par une phalange en platine construite par Claude Martin. Le corps étranger ne tarda pas à être éliminé, bien qu'il eût paru toléré pendant un certain temps. Aujourd'hui, avec une asepsie plus parfaite, on arriverait probablement à une plus grande tolérance; mais un organe mobile et exposé aux frottements éliminera tôt ou tard les substances étrangères implantées dans son tissu. Dans tous les cas, si Ton ne peut guère espérer remplacer définitivement des parties mobiles du squelette par des corps étrangers de même forme , on peut au moins demander au platine ou à l'ivoire des services temporaires, comme organes de soutien et excitants de l'ossification pour les os dans lesquels ils seront implantés. C'est l'idée qui nous a guidé dans les tentatives de ce genre que nous avons faites.

Quant aux implantations, dans la gaine périostique ou dans les cavités osseuses, de corps étrangers aseptiques mais résorbables, tels que les os décalcifiés, les faisceaux de catgut, nous n'avons rien à ajouter à ce que nous en avons dit dans le chapitre XXI. Ils ne peuvent agir qu'en stimulant la plasticité des tissus périphériques et en maintenant la forme de la région jusqu'au moment où les productions périostiques auront acquis assez de consistance. Ce sont des attelles temporaires, destinées à être résorbées peu à peu, mais qui n'agissent pas autrement, au point de vue de l'ostéogénèse, que les tampons de gaze iodoformée dont on aurait bourré la plaie.

§ VIII. — Des résections de l'articulation tibio-tarsienne et des différents os du tarse. — Amputation de jambe avec lambeau doublé du périoste calcanéen.

A. NOUVEAUX DÉTAILS SUR LES RESULTATS ORTHOPÉDIQUES ET FONCTIONNELS DE l'aBLA-

TION DE L'ASTRAGALE DANS LES CAS d'oSTÉO-ARTHRITE SUPPURÉE.

A cause de l'importance du sujet traité dans ce chapitre, nous compléterons les renseignements relatifs à l'état actuel de nos divers opérés. Nous donnerons ainsi plus de poids aux conclusions que nous avons déjà tirées.

Nous avons, du reste, une omission à réparer. Quand nous avons représenté nos divers réséqués dans les chapitres précédents, nous les avons montrés dans deux positions, toutes les fois qu'il était utile de faire apprécier l'étendue des mouvements. C'est la seule manière de donner par le dessin une démonstration de l'état fonctionnel. Nous reproduisons donc ici le pied d'un de nos anciens opérés que nous avons revu récemment (mars 1891) et que nous avions déjà figuré en flexion, appuyé sur sa plante, dans la station debout (fig. 410, p. 547). Nous le

figurons ici dans l'extension, de sorte qu'il est possible, en superposant les deux figures, de se rendre compte de l'excursion de ce mouvement volontaire. Ce malade est opéré depuis huit ans et se porte de mieux en mieux. Il a fait récemment des marches de 25 kilomètres ; ne boite pas ; peut courir sur une route unie, et, chose importante à constater, se trouve dans un état de santé florissant, malgré les symptômes de tuberculose pulmonaire qu'il présentait au moment où nous l'avons opéré. Chez d'autres sujets, opérés vers la même époque, la mobilité antéropostérieure est tantôt plus, tantôt moins étendue. Le pied se fléchit plus

Fig. 505 et 504. — Pied auquel l'astragale a été enlevé le 18 juillet 1885, pour une ostéo-arthrite tuberculeuse avec séquestre centrale de l'astragale. — Ce pied mis en présence du même organe dans la position debout (fig. 505) montre qu'il se fait dans la nouvelle articulation tibio-tarsienne une excursion de 40 degrés.

Fig. 505. — Pied reposant sur le sol.

Fig. 504. — Pied dans l'extension active sur la jambe.

complètement sur la jambe dans les cas où le traitement consécutif a été bien dirigé, en vue de prévenir l'équinisme qui tend naturellement à se produire. Des nouvelles récentes que nous avons eu de plusieurs de nos anciens réséqués nous indiquent un assouplissement progressif pour les uns, un état stationnaire pour les autres. Il n'y a jamais la moindre mobilité latérale, à cause de la présence des malléoles. C'est donc un ginglyme parfait qui se reconstitue ; et bien que la mobilité n'atteigne pas les limites normales (sauf peut-être sur deux de nos opérés dont nous ne parlons pas, parce que nous ne les avons pas examinés nous-même), elle atteint les limites utiles pour la marche sans claudication, et même pour la course, quoique ce dernier mouvement soit toujours gêné. Dans la marche normale, dans l'ascension et même

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