Àrchiv fur klin. Chirurgie. Bd XX
Y avait-il un certain degré de néoformation longitudinale? Ce n'est que par la coupe de l'os qu'on eût pu déterminer ce dernier point, qui est le plus important au point de vue de la solution du problème en question, c'est-à-dire du degré réel de la régénération.
Le cas de Kuster a trait à une résection itérative du fémur clans laquelle il a trouvé deux petites saillies représentant plus ou moins bien la tète et le trochanter. Sur le côté externe de l'os il s'était formé une production osseuse de deux centimètres d'épaisseur qui se terminait en haut par un prolongement d'os compact, quelque chose, dit l'auteur, comme un grand trochanter rudimentaire. Dans un autre cas, Kuster constata seulement l'obturation de la cavité médullaire par une lamelle osseuse; il n'y avait point de néoformation longitudinale.
D'autres autopsies, signalées antérieurement à la méthode sous-périostée, ont permis de constater l'épaississement de l'extrémité du fémur par des dépôts sous-périostiques et quelques saillies ostéophytiques plus ou moins régulières. Ainsi renflé, mais sans forme régulière, le bout du fémur réséqué était remonté au-dessus du sourcil cotyloïdien et fixé en un point plus ou moins élevé de la fosse iliaque par des trousseaux fibreux étalés en capsule plus ou moins régulière1.
Dans un cas de Holmes 2 « on trouvait l'extrémité supérieure du fémur arrondie et augmentée de volume par le dépôt d'une substance qui, à l'œil nu, ressemblait à du cartilage, mais qui, au microscope, présentait une structure purement fibreuse2. Cette sorte de tête reposait sur le fond du cotyle élargi et épaissi dans ses parois. Les deux os étaient maintenus en contact par des brides fibreuses et fibro-celluleuses, nombreuses et fortes, qui se portaient de la tête au fond et au pourtour de la cavité cotyloïde qu'elles contribuaient à renforcer. Le tout était accompagné d'une capsule épaisse ayant beaucoup d'analogie avec la capsule détruite. Les os étaient parfaitement sains. »
Un fait de Reid nous montre comment peut se reconstituer l'articulation après Textraction de la tête fémorale nécrosée et séparée du corps de l'os. Le malade mourut de lésions rénales quelques années après l'opération. « On trouva, à l'autopsie, une articulation nouvelle formée du côté du fémur par deux saillies : la supérieure représentant la tête en rapport avec la partie supérieure du rebord du cotyle ; l'inférieure située immédiatement au-dessus du petit trochanter s'enfonçant dans la cavité cotyloïde. Ces deux éminences étaient attachées au cotyle par des brides fibreuses très épaisses. »
1. Good, loc. cit. p. 88 et suivantes, a dépouillé à ce point de vue toutes les observations qu'il a pu recueillir jusqu'en 1869.
2. C'est aussi ce que nous avons constaté sur une fillette de cinq ans, morte sept mois après la résection sans avoir été guérie ; il n'y avait que des granulations plus ou moins fongueuses et à la périphérie un peu de tissu chondroïde.
On voit par là que malgré les saillies qui ont pu se former, rien ne rappelle le type anatomique de l'articulation enlevée. Les observations nous manquent pour déterminer le degré exact de reconstitution de la néarthrose après les résections sous-périoslées. De nouvelles observations, prises avec toutes les précautions que nous avons indiquées pour éviter toute cause d'erreur, sont encore nécessaires.
Sayre a publié en 4865 une autopsie intéressante que nous devons rappeler ici, bien qu'elle ne se rapporte pas à une vraie résection de la hanche (la tête du fémur n'ayant pas été enlevée), mais à la résection d'une tranche sous-cervicale, au-dessus du petit trochanter.
Il s'agissait d'une jeune fille de vingt-quatre ans, morte de phthisie six mois et demi après. « On trouva une capsule articulaire nouvelle et complète, garnie à sa surface interne d'une couche cartilagineuse et d'une sorte de membrane synoviale. La nouvelle tête d'emboîtement et la cavité cotyloïde (cavité de réception creusée dans le fragment supérieur) sont lisses et recouvertes de tissu fibreux. L'union des deux surfaces articulaires est complétée par un cordon fibreux résistant, se fixant d'une part sur le sommet de la tête fémorale et s'insérant par une autre extrémité bifurquée sur deux points de la cavité de réception. Ce cordon ligamenteux reproduit assez bien un ligament rond de nouvelle formation1. »
Le peu de temps qui s'était écoulé depuis l'opération ne permet pas de considérer ce résultat comme définitif. Le processus n'était probablement pas encore terminé, car des faits nombreux ont montré que la soudure pouvait se produire tardivement. Mais la présence d'une espèce de synoviale à un moment donné est la meilleure condition pour empêcher la soudure, et pour favoriser, par l'extension continue et la mobilisation méthodique des fragments, la constitution d'une bourse séreuse définitive. Il ne faut donc pas trop se laisser influencer par les insuccès passés et renoncer absolument à l'établissement d'une articulation supplémentaire. Quelque difficile qu'il soit d'atteindre ce but, on y réussira souvent, croyons-nous, en suivant avec la patience nécessaire, le traitement post-opératoire que nous avons précédemment exposé. Il faut seulement ne pas se contenter d'une simple section de l'os, mais en retrancher une hauteur suffisante sur toute son épaisseur.
C. — EXPÉRIENCES SUR LES ANIMAUX POUR DÉMONTRER LE MODE DE RECONSTITUTION DE L'ARTICULATION COXO-FÉMORALE. ■ — IRRÉGULARITÉ DE LA NÉOFORMATION OSSEUSE. — FIXA- TION DU FÉMUR PAR DES TROUSSEAUX FIBREUX INTRACOTYLOÏDIENS ET l'ÉPAISSISSEMENT DE LA CAPSULE PRIMITIVE. — ARTICULATION PAR SUSPENSION.
A défaut d'autopsies pratiquées sur l'homme en nombre suffisant et