Gazette des hôpitaux, 8 mars
2." Ensayo teorico practico sobre las resecciones subperiosticas, par Juan Creus y Manso. — Granada, 1862, pages 94 et suivantes. — La planche qui est jointe au texte indique bien qu'il s'agissait d'une ostéo-myélite hyperostosante avec cloaques intra-médullaires.
3. C'est sur le fémur que Clémot fit, en 1854, la première résection cunéiforme pour cal vicieux. Le fémur avait été déjà divisé, du reste, avec la scie par Wasserfuhr, par Rieke(Heyfelder, trad. Bœckel, p. 82). — Les pseudarthroses avaient été aussi plusieurs fois traitées par la résection. Moreau père, en 1805, réséqua les deux extrémités du fémur dans une fracture datant de 5 mois dont les fragments chevauchaient et ne pouvaient être maintenus. L'os avait percé la peau à la suite de ces déplacements. (Champion, thèse, 1815, et Moreau fils, loc. cit.) — Sur 17 cas, Heyfelder comptait 10 succès et 5 morts, une amputation consécutive et un demi-succès.
RÉSECTIONS DIAMIYS1IRES DU FÉMUR. 163
ses succès opératoires que les chirurgiens des hôpitaux ne pouvaient espérer d'obtenir dans le milieu septique où ils opéraient.
La chirurgie militaire, qui s'était abstenue jusqu'en 1848 de pratiquer des résections du iemur1, n'eut pas à se féliciler des essais faits dans la première campagne du Schleswig (Ross, Langenbeck). En 1859, dans la guerre d'Italie, on fît 7 résections de la diaphyse fémorale ; il y eut 5 morts2.
Mais ce fut la guerre de la Sécession américaine qui apporta les documents les plus nombreux et les plus probants contre cette résection dans la chirurgie d'armée. Sur 91 résections primitives, il y eut 66 morts, 20 guérisons et six résultats indéterminés. Les résections intermédiaires donnèrent une mortalité plusjgrande encore : 9 succès et 39 morts, soit une mortalité de 84, 2 pour 100. Les résections consécutives, c'est-àdire pratiquées après la cessation des accidents inflammatoires, donnèrent seules de bons résultats : 15 succès, 3 morts et un résultat inconnu. De l'examen de ces faits, Otis3 conclut que, malgré le nombre relativement grand de ces résections, il y a peu de chose à en dire, ^i ce n'est que l'opération est considérée avec défaveur par les chirurgiens américains, et que la plupart de ceux qui se sont laissés aller à la pratiquer en sont devenus les plus énergiques adversaires.
§ H. Technique opératoire. — Procédé pour l'ablation sous-périostée du fémur
tout entier.
Entouré de tous côtés par des muscles plus ou moins épais, le fémur présente cependant, à chacune de ses extrémités, des saillies superficielles qui permettent de l'aborder et de trouver des interstices musculaires par où son extraction peut être effectuée sans compromettre aucun organe important. Les deux condyles en bas, le grand trochanter en haut fournissent des points de repère faciles à sentir sous la peau; mais le trochanter et le condyle externe seront seuls utilisés pour une résection étendue, la présence du paquet vasculo-nerveux à la face antéro-interne du membre ne permettant pas de l'aborder en dedans. C'est donc la face externe qui sera le lieu d'élection pour les incisions de résection.
Le fémur peut être enlevé complètement par une seule incision. C'est 'opération que nous pratiquions il y a trente ans, dans nos démonstraons sur le cadavre, quand nous voulions prouver la réalité des extirpa-
1. Baudens qui avait, au moment de la guerre de Crimée, renouvelé ses recommandations en faveur des résections diaphysaires qu'il préconisait depuis longtemps, faisait une exception poulie fémur.
2. Dont cinq pratiquées à l'hôpital militaire de Verceil, par le docteur Bima, médecin divisionnaire de l'armée sarde. (Delorme, article Bésection du Dictionnaire de Jaccoud.)