DEUXIEME PARTIE
RÉSECTIONS EN PARTICULIER
RÉSECTIONS ET AUTRES OPÉRATIONS CONSERVATRICES APPLIQUÉES AUX DIVERSES RÉGIONS.
En commençant cette seconde partie consacrée aux résections des os et des articulations en particulier, nous devons, pour éviter de répéter ce que nous avons déjà dit, renvoyer le lecteur à notre exposé des règles opératoires générales ; il y verra comment nous avons envisagé les questions de méthodes et de procédés.
Suivant l'esprit qu'on y apporte, ces questions se simplifient ou bien se compliquent de détails inutiles. Nous ne voulons pas certainement diminuer la valeur du procédé; rien n'est indifférent en chirurgie, et un petit détail peut avoir dans la pratique les plus sérieuses conséquences ; mais il faut voir avant tout l'idée directrice qui met le chirurgien à même de choisir le meilleur procédé et d'en inventer au besoin.
Il y a tant de variétés dans les cas cliniques, tant de différences dans les indications spéciales qu'ils peuvent présenter, que le nombre des procédés applicables aux diverses résections serait incalculable si l'on
OLLIER, RÉSECTIONS. II. — 1
2 RESECTIONS EN l'AKTICULiER.
voulait tenir compte des iiiodidcii lions d'incision que des auteurs, trop amoureux de leur œuvre, présentent solennellement comme des procédés nouveaux.
Les différences des procédés n'ont guère porté, d'ailleurs, jusqu'ici que sur l'incision exléiieure; or, cctrnme nous l'avons dit (p. 192), iincision de la peau n'est que la première partie de l'opération et est loin d'en être, en général, la partie la plus importante.
Une ligne d'incision a souvent trop peu d'importance pour mériter le nom de procédé et, à plus forte raison, ne pourra-t-elle jamais constituer une méthode opératoire.
Plusieurs des incisions que nous adopterons pour certaines régions seront celles qu'avaient déjà décrites les chirurgiens qui nous ont ])récédé, mais la ressemblance entre leurs procédés et les nôtres ne va pas au delà. Nous entrons par la même porte, et nous nous comportons ensuite tout autrement.
Enlever les os et les articulations en conservant tous leurs éléments de reconstitution, et en faisant le moins de désordres possible dans les parties molles, doit être la pensée constant^ d'un opérateur lorsipi'ii exécute une résection.
La méthode sous-périostée telle que nous l'avons déduite de nos expériences, permet seule d'arriver à ce double résultat. Elle consiste essentiellement dans la conservation de la gaîne périostéo-capsulaire qui, quoique incisée longitudinalement dès le début de l'opération pour déterminer l'étendue des lésions osseuses, continue à unir les os les uns aux autres après l'éloignement des parties réséquées. Cette méthode doit toujours être appliquée non pas nominalement, mais effectivement d'après les règles opératoires que nous avons établies sur la considération des propriétés physiologiques des tissus intéressés. Les lésions néoplasiques seules exigent la résection parostale ou une large ablalicn des tissus périphéiiques (méthode extra-périostéc irrégulière).
Dans l'application des résections aux lésions variées que peuvent pré senter les os et les articulations, on sera parfois obligé de s'écarter des règles générales que nous avons formulées. Nous nous sommes déjà expliqué sur ce point (p. 220 et suiv.), et la description des résections en particulier nous fournira l'occasion de nous expliquer plus complètement encore.
Le développeiueul (|ue nous avons donné, dans notre première partie,
1. Dans son Précis du manuel ojicraloirc des rr'seclions (l'jiris, 188.")), M. Faiabeul' tlcsigiie noire incUiodc opératoire sous le nom ilc Méthode de la nii/inc.
à la détermination des indications générales des diverses classes de résections nous permettra d'insister tout particulièrement, dans cette seconde partie, sur leur technique et leurs résultats orthopédiques et fonctionnels. Le soin que nous avons pris de rechercher nos anciens opérés nous meltra à môme de faire connaître les résultats éloignés qui sont d'une si grande importance pour l'appréciation exacte de la valeur des diverses résections.
Nous nous attacherons d'autant plus à préciser ces résultats fonctionnels, et à faire connaître les moyens de les obtenir et de les perfectionner, que nous trouverons dans cette démonstration la justification de notre méthode opératoire et des principes qui nous ont guidé.
Les membres constituant le principal théâtre des résections et offrant un intérêt tout particulier au point de vue des résections articulaires, nous connuencerons par les opérations qui se pratiquent sur ces organes et nous terminerons par celles de la tête et du tronc.
Nous diviserons alors notre seconde partie en trois sections répondant : la première, aux résections du memiirc sMpéi'ieur s la secoudc,
aux résections dti siiensSjre îîifévîeaîr: la troisième, aUX réseclîoass
de la tétc et du tronc. D'après le plan que nous avons suivi jusqu'ici, nous étudierons parallèlement les diverses opérations conservatrices, plus économiques du tissu osseux que les résections proprement dites, et qui doivent souvent être mises en balance avec elles. Les indications de ces différentes opérations variant beaucoup d'une région à l'autre, nous compléterons à leur égard ce que nous n'avons pu qu'indiquer dans notre première partie.