AVANT-PROPOS
En 1888, au moment où je faisais paraître le deuxième volume de cet ouvrage, j'annonçais la fin de sa publication pour le commencement de^l'année 1889. Je suis donc d'un peu plus de deux ans en retard sur l'engagement que j'avais pris auprès de mes lecteurs, et je leur dois une explication sur les causes qui m'ont empêché déterminer plus tôt mon travail, malgré l'activité incessante avec laquelle je l'ai poursuivi depuis lors.
Ayant voulu, dès le début, donner à ce Traité des Résections un caractère à la fois scientifique et pratique, j'ai dû toujours m'appuyer sur l'expérimentation et la clinique, jugeant mon travail incomplet et insuffisant tant qu'il ne reposait pas solidement sur cette double base. Or, dans un sujet si vaste et sur un terrain oii l'on a pris à tâche de ne s'avancer qu'à l'aide de ses observations personnelles, on ne voit clairement le but à atteindre et l'on ne mesure bien la distance à parcourir que lorsqu'on sort des généralités pour aborder les détails, c'est-à-dire les questions d'application pratique. A mesure qu'on avance, on reconnaît l'insuffisance des notions déjà acquises, qui avaient paru simples et claires dans un coup d'oeil synthétique, et l'on sent le besoin de faire de nouvelles recherches pour résoudre les divers problèmes qui surgissent successivement à mesure qu'on approfondit son sujet. Ces nouvelles recherches me paraissaient ici d'autant plus indispensables que les auteurs qui m'ont précédé n'avaient pu envisager les diverses questions comme je me proposais de le faire moi-même. Leurs travaux, quelque nombreux et féconds qu'ils aient été, ne pouvaient me servir que d'introduction ou de termes de comparaison pour mes recherches personnelles qui avaient pour but le développement, par l'expérimentation