‹ Traité des résections et des opérations conservatrices qu'on peut pratiquer sur le système osseux [electronic resource] (volume 2)Chapitre 2 sur 143 · AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT- PROPOS

et la clinique, des mclhodes opératoires et des théories physiologiques ou pathogéniques que j'avais proposées depuis trente ans. Ils ne pouvaient, d'ailleurs, m'êlre directement utiles pour les questions qu'avaient soulevées dans ces derniers temps les progrès récents et les besoins nouveaux de la chirurgie.

Quand j'ai rédigé le second volume, je possédais déjà des matériaux nombreux et assez anciens pour faire apprécier la valeur réelle, immédiate et éloignée, des principales résections du membre supérieur. Pour le coude et pour l'épaule, en particulier, je pouvais invoquer des résultats dont quelques-uns étaient déjà vieux d'un quart de siècle ; et j'avais antérieurement consacré, à l'étude de leurs résections, plusieurs mémoires spéciaux qui devaient me fournir des jalons pour un travail d'ensemble. ;

Pour le membre inférieur, j'étais moins avancé. Ce n'est que peu à peu, à partir de 1876, et surtout de 1880, que j'ai fait une plus large part aux résections de la hanche, du genou et du cou-de^pied, contre lesquelles s'élevaient autrefois, avant l'antisepsie, de graves objections. De plus, c'est dans ces dernières années seulement, depuis 1882, que j'ai envisagé sous un jour nouveau les résections du cou-de-pied et des différents os du tarse, et que j'ai pu assez multiplier les faits pour mettre hors de doute la véritable valeur de mes résultats actuels au point de vue de la conservation du membre, et diminuer de plus en plus, par cela même, le nombre des cas qu'on amputait jusqu'ici d'un commun accord. Ayant donc commencé plus tard à pratiquer d'une manière suivie les résections du membre inférieur, je n'avais pas de matériaux aussi anciens, et par cela môme- aussi concluants, que pour le membre supérieur; et à mesure que je revoyais mes derniers opérés, j'éprouvais le besoin de laisser consacrer parle temps les résultats qu'ils venaient me faire constater.

J'attache une telle importance à cette constatation des résultats, à une période aussi éloignée que possible de l'opération, que j'ai cru devoir indiquer dans le Chapitre iinaM'état d'un grand nombre de mes réséqués dont il avait été question dans le cours de l'ouvrage. J'ai voulu les revoir au dernier moment pour augmenter leur valeur démonstrative et modifier, au besoin, les conclu-

AVAÎS'T-PROPOS. m

sions que j'avais déjà tirées de mes examens antérieurs. J'ai tenu beaucoup à ne pas mériter les reproches qu'on peut adresser aux opérateurs qui s'empressent de publier le résultat immédiat de leurs interventions et qui ne peuvent nous dire ce que sont devenus plus tard leurs opérés. C'est dans la constatation et dans la critique des résultats anciens qu'est la véritable consécration des méthodes opératoires qui veulent se rattacher à la Chirurgie conservatrice cl qui se parent de ce beau nom, sans chercher toujours à le mériter. On ne doit cependant le leur accorder que lorsqu'elles conservent des membres utiles, rétablis dans leur forme et leurs fonctions les plus essentielles, sans nuire à ia santé ;générale du sujet, et sans diminuer la quantité de vie qui lui est physiologiquement destinée.

Cette recherche de mes anciens opérés m'a pris beaucoup de temps, et comme la plupart de mes réséqués appartiennent à la classe laborieuse et sont exposés à se déplacer souvent, dans les conditions actuelles du travail industriel ou agricole, j'ai eu quelquefois beaucoup de difficultés à retrouver ceux qui m'intéressaient le plus.

Quand j'ai commencé ce troisième volume, je croyais que mes expériences déjà faites seraient suffisantes pour mener à bien mon travail, mais j'ai vu bientôt qu'il fallait en entreprendre de nouvelles : soit pour l'accroissement des os après les diverses résections, soit pour les greffes osseuses et l'interprétation de certains processus pour la cure despseudarthroses, etc. Or, lorsqu'on s'engage dans cette voie, on ne sait quand on arrivera à son but, tant l'expérimentation est pleine d'imprévu, et tant peuvent être nombreuses les questions nouvelles que soulève toute recherche dans ce sens. Le dégagement d'une inconnue en fait surgir d'autres auxquelles on ne pensait pas tout d'abord. Aussi, quoique je me sois absolument limité aux questions étroitement liées à mon sujet, ai-je rencontré sur ma route de nombreuses causes de retard auxquelles je ne pouvais me soustraire, dans la conviction où je suis toujours que l'expérimentation sur les animaux vivants, est le plus puissant élément de progrès de la chirurgie scientiri(|ue Après trente ans d'une pratique incessante et très active.

Page 1