Neiu York médical Record ^ 51 juillet 1886, p. HG
0. M. J. Bœckel public en ce moment (décembre 1889) soli travail in ÈxlensOi dans Irt (iasette médicale de Strasbourg^
« Ma statistique, dit cet haijilc chirurgien, comprend 52 résections de genou dont 47 totales avec 45 guérisons et 2 morts, et 5 résections partielles avec 5 guérisons.
Les 45 cas de guérison après la résection totale ont donné lieu : à 5 amputations consécutives; au bout de six jours (avant le pansement de Lister), au bout de six semaines; au bout de quatre mois, dans deux cas; au bout de trois ans. De ces cinq amputés, trois vivent encore; deux sont morts, l'un au bout de deux mois, l'autre d'hémorrhagie foudroyante au bout de quelques jours ; — 2°, à 4 articulations l)allantes', l'une avant le pansement de Lister, les trois autres après. Ces opérés sont tous en vie et marchent tous sans canne, grâce à un appareil à tuteurs ; — 5°, à 56 guérisons par ankylose avec 55 résultats parfaits, c'est-à-dire en position rectiligne et 5 résultats bons avec légère llexion angulaire (2 cas) et un varus léger (1 cas).
De ces 56 opérés, l'un est mort quatre mois après l'opération, des suites d'une résection de la hanche du côté opposé. Quatre n'ont pas donné de leurs nouvelles et ont été perdus de vue, deux et trois ans après la résection. Un autre, réséqué du genou et de la hanche du même côté, jouissait, après deux ans et huit mois, d'une santé florissante.il a quitté le pays depuis lors.
Les 50 restants sont tous en bonne santé et se servent utilement de leur membre réséqué. Plusieurs d'entre eux travaillent dans les champs depuis sept ou huit ans; l'un d'eux court, saute et fait à pied, sans se fatiguer, 16 kilomètres. Ils marchent tous sans canne. Deux ou trois jeunes sujets portent encore un appareil à tuteur depuis un à deux ans.
Des 5 résections partielles , l'une a été suivie d'amputation trois mois après la résection, deux autres ont guéri par ankylose rectiligne, deux enfin par ankylose angulaire.
Les synovectomies sont au nombre de 6. Deux de ces cas se sont terminés par la mort: l'un au bout de cinq mois (enfant de deux ans et demi), à la suite d'une entérite tuberculeuse, et un autre au bout de deux ans (phthisie). Ces deux sujets étaient totalement guéris. Chez le plus jeune l'ankylose faisait encore défaut; chez le second (dix-neuf ans), une ostéotomie de Macewen fut nécessaire pour corriger ce valgurn consécutif. Les quatre autres opérés sont encore en vie. »
Les résultats de J. Bœckel, déjà fort beaux dés le début, se sont graduellement perfectionnés, et ses 18 dernières résections ne lui ont donné aucun insuccès. Nous avons rappelé plus haut sa manière de faire; il n'emploie ni la suture osseuse, ni le drainage, ou du moins le drainage avec les tubes de caoutchouc, car il draine avec un crayon d'iodoformc. Ce mode de pansement se rapproche du drainage à drains résorbables dont nous avons fait valoir les avantages, et n'en est au fond qu'une variété .
Lucns-Championnière' a publié également une belle série de succès obtenus par le pansement de Lister avec drainage et renouvellement du pansement. 11 a eu 10 succès sur.l 1 opérations : un de ses réséqués a ete ampute consécutivement et a guéri, de sorte cjue la mortalité a été nulle. Depuis lors, il a fait connaître le résultat de 10 nouvelles résections dont aucune n a été suivie de mort. Routier ^ a signalé récemment une série de douze succès consécutifs. Ce sont les séries les plus nombreuses publiées en France ; elles nous suffisent pour montrer qu'auiourdbmMa resection du genou y donne une proportion de succès opératoires au moms aussi belle que dans les milieux les plus favorisés. Nous sommes loin de l'époque où Penières trouvait une mortalité générale de 55 pour 1 00, supérieure par consécjuent à celle de la plupart des cliniques étrangères.
Ces belles séries seront la règle à l'avenir quand on fera des opéra lions rigoureusement aseptiques et qu'on choisira des cas favorables, c est-a-dire quand on opérera avant l'ouverture des abcès articulaires cl la production de désordres graves et étendus dans les os et les tissus voisms. Mais si le secret du succès est dans une intervention prompte et hâtive, c'est \à aussi qu'est le danger; car, quelque partisan que nous soyons de la résection du genou, nous nous sommes toujours élevé et nous avons mis en garde le lecteur contre l'abus qu'on peut en faire eu l'appliquant aux ostéo-arthrites, qui ne demandent que du temps et de la patience pour arriver à la guérison.
Si l'on doit s'en tenir à l'expectation tant que le malade a chance de guérir avec des mouvements, on doit être de plus en plus porté cà réséquer dès que l'altération des tissus articulaires ne laisse d'autre espoir que l'ankylose. On n'aura pas d'autre résultat avec la résection, mais on l'obtiendra plus sûrement et plus rapidement en retranchant tous les tissus morbides, de sorte donc qu'il est avantageux de réséquer dans ces ostéo-arthrites chroniques à marche lente et indécise, qui pourront sans doute guérir encore par la soudure fémoro-rotu tienne, mais qui mettraient des années à y arriver. Non seulement le malade y gagnera un changement complet dans son existence en obtenant au bout de trois ou quatre mois une guérison qu'il ne pouvait espérer que dans un lointain avenir, mais il y trouvera la sécurité en se débarrassant des tissus morbides dont la présence dans son articulation était toujours pour lui • une menace et un danger.
La consolidation sous un seul pansement, apportant une grande simpli-