Voici les conclusions générales de Gurlt
a Si l'on envisage rétrospectivement les résultats définitifs des résections articulaires pour plaies par armes à feu, ainsi que je l'ai fait précédemment pour chaque articulation en particulier l'impression générale que l'on retire de cet examen est loin d'être favorable ; elle 1 esl d'autant moins que les résultats définitifs fournis par les résections le plus fréquemraeut pratiquées dans les dernières grandes guerres (coude, épaule), en raison de la Jrequence de leur lésion et de l'impotence fonctionnelle qui en est la conséquence), sont loin a atteindre 1 icleai et paraissent inférieurs à ceux que donne la pratique civile dans les cas d inflammation articulaire, de carie, autrement dit, de résections pathologiques. Il semblerait, au contraire, que des blessés jeunes, sains, robustes, dans la fleur de l'âge, dussent fournir de meilleurs résulta s que des individus fréquemment atteints d'affections dyscrasiques et dont les lorces se sont altérées par de longues souffrances et suppuration.
Les causes de ces différences défavorables aux réséqués de guerre, sont es suivantes : 1» La lésion de la jointure par le projectile. Quelquefois insignifiante, dans beaucoup de cas elle est si considérnhle, qu'il esl nécessaire de réséquer une seule ou toutes les cxtremilL-s articulaires dans une étendue telle qu'il ncst jamais requis de le faire pour les cas patliol(,<.inues. Les extrémités sectionnées, petites et effilées figureront dillicilemenl une nouvelle articulation, en même temps que le rapprochement trop marqué des points d inscrlion des
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mais, comme nous l'avons déjà dit, il représente une somme d'avantages bien supérieure à celle des membres amputés et une somme d'inconvénients bien inférieure. Sur ce nombre de 652 membres réséqués, il y en a eu seulement 15 qui sont à charge à ceux qui les portent. C'est beaucoup trop, sans doute, et tout nous fait espérer qu'on ne constatera plus de pareils résultats à l'avenir. Mais il ne faut pas cependant exagérer la signification de ces insuccès, et surtout ne pas s'imaginer que, dans une statistique, les mots de guérison par amputation soient synonymes d'un état de guérison parfaite et d'absence de souffrance. 11 y a beaucoup à décompter dans ces guérisons par amputation : elles ne sont pas toujours aussi complètes, ni aussi rapides qu'on pourrait le croire au premier abord. Les moignons douloureux, les cicatrisations vicieuses, les ostéites persistantes sont des ombres assez noires dans le tableau, après les amputations pratiquées dans une grande guerre. Les complications survenues peu de temps après l'opération : l'érysipèle, les fusées purulentes, la pourriture d'hôpital, laissent souvent dans le moignon des traces qui ne sont réparables que par une nouvelle amputation au-dessus de la première. C'est par le même moyen qu'on réparera au besoin les insuccès des résections, et une amputation faite dans ces conditions, c'est-à-dire par le retranchement d'un membre ballottant et douloureux, sera par elle-même une opération de faible gravité.
Les résections traumatiques, portant sur des cas plus uniformes que les lésions spontanées, ont pu se prêter à des classifications approximativement exactes ; mais il serait difficile de soumettre au même calcul les résections pathologiques, non pas que les résultats ne puissent être
muscles sera une cause de diminution d'énergie. On ne peut nier que Tétendue et la gravité des lésions osseuses n'ait suivi une gradation croissante depuis les guerres de 1848-51, où les balles rondes, lancées par des armes non rayées, étaient à peu près les seuls projectiles employés, jusqu'à nos dernières guerres.
2° Les lésions étendues des parties molles péri-articulaires (par éclat d'obus par exemple) ont une influence néfaste sur la guérison.
3° Les conditions extérieures défavorables, inhérentes aux grandes guerres, tenant au nombre des blessés, à leur entretien, à leur traitement, à leur évacuation et leur transport difficile sur les champs de bataille, doivent être comparées à l'ordonnance parlaite de la pratique hospitalière civile. La dissémination forcée des blessés, par exemple, leur séjour dans des ambulances privées, sont encore des causes de résultats défectueux.
4° En raison de l'inexpérience des opérateurs, des fautes peuvent être commises dans le manuel opératoire et le traitement consécutif ; tandis qu'en temps de paix toutes ces opérations sont faites par des chirurgiens expérimentés.
5» La perpective d'une pension en rapport avec l'impotence fonctionnelle du membre, pension qui est une ressource pour des individus fainéants et apathiques, est cause qu'ils ne font rien, ou à peu près, pour le rétablissement des fonctions du membre, ce qui est exceptionnel dans la pratique civile ou dans les résections pathologiques.
Telles sont les circonstances extérieures qui permettent d'expliquer les résultats définitifs défavorables des résections de guerre. » Gehnk-Reseclionen nach Schussverlelzungen , p. 1325-1333.
classés de la même manière, mais parce qu'il faudrait de très nombreuses subdivisions pour établir un rapport exact entre le résultat et les conditions dans lesquelles il a été obtenu. On a cependant essayé de faire pour ces résections ce que Gurlt avait fait pour les résections traumatiques.
Lossen', prenant la statistique de Culbertson et ne tenant compte que des cas dans lesquels les suites éloignées ont été constatées, est arrivé à trouver pour les résections patliologiques des résultats à peu près égaux aux précédents au point de vue fonctionnel. Cette conclusion n'était guère prévue; elle est en désaccord avec l'impression générale sur la supériorité des résultats obtenus après les résections pathologiques. Lossen n'y est arrivé du reste qu'en classant les résections en deux catégories : résultats fonctionnels utiles [Brauchbar), c'est-à-dire rendant des services au malade, et résultats sans valeur (Werthlos). 11 a réuni ensemble les trois premières classes de Gurlt, c'est-à-dire mis les résultats déclarés médiocres par Gurlt dans la même classe que les bons et les excellents résultats, et en a fait la catégorie des résections à résultats utiles. Mais on arrive à des conclusions différentes en appliquant à la statistique de Culbertson la classification exacte de Gurlt, et, malgré la difficulté de se reconnaître au milieu de tant d'observations d'origine diverse et d'inégale valeur, on trouve plus de résultats qui rentrent dans les classes I et II, et qui viennent ainsi rétablir en faveur des résections pathologiques la supériorité qui leur a été généralement attribuée.
Nous ne pouvons donc accepter les conclusions de Lossen, mais seraient-elles justes qu'il faudrait faire remarquer que la statistique de Culbertson porte sur tous les faits qu'il a pu recueillir depuis l'origine des résections. Elle contient par cela même beaucoup plus de résections extra-périostées que de résections sous-périostées, et parmi ces dernières elle comprend ces résections sous-périostées nominales, telles qu'on les faisait autrefois et qu'on les fait encore dans certains milieux, alors qu'on se contente de décoller plus ou moins régulièrement quelques lambeaux de périoste. Formée ainsi des éléments les plus divers, elle n'est pas favorable aux calculs d'ensemble ; elle n'a pas l'homogénéité de celle de Gurlt et ne peut guère lui être comparée. Nous ne nous arrêterons pas du reste plus longtemps sur ces comparaisons entre des faits anciens qui n'ont guère qu'une valeur historique : elles ne pourraient nous conduire à aucune conclusion pratique, les résections devant à l'avenir donner de tout autres résultats.
Si nous appliquons à notre propre statistique la classification de
1. Allgemeines ûber ncsecLionen, \W,Ï, in Handb. der allgem. und spec. Chirurgie Ton Pithi und Bilirolh.
RÉSECTIONS EN GÉNÉRAL.
Gurlt, nous arriverons à des résultats tout différents. La proportion est retournée : les résultats considérés comme très-bons par Gurlt deviennent la règle, les médiocres l'exception, et les très-mauvais manquent tout à fait. Voici cette statistique en bloc; on en retrouvera les éléments elles preuves justificatives aux divers chapitres des résections en particulier; on verra alors, du reste, que nous nous basons sur d'autres données pour apprécier la valeur de nos résultats opératoires.
Nous ne faisons figurer ici que les malades que nous avons pu retrouver et observer après leur guérison complète, à une époque assez éloignée de l'opération pour que le résultat pût être considéré comme définitif ou du moins comme ne devant pas varier beaucoup à l'avenir^
Résultats définitifs de l'29 de 7ios résections totales ou semi-articulaires* des six grandes articulations des membres, divisés en cina classes, d'après la classification adoptée par Gublt pour les blessés des guerres allemandes.
ARTICULATIONS RÉSÉQUÉES.