C . CHARDIN
FiG. lOG.
C'est une sonde de gomme qui est, au voisinage de son extrémité vésicale, traversée de dedans en dehors par un fil de platine.
1 MoNAT, Ann. des mal. des org. g énilo-urin., 1889.
624 TRAITEMENT DES RETRECISSEMENTS DE l'urÈTHRE
Celui-ci en parcourt la face extérieure durant 1 centimètre et demi, pour venir ensuite occuper une place homologue sur la région diamétralement opposée. Le fil métallique rentre enfin dans l'intérieur de la sonde qu'il suit jusqu'à son extrémité libre.
On applique cet instrument comme les précédents. 11 agit de la même façon, mais dans des limites très faibles, à cause du peu de saillie du fil de platine. L'uréthrotome de Bay produit deux destructions opposées, en foison de la disposition du fil actif. 11 est capable de faire un peu de place en détruisant une faible portion de la surface interne de l'obstacle, mais il ne peut jamais ouvrir une voie suffisamment large pour qu'on puisse ob^nir une guérison durable. Son seul avantage, c'est d'être d'un maniement dénué de tout danger, même entre des mains mal habiles. M. Guyana, fait construire des olives évidées, destinées à conduire le courant galvanique actif suivant trois méridiens, distants l'un de l'autre de 126 degrés environ. Les incisions portent ainsi sur la partie supérieure et les parois latérales de l'urèthre au niveau de leur continuation avec le plancher du canal. Ces olives sont montées sur une tige conductrice isolée. M. Guyon paraît avoir renoncé à cette disposition.
J'ai pratiqué un nombre assez considérable d'électrolyses uréthrales dans le cours des rétrécissements uréthraux, et d'après les diverses méthodes préconisées. Voici mon opinion sur ce sujet.
Uaction interpolaire de Newmann me paraît insignifiante et chimérique.
Le procédé de Mallez et Tripier donne un résultat immédiat qui ne saurait être nié, mais la récidive se produit fatalement et aboutit à une coarctation plus serrée qu'au début.
L'électrolyse linéaire de Jardin me paraît le procédé le meilleur. Mais, pas plus que l'uréthrotomie interne, elle ne constitue une méthode curative définitive et n'est capiable de donner une guérison durable. Elle ne peut qu'ouvrir le canal longitudinalement, par section électrochimique. Elle fait exactement ce que fait l'uréthrotomie interne. Elle est comme celle-ci la pha^e initiale du traitement qui doit être continué et complété par la dilatation.
Ce qui démontre l'exactitude de cette conclusion, c'est le nombre de récidives qu'il est permis de constater chez les sujets qui ont été exclusivement soumis à l'électrolyse urétlirale.
Quoique l'uréthrotomie interne bien faite soit une opération innocente, il est certain que l'électrolyse est encore plus bénigne.
Dans tous les cas elle est plus qu'elle à la portée des médecins qui ne s'occupent pas spécialement des voies urinaires.
Ce serait injuste de la condamner comme on l'a fait, mais, pour nous, son rôle est très limité. 11 se borne à la création d'une porlc d'entrée pour les instruments de dilatation.
Elle constitue en somme une uréthrolomie interne par destruction électrochimique négative. Elle crée une solution de continuité, mais elle ne s'oppose pas plus que l'opération de Maisonneuvc à l'évolution ultérieure des tissus morbides développés sur la paroi inférieure de l'urèthre.
Quoique cette opération ne donne pas naissance à une plaie vive et expose peu le malade aux dangers de la septicémie uréthrale, il n'est pas inutile de la faire précéder des pratiques de l'antisepsie, telles que nous les avons indiquées ci-dessus. Il faut, en effet, se rappeler les accidents que Mallez a signalés et qui résultaient en dernière analyse d'une infection directe.
J'ai l'habitude de pratiquer l'électrolyse dans les rétrécissements durs, difficiles à dilater, courts et moyennement serrés. Je réserve l'uréthrotomie interne aux coarctations très denses, longues et extrêmement étroites, car dans ces conditions l'incision par la lame tranchante, outre son instantanéité et la souffrance relativement minime qu'elle occasionne, assure une ouverture plus considérable que la destruction électrochimique qui est trop lente à se produire et trop douloureuse si on veut la rendre plus rapide.
Quel que soit le mode opératoire, j'estime que la dilatation métallique, pratiquée ultérieurement dans de larges limites, est seule capable de rendre la guérison définitive.