XIV. Puisque nous en sommes sur cette
sur divers incidcns du Sacrifice. l\Z i
Tnalière , on no sera peui-etie pas fàclié de savoir à peu près eombien il faut de temps pour altérer les espèces dans resioniac.
Le pieux et savant Cardinal de Lugo (:>^B) , après avoir consulté sur ce point des médecins expérimentés , établit pour règle , cpie dans un estomac médiocre, les petites lormules, que reçoivent tous ceux'qRii ne célèbrent pas, se corrompent dans une minute, c'est-à-dire dans la soixantième partie d une heure -, et que les grandes que prennent les Piêires , ainsi que les espèces du vin , n'ont besoin que d'un bon quart d heure pour saltérer. Mais comme il peut arriver qu'on prenne pour médiocre un estomac faible et paresseux , je crois que , régulièrement parlant , un Laïque doit, après la communion, s'abstenir de s'exciter au vomissement au moins pendant une demi-heure, et un Prêtre pendaut plus d'une heure , à moins qu'ils ne soient lout-à-fait assurés que chez eux les espèces sacrées sont parfaitement digérées en un moindre espace de temps. J'en ai connu qu'un intervalle plus long n'a pas mis à l'abri d'un événement toujours fâcheux , lors même qu'on le regarde comme involontaire.
XV. Ruhr, num. i5. Si hostia consecrata, vel aliqua ejus parlicula dilubalur in terrarn , reverenter accipiatur , et locus ubi cecidit niandetur , et nliquantuliirn abradatur , et puluis seu abrasio hujusmodi in sacrarium inmiittatur.
(a8) Joanncs de Lugo , de Euchar. disp. lo. sect. 3. n. 54.
433 Chap. XIV. Difficultés
Si ceciderit extra corporale in mappam , seu alio qiLO\^is modo in aliquod lintciun , niappa vel lintewn hujusmodi dihgentev lawetur , et lotio ipsa in sacrai iu/n e^undatur.
Comme la sainte hoslie , lorsqu'elle tombe à terre ou sur du linge , n'en pénètre pas les parties , la Rubrique prescrit moins de mesures que dans le cas de Feibi.iion du calice. Elle en veut cependant de proportionnées à la nature du malheur qui est arrivé. Ainsi sans ex'ger , comme lorsque le précieux sang a été répandu, que le Prêtre lèclie la terre, elle veut qu'on la purifie autant qu'il est possible, et qu'on la racle tant soit peu; Pour ce qui est des nappes ou des autres linges , après en avoir tiré ce qu'on peut de parcelles certaines ou douteuses (29) , elle marque qu'on doit les laver avec soin , et ieter dans la piscine l'eau qui aura été employée à cette ablution.
A l'égard des hot^ties qui s échappent quelquefois du ciboire ou des mains du Célébraiit , et tombent à terre , l'usage est de marquer et de couvrir avec quelque chose de propre l'endroit où elles sont tt)mbées, de ciainle qu il ne soit foulé aux pieds par les passans. On le racle ensuite, et on jette la poussière dans la piscine.
Si une hoslie était tombée sur le voile (3o)
(29"* Gavantus hic.
(3o Merafi, part. a. ti^. lo. n. 29. rapporte diflerens Do'cretfl émanes sons Lrhain VIH , de Ja Congtc'galioii de L Visite apostolique , dont le cin(|UK'ine porte qu'oa ne duit jamais pruseutcr auj^ couimuuiaas , ea guise de
OU
sur divers incidens du Sacrifice. 4^^ ou sur la nappe dn communion , il faudrait aussi marquer Tendroit, le laver ensuite soigneusement , et jeter l'eau dans la piscine. Si elle était tombée sur le linge ou sur les habits d'une personne qui communie , ce serait à elle à les laver, si le Ministre de Tauiel ne pouvait le faire avec décence. Quarti veut qu'alors on jette
nappe , ni le voile du calice , ni moins encore ce qu'on appelle le Lavabo. Les autres Décrets ne sont pas moins inte'ressans. Le premier veut qu'en ne -Jonrie jamais Ja communion avant la Messe , sans une grande nécessite ; et en ce cas, auand on fait le Romain, ii faut allumer le cicrj^e de Televation. Letroisiène marque ({ue, quoiqu'on donne la communion aux Messes de Requiem , on ne doit point donner de bénédiction à la îin. On a donc tort, le jour des Fidèles trépassés, de ne donner la communion qu'après avoir change d'Ornemens. Mérati , ibid. n. 38. prouve solidement, contre Gavantus , qu'on peut la donner à cette Messe comme à une autre , pourvu que ce soit inlra Missani. Car il ajoute au n. 3i , que 1 on doit s'abstenir de donner la comaïunion avant et après la Messe, lorsqu'on dit une Messe de Requiern , parce qu'il n'est ni convenable ^ ni décent d'administrer l'Eucharistie hors de la Mes<;e , avec des ornemens noirs ^ mais qu'il faut toujours prendre, ou la couleur du jour, comme le prescrit le Rituel romain , ou la couleur blanche , qui est la plus convenable à ce Sacrement , selon le sentiment de plusieurs docteurs , et entr'autres de saint Charles, dans son premier Concile provincial, p.irt. i. Benoît XIV se range à cet avis, dans son Traité de Sacrifîcio ïUlssœ , lib, 3. cap. 18. n. ii et 12.
Ce Pape ibid. n. 10. rapporte que la Congrégation des Rits , avait défendu , en t^oi , de donner la communion aux Messes des Morts- mais que cette maticTC avant été examiné de nouveau en i-^ii , dans une séance ou il était présent comme promoteur de la foi , la sacrée Congregati. n, d'après l'avis tin Cardinal Ferrari, qui exposa les grandes difficultés qu'entraînerait rexécuiion de ce Décret, avait défendu de le publier et de Timprimei'. Voyez un autre Décret sur le même sujet dans V Appendice I. art. \^. n. i35. à la un du tom. 11. Edit.
434 Chàp. XIV. DijficaUés
rablulion dans la piscine {a) : je crois que si cela ne pouvait se faire commodément , il suffirait de la jeter dans les cendres.
Nous ajouterons ici deux questions tirées du Traité que ncus venons de publier sur l'Eucharistie (3i).
« Quseres quid facto opus sit , si intra pec- » tus mulieris , aut partes interioris lunic2e )) décidât hostia ?
» K. Ex sapîenti sancti Tliomae principio, ( 3. » part, quaest. 83. art. 6. ad. 2. ) Ûhi dijficultas )♦ occurrit , semper est accipiendura illud quod » minus habet de pericido. Porro minus est » periculi et indecentiœ ut fœmina per se solani » nialo liuic medealur. Unde videat i". annou » furniulam , aut majorem ejus partem, ex ves- » tibus imrailtere possit in coiporale, quod » super scabellum vel mensam in loco secrelo M expandeturj 1". annon eam , saltem ope pu- >» rilicatorii mundi , extrabere possit , prout in » iiisigni urbisbujus Parocbià factum esse scio \ » 3". si major requiralur diligentia quàm in » templo fieri non deceat, recipiat se mulier in » suam vel vicinœ alicujus domum , et iiivenw tum fragmentum vel sumat , si haud nimiô » turbatasit, et jejuna ; vel servet reverenter )> ut ad ecclesiam secreto reporteUir à Sa- » cerdote : ipsa verô si sacrum digitis teiigit , )) manum abluat, et lotio in piscinam proji- » ciatur , vel in cineres , ut suprà. Quùd si
(a) Part. 3. tit. 10. n. i5. dub. 3.
(3i; Coatia. X<>iiruel. tom. 9. part. 1. c. 5. p. /j?*
sur dls^ers incidens du Sacrifice. 4^5
» Sarerdos fragmenti tenuis casum solus aiii- )) madverteril , ne cominunicantein pluriinùm » perturhel , niliil luiic dlcat , sed persjat » in niinislerio suo. Deiiide post modicuni » tempiis , commuuicatis omnibus, in divi- » nissimi Sacramenii leverentiam , curet mu- » lierein vocari secreio , blaudèque moneat » ne turbetur \ sed adliibeat ipsa diligentiam » inveniendi , ut suprà. Iinô si monitio hœc » vel proptor tenuilatem fragmenti praevidea- » lur inulilis futura , vel ob aliquas personse » aut loci circumstantias periculosa , satins » est ut servato sileutio res tota divinae Provi- » démise committalur.
» Sed quid si , dura IMonialibus distribuîtur » communio , décidât hostia inlra earumdem » clausurani ?
» R. Praecipiendum alicui ex Monialibus , » ul Hos'iiam revcrenter cum fiagmentis, si » quaî subsint , super palenam elevet, seu » mediaute pallà , vel eliam charlà mundà : » vel si aliter non potest , ipsà manu , et )) per fenestellam porrigat Sacerdoti. Locus )) porro signari débet , ne pedibus contera- » tur , et faclà communione, radi pavim^ - » tum , et abrasio in sacrarium projici. Hc- » bet id commodi opinio liaec , qiiôd n(C » clausuram violari permittat , nec Sacramc - )) tum in locoindecenti diupermanere patialur. )) Quôdauteramniiercontingatsacra,resest non. » licita solùm , sed et prcecepta iu casuneces- )) sitaiis {^). »
(*y Ce cas étant arrivé dans un Monastère de l'Ordre de
436 Chap. XIV. Difficultés
Il nous reste encore deux difEculiës. La première est de savoir qui doit laver les nnppes d'autel , ou les autres linges semblables sur lesquels les espèces consacrées sont tombées. ' R. Quand c'est l'hostie qui est tombée , il suffit que ces linges soient lavés par un Ecclésiastique qui soit dans les Ordres sacrés. Mais quand ce sont les espères du vin qui ont été répandues , il faut , si cela se peut , qu'ils soient lavés par un Prêtre. Celte décision est de Quarli (32), et elle parait raisonnable*, les Sous-dlacres môme sont en possession de laver les corporaux qui touchent l'espèce du pain ; ils peuvent donc purifier les linges où cette même espèce est tombée. D'un autre côté , les Diacres ne louchent pas communément les espèces sacrées. Or l'espèce du vin est imbibée dans une nappe sur laquelle elle est tombée depuis peu : comme donc on ne doit pas différer à la purifier, il faut que cela se fasse par le Prêtre , s'il s'en trouve qui le puisse faire à temps.
La seconde difficulté concerne les hosties, ou les parcelles d hosties qui se trouvent quelquefois sur un autel où l'on a célébré, quelquefois même sur le marchepied , ou à terre.
«aint François , une Religieuse qui suivait celle qui venait de communier , prit à tei re la sainte hostie , et s'en communia. Quand elle Taurait prise avec la main , si elle n'ei^t pu le faire autrement , je ne crois pas (ju'on eût drt le trouver mauvais. Ce qui était ordinaire aux Chrétiens de la })rimitive Eglise, peut encorç se paascr dans une occasion aussi pressante.
(Sa) Quarti, part. 3. lit. lo. n. i5. dub. a,
sw diuers in cidcns du Sacrifice . 4^7
Comme Ton ne sait si elles sont ou ne sont pas consaciécs , que doit-on en faire?
La réponse est qu'à cause du doute , il faut les mettre daus un lieu décent, mais sans solennité ; en avertir le premier Pièlre cjui dira la Messe , et les lui faire preiulre avant les ablutions, (^ue si on ne les trouve qu'après la dernière Messe , on doit les renlérmer ou dans le tabernacle, s il y eu a uq , ou dans le corporaî . afin de les consommer le plutôt qu'il sera possible.
Il faudrait faire la même chose , si Ton trouvait, chez un homme adonné à la magie, des formules au'on pourrait soupçonner avoir éié consacrées. Il en seiait de même de celles qu un pénitent remettrait entre les maios de sou Confesseur. Que si elles étaient gâtées d'une certaine manière, il faudrait les conserver dans un lieu couvenable jusqu'à ce qu'elles fussent absolument altérées. Mais gâtées ou saines , on ne pourrait s'en servir pour la communion des Fidèles \ parce que l'on ne peut savoir au juste si elles sont consacrées.
X\I. Rubr. num. i6. Possiint ctiam de^ feictu^in niiiiisteno ipso occiurerc , si Scicerdos ignoret ritus et cœrenionias ipsas in eo scr^
validas.
L'ignorance, qui , comme nous l'apprennent les saints Canons, est la mère de toutes les erreurs (33) , Test aussi assez souvent des
(33) Ignoranlia mater cunctorumi «rrorum , maxime ia
438 Chip. XIY. Diff cultes
fautes qui se font dans la célébration des divins Mystères. La négligence , le défaut de piété, l'esprit de dissipation y entrent quelquefois pour beaucoup ; mais 1 ignorance en est la source la plus ordinaire. Semblable à ces vieillards qui croient encore savoir leur religion , parce qu il 1 ont apprise dans leurs jeunes années, un Prêtre croit savoir toutes 3es cérémonies, parce qu il les a bien étudiées dans le lenips du Séminaire. C'est un abus. Rien de plus commun que de voir à l'autel des Ministres qui , après vingt ans de Sacerdoce, font plus de fautes à une seule Messe, qu ils n'en auraient faites dans un mois, quand ils ont commencé à la dire. Cependant la cliose , sous quelque face qu'on la considère , est im.portante : et il n'v a que lirréligion seule qui puisse en douter. Que faire donc ? Tâcher de ne s'arrondir jamais sur une matière si capitale; juger bon et très-bon ce que Ion jugeait U'I dans les premiers temps dune ferveur naissante: se délier de 1 habitude , jnère de la loutine et des négligences qui la suivent ; relire au moins une fois par an son Cérémouial ; se former, et cela à tout âge, sur ^eux qui célèbrent avec plus d exactitude , de dignité, de modestie: enCn n'oublier pas ce mot si fameux dans Tancienne loi (34) t et qui dès-là est pins concluant poiir la nouvelle : Qudd si audire nolueris vucem Doniini Dei
Sacerdotibus Dci vitamlaest. ConcU. TvUtan. If^.an oJv. c 95. LabLe , tom. 5. col. ï/iJ.
(3f) Dealer, xitiii. i5.
.ÇU7' dn'ers incidons du Sacrifice. 4^9
lui y ut custoditfs et fucias onuiia mandata ejus et cœrcmonias , . . . . venient super te oruiies maledictiones istœ , etc.
XVII. Comme ce chapitre est une espèce de niiscellaiiea y j'y examinerai encore quelques difficultés que je pourrais bien ne placer nulle part, à force de vouloir les placer mieux.
La première est de savoir si un Prêtre , qui a oublié de consacrer une grande hostie pour la Procession de la Fèie-Dieu, ou pour les Prières des quarante heures , peut en prendre une petite dans le ciboire, s'en communier , et réserver pour la cérémonie celle qu'il a cousacrée {ci).
Ji. De Lugo , Quarti Çh) , et presque tous les autres croient avec beaucoup de raison que ce Prêtre doit prendre l'hostie qu'il a consacrée , afin de procurer l'intégrité du Sacrifice. En effet les hosties présanctifiées n'appartiennent pas à l'action présente; et quoique Jésus- Christ y soit contenu véritablement , il n'y est pas néanmoins comme victime immolée dans le Sacrifice offert actuellement. Et ce qui confirme celte décision , c'est que quand Thostie vient à disparaître, ou que les espèces se trouvent empoisonnées, la Rubrique veut qu'où
(rt) M. Collet ayant donne une réponse plus e'tendiie à cette difficulté, à la fin de son deuxième volunne , n. x , il a paru plus convenable de la rapporter ici , tant pour éviter les redites que pour ne pas se'parer ce qui a rapport à la même matière.
{b) De Lugo. de Euchar. disp. ig. gect. 5. n. 76' — Quar» li, part. 2. lit. 10. »ect. i. dub. 3.
44o Châp. XIV. Difficultés
fasse une nouvelle consécration : or cela ne ierait pas nécessaire s'il suffisait de remplacer, par une hostie prise dans le tabernacle, celle qui a disparu , etc. Mais si ce Prêtre avait consacré de petits pains à la même Messe, il pourrait en prendre un pour sa communion , et réserver la grande hostie pour la solennité , en cas qu'il s'aperçût de sa méprise avant la fraction ; car il ne conviendrait pas d'exposer une formule divisée. Il faudrait alors n'en exposer qu'une petite. On pourrait encore , avant la fraction , prendre pour se communier une si petite partie de la grande, qu'il n'y parût pas. Dans ces deux cas, le Prêtre participerait suffisamment à son propre Sacrifice. Ce sont les avis que donne Quarli \ et ils sont judicieux.
Le même auteur (ci) croit qu'on ne peut excuser de péché mortel un Prêtre qui , ayant oublié de consacrer mie grande hostie pour les Prières des quarante heures , en avait joint «ne petite consacrée à une grande qui ne l'était pas \ parce qu'il avait fourni sciemment aux Fidèles une occasion d idolàtiie. En pareil cas ou devrait prendre le parii de n'exposer le corps de Notre-Seigneur que dans le ciboire.
La .seconde difficulté est de savoir si le Célébrant peut donner une parcelle de la grande hostie à un Laïque qui se présente pour la communion, lorsqu'il n'y en a point d'aulro dans le lieu où il célèbre.
{a) Quaili, part. -2. lit. 8. sect. i. dub. 7.
sur cliucrs inciclens du Sacrijicc. ^:\x
Saint Antonin , Svlveslre de Priorio, Paindanus , et plusieurs autres cités par Diana (35), n'y trouvent aucune diiriculté. Suarez (36) est du même avis, pourvu qu'il y ait une cause raisonnable d'en agir ainsi ^ et il est suivi par Gavanius (3^). Ils se fondent, aussi-ljieu que Quarti qui pense comme eux, i\ sur ce qu il 11 y a jusqu ici aucune loi de 1 Eglise qui l'ait défendu *, 2'\ sur ce qu il n'y a rien dans cette contluiie qui blesse le respect qui est dû au Sacrement ; 3''. sur ce qu'on réservait autrefois une troisième partie de 1 hostie consacrée , jusqu'à la fin de la Messe, ainsi que le dit un ancien Canon (38), faussement attribué au Pape Sergius. Or on ne pouvait vraisemblablement la réserver que pour la communion de qnelques-uns de ceux qui entendaient la Messe.
Le Rituel de Paris défend cette division de la grande hostie , à moins qu'elle ne fût nécessaire, soit pour donner le Viatique à un moribond , soit pour quelqu'aulre raison considérable (39). Par malheur il n'entre dans
(35) Diana , part 10. tract. 11. resol. 70.
(3(») Suarez * in 3. part. disp. 85. sect. 2.
(3;' Gavanius, part. 3. tit. 10. n. 3. liU. A. — Qiiarti j pari. 2. tit. 10. sect. 3 dub. 3. dillîc 4-
(38) Triforme est corpus Domini : pars oblatœ in calicera mis^a, corpj? Chrisfi. ({iiod jam lesnirexit , monstrat ; pars cotni'sta , arabnlans aJbiic snper terram ; pars in altari usque ad Missœ fiiiem renianei>> , corpus jacens in sepulero. J)j Consecr. dist. 2. c. aa. (Je Canon se troj\ e dans Amalaiie, lib. 3. vaij. 35. ainsi il est au ui:nus de 837.
(^9) Si desil minor hostia , Sacerdos de majore j quâ uti-
442 Chap. XIV. Difficultés
aucun déîaîl sur ce point, et on ne fait trop ce qu'il entend par ces raisons importantes , qui seules peuvent dispenser de la règle. Pour moi , après en avoir conféré avec des personnes pieuses et savantes , je regarderais comme causes graves, la nécessité de communier un Prince , \\n Ministre chargé des affaires de l'Etat , un domestique qui ne pourra de longtemps s'approcher de la sainte table, s'il ne le fait pas aujourd hui \ une Monique qui finit sa neuvaine pour la conversion d'un nouvel Augustin, etc. J'ai ouï dire qu'il y avait depuis peu un décret de quelque Congrégation romaine, assez conforme à celui du Rituel de Paris : mais comme je ne l'ai trouvé, ni dans Mérati, ni ailleurs, je n'en puis rien dire de précis. Au reste, ce n'est guère que dans des chapelles où il n'y a point de tabernacle, et qui sont fort éloignées de toute autre église, qu'on manquera la communion , iauie de petites hosties.
XMII. La troisième difl&culté regarde les Messes sèches, ou nautiques , c'est-à-dire celles qui se disent sans oblalion ni consécration -, soit parce que le temps ne le permet pas, comme il arrive souvent sur mer^ soit j>arce que la matière du Sacrifice a manqué.
Estius, Sylvius, le P. Alexandre (4o) les
lur îid Sacrifici'jra , particulani non fi^ngat , nisi ad comitjunionem ejus rjui est in periculo mortis , aul aliîl gravi de causa. liiluafe Paris, anni 1701 , p. 58.
(«Jo^ Sylviti»; , in 3 part- (f. 83. art. a. snh finem. — F.sfiijs , Ovat. i3. theol. citalo à iSal. Alex, de Eucbar. c:i| . 6". yrl. 6 Kg 6.
sur dwers incidens du Sacrifice* 44-^ condamnent absolument. Leurs raisons sont I*. que ces préiendues Messes sont pleines de fausseié , tant dans les faits, que dans les paroles. Dans les faits , parce que le Ministre sacré , avec tout l'appareil de la Religion , se comporte en sacrificateur , et cependant ne sacriûe pas. Dans les paroles, parce qu'il promet un sacrifice, et qu'il en rend grâces à Dieu, quoiqu'il n'y ait rien de tout cela. 2". Parce que ces sortes de Messes ont été réprouvées par plusieurs Conciles , et nommément par ceux d Ipres et de Cambrai. 3". Parce que si les Messes , ou le Prêtre ne communie point , se trouvent défendues dans les Capitulaires à^ Charlemagne (40 5 4^^^ doit -on penser de celles où l'on ne consacre pas 1
11 y a cependant d'habiles théologiens qui approuvent les Messes sèches, pourvu qu'où en retranche tout ce qui pourrait promettre ou supposer un sacrifice. Ils se fondent i". sur la conduite de saint Louis qui , dans son voyage d'outre -mer, en faisait célébrer de telles, quand il ne pouvait en avoir d'autres. Or ce religieux Prince, dans les aiï'aires de ce genre, ne faisait rien que de l'aveu des Evêques , et des plus habiles docteurs. 1!^ . Sur ce que les rits de la Messe sèche sont détaillés dans Prudence de Troyes, dans le Rational de Durand, et dans le Livre sacerdotal approuvé par Léon X. 3". Sur ce qu'on peut opposer à l'autorité d'Estius, de Sylvius, et de quelques
(4') Capital, lib. 1. cap. 6,
444 ^'"Ap. XIV. Difficultés
savans qui pensent comme eux , celle de Gcnébrard , qui se trouvant à Turin , en 1 58^ , assista à une semblable Messe, qui se dit le soir avec Diacre et Sous-diacre, aux obsèques d'un homme de condition ; ce que cet illustre théologien n'improuve point. Je ne parle point de Qiiarti 5 qui est d'un moindre poids \ mais je puis citer Mérati («), qui avait lu tous \^s bons livres de France et d'Italie, et qui ne pense pas comme Sylvius.
Au reste on convient, i**. que ces sortes de Messes ne peuvent se dire qu'avec la permission de l'Evèque , et je ne vois guère qu'il puisse l'accorder que pour les vovages de mer, ou tout au plus pour la consolation d un malade, chez qui , pour des raisons très-difliciles à imaginer , on vl^xs. pourrait dire d'autres ; '>^ . que ces Messes improprement dites ne doivent ôlre tolérées, ni dans les églises, ni dans les chapelles , si ce n'est peut-être dans un cas semblable à celui dont parle Génébrard. Mais je doute qu'on osàr en introduire l'usage, au moins dans les lieux où il ne serait pas établi (4^)- Benoît XIV ne s'y prêterait pas; il souscrit hautement à l'opinion de Sylvius (43).
(a) Quarti , part. i. ht. \'\. dub. 4- — Merati , part. i. comment, et.obst-iv. prar-lim. n. 8o.
(4^} L'auteur d'un Voyage liturgique en France , impriine en i^i8 , rapporte que dans le Diocèse de (Mermont on dit encore aujourtlhiii une Mes.se srche pour un défunt, qu'on lie peul enferrer ({u'après midi.
Cet iU'iaj';e n'i-xisfe plus depuis long-tcmp.s j il est même douîciîx qu'il ait jamais existe. Echl.
(43) Beu. XIV, JcvS'uc. Mhi(x,\)}û. 3. cap. G. n. 8. iaiînç.
5W7' cïii'ers incidens cîu Sacrifice. 44-5
Je remarquerai en passant que, quoi qu'en dise l'auteur de la Théorie et pratique dfts Sa^ creniens (44) ? il n'est pas vrai que Fusage des Messes sèches ait été abrogé par le Canon XI du Concile de Paris de 121 2. Ce Canon défend seulement qu'on dise des Messes sèches pour acquitter les fondations : Nec ut à prœciictis anaualibus se exonèrent, siccas Glissas faciantpro defanclis. Or il y a bien de la différence entre la défense pure et simple des Messes sèches , et la défense de les dire pour acquitter des fondations.
X1!X. Une autre difficulté regarde les ablutions. On ne sera pas fâché de savoir i'. que Pie V voulait qu'à la première ablution on mît autant de vin qu'on en avait mis h. la consécration , et qu'on fût attentif à ne prendre les ablutions que du côté par où 1 on a pris le précieux sang-, 2°. ç^\ç.\^.s ahstéiiies , c'est-à-dire ceux qui ont honeur du vin , ont besoin de la dispense du Pape pour ne prendre que de l'eau À la première ablation : car pour l'ablulion des doigts, il y a en Italie comme ailleurs des geijs qui croient qu'on la peut faire avec de 1 eau pure , quand on a quelque raison d'en agir ainsi \ 3". qu'un Prêtre, qui aurait fait vœu de ne point boire de vin, devrait s'en servir dans les ablutions, parce qu'il n'y a point de voeu qui oblige à transgresser les lois de l'Eglise.
(4f) Théorie, etc. tom. c. tle l'Etidiar. comrae Sacrifice, cliap. 10. qiu\^t. i. — Vide Coacil. Paris, apud Labbe, tom. II. coi. 61.
446 Chap. XIV. Diffic. sur divers , etc.
XX. Enfin on peut demander si on est tonu de donner la communion à tous ceux qui la demandent dans le cours même du Sacrifice ? Benoît XIV a donné une bulle à ce sujet-, il approuve fort l'usage où sont les Fidèles de comnriunier à la Messe qu'ils entendent. Mais il ne veut pas qu'ils trouvent mauvais qu'un Evêque ou un Curé fassent un règlement au moyen duquel le Célébrant ne puisse communier personne en certaines circonstances : d'autant plus qu'eu égard au grand nombre de Messes qui se disent aujourd'hui , il est plus aisé de recevoir l'Eucharistie , qu'il ne l'était dans ! les premiers temps , où d'ordinaire il ne se disait qu'une Messe dans chaque église , et où les Fidèles ne pouvaient communier que des mains de leurs propres Pasteurs. Bulluriiun , tom. i . n. 6/^. I
A cette Bulle, qui est du i3 novembre! 11^1^ le Père d'Azévédo en joint une autre qui détaille la manière de procéder contre ceux qui sont assez impies pour voler et emporter des hosties consacrées. Ce crime est si énorme , si sévèrement puni dans toute la chrétienté, et d'ailleurs si étranger à notre ouvrage, qu'il serait inutile de s'y arrêter. Ceux qui voudraient savoir les règles que prescrit Benoît XIV, pourront consulter son Bullaire , tom, i . num. ^o . De Sac. MUsœ, append. i o .
FIN DU TOME PfŒMlEn,