‹ Traité des saints mystèresChapitre 8 sur 40 · CHAPITRE PRE^^IIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRE^^IIER

Difficultés sur les Rubriques en £jënéral.

I. Notion des Rubriques. II. Elles obligent en conscience. III. Suites de ce principe. IV. Conséquences fâcheuses. V. Observations importantes. \ I. La nécessité dispense-t-elle de suivre les Rubriques? \II. Rubriques purement directives, Vlil. Force des Décrets de la Congrégation des Rits.

I. \Jn appelle Rubriques , des observations écrites en caraclères rouges. Ce mot a passé de 1 ancien Droit romain, où les sommaires des chapitres étaient écrits en rouge, aux règles de la Liturgie (i) ^ soit parce que ceux qui les ont mises en ordre , les ont écrites de cette manière-, soit plutôt parce qu on a jugé qu'il était aussi nécessaire à un Prêtre d'en être bien instruit, qu'il Test à un jurisconsulte de savoir les principales décisions des lois romaines.

(i) Gavanttis ( Comment, in Ruhrlcas Missal. Rom. inÏMo, ) remarque (juil n'a vu ilans l(;s Mss. du Valican , • pic t i«''s-j)eii (Je livres , où ce cjiie nous aj)pelons aiijourd'inii Pviil»ri((iics , itU en rouge. Il ajoute ({u'il n^a trouve aunnn Missel avant lôS^, où l'on ilonnlU le nooj Je Rubriques à i'yitlre des cerciuouies de lu Messe.

sur les Rubriques, 3

II. Mais les Rubriques, c'est-à-dire, ce corps de règles qui marquent les rils du Sacrilioe , forment - elles des lois proprement dites ^ ou ne soni-elles qu un amas d'instructions qu'il est bon de suivre, mais dont on peut s'écarter sans oflfenser Dieu ? Sont-ce de A raies ordonnances , ou de purs conseils ? C'est une question d'une grande importance par rapport à ses suites \ et nous ne pouvons la traiter avec trop d'exactitude.

Quelques théologiens ont cru que les Rubriques n'obligent point par elles-mêmes-, et que , par conséquent, on ne pèche jamais précisément parce qu'on ne les suit pas. Je dis précisément : car comme il y a des Rubriques , dont les unes regardent lessence du Sacrifice, et les autres, des usages prescrits par les anciens Canons , personne n'a jamais douté qu'on ne fût alors obligé en conscience de s'y conformer : mais en ce cas , disait-on , ce n'est pas la Rubrique qui commande , mais ou la nature des choses, ou le Canon proposé par la Rubrique. On cite pour ce sentiment Fagundez , Sylvestre Mosolin et Azor (2) : ces deux derniers me paraissaient cités mal à propos. Nous verrons, dans un moment, que cette opinion est absolument insoutenable.

D'autres ont cru, au contraire, que chaque Rubrique est une loi, qui de sa nature oblige sous peine de péché mortel ^ quoiqu'il arrive

(2) Fagundez , de i». Eccles. praecepto , lib. 3. cap. 21. n. 7. — Azor, part. i. lib. lo. cap. 29. q. 6. — Sylveàtcr de Prierio, v. MUsa i. n. 1. Tertio qucsiitur.

4 ChAp. I. Diff cultes

souvent, qu'à raison de la légèreté de la ma lière, ou de Tinadverlance , sa transgression , ainsi que celle des autres lois , ne soit que vénielle (3). Suarez est de ce sentiment («) ^ et comme il n'en admet point à la légère, il a toujours beaucoup de sectateurs.

La plupart des autres ont distingué les Rubriques qui prescrivent les rits qu'on doit garder dans la célébration même du Sacrifice , de celles qui ne marquent que ce que le Prêtre doit faire devant ou après la messe. Ils ont regardé les premières comme de vraies lois qui obligent en conscience, parce qu'elles sont une expression du droit naturel , ou des anciens Canons ; et les secolfides , comme des règles purement direciives , que l'on suit utilement, mais que l'on n'est pas absolument obligé de suivre. Ainsi pensent Suarez , et Paul-Marie Quarti , célèbre Théatin (4) , que

(3) Tîonacina , de Sacram. in gen. quœst. iilt. n. ^. — Henri(jiicz , lib. i. cap. ii. n. 4- — Valentia, tom. !\. disp. 3. quaest. i. punct. 4-

[a) Suare/ {in 3. part. S. Jlioni. disp. iq. sect. a. ad finein) ne parle point des Rubriques j il ne traite ({ue de Ja matière et de la foiuie des J>acremens \ et il adopte en ctiet le sentiment qu'on lui attribue ici. Mais il a parle des Rubriques du Missel dans un autre endroit , cité dans la note suivante. Bonacina , et les autres cites dans la note (3) , traitent en gênerai des rits plus ou moins essentiels des Sacremens j mais on voit qu'ils y connpiennent les Rubriques de la inesse.

(4) Suarez, in 3. part. S. Thora. disp. 83. sect. 3. disp. 84. sect. u et disp. 85. sect. i. — Paulus-Maria (>uarti , Cnmmentar. in liubncos Missalis romani ; in (luivst. fundamentali seu proœiuiali , sect. 2. punct. 'a. Eiiit. f'^cnct. 1737, in-Jot. ^

sur les Rubriques. 5

nous citerons sans cesse, mais sui la foi duquel nous ne jurerons pas toujours.

Ce dernier sentiment nous paraît juste à tous égards , et nous regardons comme incontestable la première partie , qui est la plus essentielle.

Notre première preuve se tire du suffrage commun des plus habiles docteurs. Tous , si vous en exceptez deux ou trois de ces casuistes décriés , dont le vœu ne peut tirer à conséquence, tous ont pensé , comme nous , que les rits qui appartiennent à Faction même du Sacrifice sont obligatoires. Or il n'y a régulièrement ni sagesse ni sûreté , à quitter le chemin par où le gros des sages a marché.

La Bulle de Pie V, qu'on lit à la tête de tous les Missels, nous fournit un second argument , qui n'est pas moins solide. Ce Pontile , si digne de 1 être , y commande à tous les Pi êtres en général , et à chacun en particulier , et cela en vertu de la sainte obéissance, de dire ou de chanter la Messe, selon le rit, la manière, et les règles que prescrit le 3Iissel (5). Or un supérieur qui commande en vertu de Fobéissance, ne se borne pas à une instruction de conseil. Aussi la Bulle de ce saint Pape a-t-elle toujours été regardée comme quelque chose de très-sérieux : et nous verrons, en son lieu, que quand l'amour delà nouveauté

(5) IMandantes , ac clistrictè omnibus et singulis... in ■virtute sanctae obe(]ienti<Te prœcipientes , ut Missam juxla ritiuit , modum ac normam quœ pcr IMissale traditur , décantent aut legant , etc. Pius K.

s Chap. I. Difficultés

a porté des particuliers, soit à s'en écarter, soit à l'éluder par de fausses interprétations, les Evêques et les plus sages docteurs s'y sont constamment opposés.

Le Concile de Trente n'est pas moins décisif en faveur de la proposition que nous avons avancée. Après avoir vengé dans ses Canons les cérémonies de la Messe, du mépris insensé qu'en font les Protestans, il veut que les Evêques décernent des peines contre ceux de leurs Prêtres, qui célébreraient à heure indue, et qui, aux rits approuvés par 1 Eglise, et co!isacrés par un saint et fréquent usage , en substitueraient d'autres au gré de leur imaginalion (6). Or ces peines peuvent aller jusqu'à l'anatlième : il est vrai que le Concile ne frappe d'anathème que ceux qui soutiennent qu'on peut sans péché , dans ladministration des Sacremens , ou ne pas suivre les anciennes cérémonies, ou s en former de nouvelles (") ^ ainsi ceux qui , par ignorance ou par négligence , s'éloigneraient des cérémonies de l'Eglise , sans

(6) EJirto et pœnis propositis, caveant Episcopi , ne Sacerdoles aliis quàin clt'biti> horis célèbrent , ne\e litus alios , aiit alias caeremoniai et preces in iMissarum celcbratione adliibeaiit , practer ras quie ab Ecclcsi.1 probalie ac iVcquenti et lauttaliili u<^u receptas fiierint. C'onril. Trident, .sess. 23. in Decielo de observandis et evitandis in célébrai ionc Missae.

(T) Si quis dixerit , rereplos et approbaîos Fcclesiae calliolica; riUis, in solenini Sacrameiitonini administralione ailhibeii consuetos, aut contenini, aut sine peccato à Minisliis pro libito omitli , aut in novos alios per qiiemfunique Fcclesiarum pastoren» mutari pnsse , anathenaa sit. Concii. Tiui. icis. y. dcSacium. iugeucic, can. \2.

SUT' les Rubriques. 7

vouloir les combattre, ne seraient pas dans le cas du Concile. Qui oserait cependant mettre en doute que les Eveques, d'après ce décret, ne puissent décerner la même peine contre ceux: qui se rendraient coupables dans une matière aussi grave; c'est-à-dire qui, aux rils approuvés ou prescriis par l'Eglise, en subsliiueiaieut d'autres à leur £rré : surtout si Ton lait attention qu'on peut souvent dogmatiser aussi bien par la pratique que par les paroles , et que celte manière d inculquer l'erreur n'est pas moins dangereuse que l'autre? Reste à savoir quel est le motif ou le dessein de la plupart de ceux qui de nos jours disent , par exemple, le Canon à voix haute , etc.

Il suit, de cette première partie de notre règle, qu'un Prêtre qui, en fait de piroies -ou d'actions, omet, soit de propos délibéré, soit par une négligence coupable, (et cela , en morale, revient à peu près au même) ce qui est prescrit par la Rubrique, commet un péché grief de sa nature , à moins qu il ne devienne véniel par la légèreté de la matière.

m. Or quoique, dans une action aussi grande que l'est celle du Sacritice, il soit extrêmement difficile de déterminer ce qui est ou ce qui n'est pas matière grave: on convient cependant assez , qu'à l'égard des paroles de la Liturgie, on doit regarder comme quelque chose de fort important , i". la Cou* fession que fait le Prêtre in piano au commencement de la Messe; 9°. l'Epître, et plus encore l'Evangile : 3'\ 1 action d'offrir le paiu

6 Chap. I. Difficultés

et le vin , avec les paroles qui y répondent 5 4". la Préface.

Ce serait autre chose , si on ne manquait qu'une ou deux Collectes, le Trait , le Graduel , ou quelques autres articles moins essentiels. Cependant, si quel qu un s'avisait de passer ici et là tant de versets . qu'il en résultat une omission considérable , on ne peut douter qu il ne se rendit coupable d'un péché mortel. Or , dans une alTaire comme celle-ci , les théologiens qui sont les moins rigoureux , regardent comme une quantité considérable, celle qui répond à une Epitre qui n est ni trop longue ni trop courte.

A r égard du grand Canon (8) qui , selon le sentiment le plus reçu, commence à Te igîtur , et se termine à la petite Préface du Pater , tout le monde convient que des six Oraisons qui le composent (9) il n'y en a pas une qu'on puisse sans crime omettre en entier-, il y a même dans chacune d'elles des paroles si pleines de sens et de mystères , que leur omission ne pouri»ait être que considérable. Hors ce cas , il n'y aurait pas de péché

(8) Quelques anciens Liturgisles appellent Canon minor tout ce qui se ilit depuis l'Oflei foire , jusqu'à Te igitnr ; et Canon major, ce qui se rccile depuis Te /i,'/7iic jusqu'au Pater. Le mot de liturgie signiHe Vipitrre on Wiction puhlique . c'est-à-dire le service (Inin. On appelle lÀlurgistes ceux qui travaillcut sur cette matière.

(9) Ces six Oraisons sont, Te igitnr: Hanc igitiir oblationeni : Quant of'fationeni , qui précèdent la Consécration ; Unité et memores : A/emenfo rlinm , Domine : JYobn qu*que peccalonbus , qui la &ui>t;nt.

sur les Rubriques. 9

mortel a passer cinq ou six mots. Ce qui s'ajoute au Communiccniles dans les cinq principales solennités de Tannée , est communément regardé comme une matière dont l'omission n'induit pas une faute • griève. Mais à Dieu ne plaise que , dans la plus sainte aclioa qu'on puisse concevoir, un Prêtre tombe de propos délibéré , sous prétexte que sa chute ne sera pas mortelle.

Quoique les prières depuis le Pater jusqu'à la Communion n'appartiennent pas au Canon proprement dit , elles lui sont cependant comparées pour la dignité et pour l'importance. Aussi convient - on qu'on ne pourrait , sans pécher grièvement , omettre , ni l'Oraison Dominicale: ni la Prière Libéra nos ^ qui la suit-, ni ce peu de paroles qui se récitenjt quand on met une portion de Thostie dans le calice ; ni tout V^gnus Dei (10)5 ni les Oraisons qui précèdent la Communion , quoique la première qu'on omet aux Messes des Morts , ne paraisse pas d'un précepte si rigoureux (11) 5

(to) Je clis tout VAgmis Dei; car on ne convient pas qu'il y eût un pêche' morhel à ne le dire qu'une ou deux fois. Il en est de même du Domine , non sum clignas.

(11) Qiiarti, que suit ici M. Collet, ne dit point que cette Oraison, qui s'omet aux Messes des Morts, ne soit pas si rigoureusement prescrite dans les autres Messes 5 mais seulement, que celui qui l'omettrait pécherait vénielle ment : soliim venialiter peccaluruin. ( Qua;st. prooem. sect. 5. punct. 5. ) On ne voit pas en efl'et pourquoi cette Oraison serait, dans les autres Messes, d'un précepte moins rigoureux que celles qui la suivent, surtout quand on doit y donner la paix. Edit.

lo Chap. I. Difficuhès

ni enfin le Domine , non siun dignus en entier, et rOialson Quid retrihnam.

Les prières qui suivent la Communion du Prêtre , vont à peu près de pair avec celles qui précèdent le Canon ; ainsi il faut eu porter le même jugement. On n'est pas toutà-fait d'accord si l Evangile de saint Jean fait une partie intégrante de la Messe. Suarez le pense ainsi , et il faut s'en tenir-là dans la pratique-, car, quoique la lecture de cet Evangile soit une des dernières additions qu'on ait faites à la Messe, il n'en est pas moins vrai que de simple coutume elle a passé en loi-, et l'objek de cette loi est au jugement des Fidèles quelque chose de si grand, qu'avant qu'elle fût établie , ils demandaient expressément, dans les fondations de Messes, que TEvaugile de saint Jean y fût récité (12). Aussi jugea-t-on à Rome , le 5 juillet i63i , qu'un Prêtre qui , à cause de je ne sais quel empêclicment de langue, ne pouvait dire l'Evangile In principio , serait suspens de la célébration de la Messe, jusqu'à ce qu'il se fût accoutumé à le dire comme il faut (i3).

Je n'ai point parlé des paroles de la Consécration ; elles impriment par elles-mêmes tant de respect et de frayeur , que personne n'en omettra jamais aucune de propos délibéré. Le mot oui ni est le seul que bien des gens croient pouvoir s omettre sans pécbc mortel j encore

(12) Le Rnm , ibid. p. 69T.

(ï3) Vo)cz Mcrati 5ui Gavanlus , \^^r\- "i- tit. lî. n. 5.

sur les Rubriques. ii

veul-on que cela se fasse sans mépris ; et je ne sais trop si l'on peut, sans une sorte de mépris , passer volontairement un mot, qui d'un côté coûte fort peu à dire , et de l'autre fait une liaison très-importante.

Il faut juger des rits qui consistent en actions, comme de ceux qui consistent en paroles; c'est-à-dire, que leur omission est plus ou moins coupable , selon que la cérémonie négligée est plus ou moins importante, surtout par rapport à sa signification , qui est la principale chose qu'on doit envisager ici.

De ce principe on infère communément,' qu'il y a péché mortel à négliger, i°. de mettre quelques gouttes d'eau dans le calice avec le vin pour la consécration ; 2°. de faire lélévatioii de l'hostie et du calice ; 3". de rompre une parcelle de l'hostie pour la mêler avec le précieux sang-, 4°« de communier sous les deux espèces ; 5°. de purifier la patène après la Communion. En effet, les trois premières de ces saintes cérémonies renferment de sîrands mvslères; la quatrième pourvoit à l'intégrité du Sacrifice *, et la dernière tend à empêcher la profanation du corps de Jésus-Clirit.

Pour ce qui est des autres cérémonies d'action , telles que sont les signes de croix, les génuflexions, les inclinations de tète , l'élévation des mains ou des yeux, et autres semblables, nous ne voyons pas que quelques omissions en ce genre puissent être traitées de péché mortel. Ce serait autre chose, si ces sortes d'omissions , à force d'être muiû-

12 Chap. I. Diff cultes

pliées , se montaient à un tout considérable. IV. De ces maximes, où je n'ai été Féclio que des théologiens les plus mitigés , on peut inférer qu'il y a beaucoup à craindre pour ce grand nombre de ^Ministres qui , dans le dessein 4le plaire à la multitude, et surtout auxGrands, qu'une Messe un peu longue met aux abois, ne font presque pas une cérémonie comme il faut -, prononcent ou plutôt balbutient avec tant de rapidité , qu'ils ne s'entendent pas euxmêmes ^ ne joignent presque aucune action aux paroles qui y répondent ^ ou plutôt joignent toujours les paroles à des actions ou à des jnouvemens qui doivent en être séparés (14)5

(î4) Un homme «le mérite et de vertu me prie d'ajouter « que ces sortes de personnes joignent toujours les paroles 3) aux actions ou mou\emens qui doivent en être sépares , j> par ex. le signe de la crois avec la patène et le calice , t> avant d'avoir achevé l'oflrande de Tun et Tautre , et :» en hien d'autres endroits ■ de sorte que leur Messe n'est 3) qu'un continu confus , sans un seul instant de la suc- 3j cession que l'Eglise prescrit. He' , continue-t- il , n'en •» ai-je pas vu avec horreur être bientôt à la consécration i> du calice , en se relevant de la génuflexion qui suit ■a l'élévation de la sainte hostie : de même pour VUnJè ■)) et memores , etc. Combien ne prennent pas le temps » de purifier leurs doigts dans le calice, après avoir tou- ■» ché l'bostie con.^acrte ! ce qui est un sacrilège in quan- 3» tum pnsiitnt , quand ils ne sont pas sftrs qu'il n'y a i) ancune parcelle.

ij Votre zèle , poursuit-il , aurait dû s'animer un peu D) plus à demeure contre la brièveté indévote et scanda- }> leuse de jdtisicurs Prêtres , qui ruine la foi des Chré- » tiens , et aflérniit l'impiété dos libertins. JI aurait aussi 3) fallu dans cet ariicle déplorer plus amplement l'in- 3) difTérencc génér.'do pour rt'tiide des Rubrii/ues dans ceux J> mêmes qui ne donneraient pas l'absolution aux ou- « vriçrs qu» jrcfuscraicut U'app tcodrç le« lù^Wa dç leur art \ »

sur les Rubriques. i3

disent au côié de l'Epître ce qui ne doit se reciter qu'au milieu de l'autel j font , quoique pleins de force et de vigueur , des demi-génuilexions , qu'un homme infirme ne se pardonnerait pas , agitent plutôt les mains qu'ils ne font des signes de croix *, et ce que j'ai vu de mes yeux , et n'ai pu voir sans horreur, croient purifier la patène en l'essuyant avec le purificatoire : comme si ces parcelles précieuses , qui renferment le Dieu du ciel , n élaient qu'une vile poussière , qu'on pût sans scrupule jeter à droite et à gauche.

Au reste , il ne sera pas inutile d'ohserver que les Ruhriques du Missel obligent encore d'une manière plus étroite à la Messe solennelle , qu'aux Messes privées : comme l'Office qui se dit au cœur, doit être récité avec plus de précaution que celui qui se dit en particulier. Dieu , qui veut être servi partout comme il iaut , veut 1 être parfaitement dans les lieux qu'il a destinés à léditication de son peuple. Ainsi les fautes qui se commettent alors , sans changer absolument de nature , deviennent plus grièves à raison de l'indécence et de la publicité. On ne croit pas néanmoins que lomission de certains rits , qui ne sont propres que de la Messe solennelle , tels que sont l'encensement , et les prières qui doivent l'accompagner , aillent audelà du péché véniel.

Page 1