PRÉFACE
une paralysie de la région du nerf divisé ; que cette paralysie était incurable « car la nature est impuissante à régénérer les nerfs. » (Galien.) Mais là se bornaient leurs connaissances en cette matière.
Les idées de Galien traversèrent le moyen âge et les siècles qui suivirent sans subir ni nouveau contrôle, ni modification.
C'est au siècle dernier seulement, l'an 1 770, que fut formulée mie nouvelle doctrine, opposée à celle de Galien.
On déclarait que la paralysie consécutive à la section d'un nerf n'était pas permanente ; que le nerf se régénérait au lieu de sa section et reprenait son rôle de conducteur des impressions et des incitations motrices.
L'auteur de cette opinion était Cruiksliank, qui ne publia que beaucoup plus tard ses expériences sur les nerfs et particulièrement sur leur reproduction. {P/iil. Trans.,\19o.)
Il avait coupé successivement, à long intervalle, les deux nerfs pneumo-gastriques d'un chien, sacrifié l'animal après quarante jours et montré les nerfs rétablis dans leur continuité. L'animal avait vécu; par conséquent, les nerfs pneumo-gastriques avaient repris leurs fonctions.
P^ontana, déjà convaincu par la vue des pièces de Gruikshank, avait répété ses expériences et était arrivé aux mêmes résultats (1778 et 1781).
Il en fut de même d'Haighton (1795), de Descot (1822^ qui expérimentèrent sur des chiens, de Prévost (1827), qui préférait les chais. Tous démontrèrent la régénération du nerf pneumo-gastrique après sa section : il s'agissait, à celte époque, uniquement de ce nerf; on n'en expérimentait pas d'autres sérieusement.
Malgré ces faits, le doute sur la réalité de la doctrine nouvelle persistait. Il fallut, pour entraîner les esprits déjà ébranlés, le travail de Flourens : Expériences sur Iq