PRÉFACE IX
réunion et la cicattnsation des plaies de la moelle el des >ierfs {IS34). Là, le champ expérimental avait été agrandi ; là, était démontrée la communication rétablie sur toute la longueur du nerf, après sa cicatrisation.
Toute la faveur, en France, fut dès lors acquise à la doctrine de la régénération nerveuse.
L'Allemagne, à son tour, partagea cette opinion après la publication du travail de Steinrueck ^
Quelques esprits, à la vérité, des sceptiques ! sans doute, élevaient, de temps à autre, des objections contre la doctrine régnante.
Horteloup, à propos de certains faits de Dupuytren, concluait à une sensibilité produite par les anastomoses se développant notablement (1834). Baudens invoquait aussi le rôle des anastomoses, et cet auteur en avait le droit, puisqu'il venait d'observer un cas de section des quatre nerfs principaux du membre supérieur, dans l'aisselle, sans que la paralysie de la main fût absolue (1836).
Mais, que pouvaient quelques notes isolées, venues de malencontreux chirurgiens, au milieu du concert unanime d'opinions formées par les physiologistes ?
Le dogme delà régénération n'en fut nullement ébranlé.
Le triomphe de cette doctrine devait être plus complet encore.
Les raicrographes virent les fibres nerveuses de nouvelle formation destinées à réparer la perte de substance du nerf; ils les suivirent du bout central au bout périphérique.
Les phy.'iiologistes constatèrent le retour du mouvement et de la sensibilité dans un grand nombre d'expériences. Les chirurgiens remarquèrent les récidives fréquentes
* JDc Regeneralione nervurum. Berlin, 1838i
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de névralgies sur le nerf que l'on avait sectionné, preuve manifeste, pensaient-ils, de la régénération de ce nerf.
Telle était même, parmi ces derniers, la croyance à ce dogme scientifique, qu'ils ne savaient recommander trop de précautions pour prévenir la régénération après la névrotomie.
Il ne suffit pas, disaient-ils, de sectionner le nerf, de le réséquer, de le brûler, il faut encore « replier les bouts dans les chairs, oumieux, interposer entre les deuxbouts des lambeaux de tissu cellulaire ou de muscle. » (Malgaigne.)
Malgré ces précautions, on verra, quelquefois, les nerfs se régénérer encore et la névralgie se reproduire.
Les travaux de M. Waller (1852), ceux de M. Pliilipeaux et de M. Vulpian ajoutèrent à la question un nouvel intérêt physiologique : on apprit que le bout périphérique du nerf divisé dégénérait ; qu'il se restaurait après un certain temps, un ou deux mois au plus; et, qu'enfin, la perte de substance du nerf se réparait vers le troisième ou quatrième mois. On en conclut que les mêmes phénomènes devaient se passer cliez l'homme, et qu'après la section d'un nerf on devait observer, chez lui, d'abord une paralysie, pendant la dégénération du bout périphérique ; puis, le retour de la fonction vers le troisième ou quatrième mois, époque du rétablissement du nerf dans sa continuité.
L'opinion médicale en était là, quand, en 1864, parut une observation qui eut un grand retentissement :
Un malade, dont le nerf médian avait été divisé accidentellement, fut, le lendemain matin, traité par le rapprochement et la suture des deux bouts nerveux.
Le même jour, l'opérateur, Laugier, constata déjà un retour de la motilité et de la sensibilité. Les signes indiquant le retour de ces fonctions s'accusèrent davantage les jours suivants et devi; rent bientôt très-prononcés. C'était,