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CHAPITRE IV

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE APRÈS LA SECTION SIMULTANÉE DE PLUSIEURS NERFS IMPORTANTS DU MEMBRE SUPÉRIEUR

La section simultanée de plusieurs nerfs importants du bras donne lieu à des phénomènes identiques à ceux des sections isolées des nerfs.

§ I. Observations.

Observation XLI. — Section accidentelle et simultanée du médian et du cubital au bras (Létiévant). — Alexandre Veltz, âgé de vingt-quatre ans, fut blessé par un éclat d'obus à la partie interne du bras droit, le 18 janvier 1871 (bataille de Montbéliard).

Appelé à lui donner les premiers soins, M. Daniel Mollièir, cliirurgien de l'ambulance du Bourbonnais, crut un instant qu'il serait nécessaire de pratiquer l'amputation du bras, tellement étaient grands les désordres produits par le projectile.

Au milieu des parties dilacéi-ées, il remarqua les nerfs médian et cubital ayant chacun suld une perte de substance de plus de cinq centimètres. L'écart entre les bouts supérieurs et les bouts inférieurs correspondants restait à ce même degré malgré ses efforts pour les rapprocher. Leur réunion par suture lui paraissant tout à fait impossible, M. MoUière s'assure de nouveau de l'identité des deux nerfs, fait un premier pansement et abandonne la plaie auxressources .de la nature.

Après un séjour de quatre semaines dans la maison d'un médecin du pays cbez qui le ble.«sé fut déposé et où il reçut les soins les plus entendus et les mieux prodigués, Veltz revint

ciiiivalescent à Lyon. — Quelques mois plus tard, il me fut adressé par M. D. Mollière, et je le présentai à la Société des Scieuces médicales (juin 1871).

La plaie était depuis longtemps cicatrisée ; mais il restait une paralysie absolue des organes dépendant des deux nerfs réséqués, le médian et le cubital.

On aurait pu, à un examen superficiel, hésiter à croire à cette dernière infirmité, tant étaient développées sur ce sujet la motilité et la sensibilité suppléées.

Veltz, en effet, accomplissait avec sa main-droite des mouvements fort variés. Malgré la paralysie des fléchisseurs de cette main, il pouvait prendre un chapeau et l'emporter, un verre a bière à moitié rempli et le porter à sa bouche, ou saisir d'autres objets légers.

11 remuait tous ses doigts, les fléchissant, les mettant en extension. La flexion de la main s'opérait ainsi que l'extension ; son adduction comme son abduction ; sa pronation de même que sa supination.

Il fallait, pour acquérir la démonstration de la paralysie des nerfs médian et cubital, se livrer à une investigation minutieuse lies muscles et des mouvements de la main. Le résultat de cet examen m'a permis de tracer les caractères de la motilité et de la sensibilité suppléées après la section simultanée des deux nerfs médian et cubital. Je les expose au paragraphe suivant.

Observation LXIl. — Section simultanée et accidentelle (les nerfs médian et cubital à V avant-bras (Létiévant). — Nicolas Marion, âgé de vingt-cinq ans, jardinier à Lyon, reçut un éclat de fusil dans l'avant-bras gauche, le 21 septembre

Le projectile avait taillé, sur la face antéi^ieure de l'avantbras, un lambeau long et large, déchiqueté et mâché, qui com- ])renait, dans "son épaisseur, tous les muscles de la couche superficielle (à l'exception de quelques faisceaux du grand palmaire), l'artère radiale et les deux nerfs médian et cubital ; Tarticulation trapézo-métacarpienne était ouverte ; lepisiforme à nu. Le lambeau commençait à deux ou trois centimètres audessus du poignet, et sa base correspondait au voisinage de l'articulation du coude où se trouvait logé, sous le tissu hu'gement décollé, un gros fragment de canon de fusil long de dix centimètres. C'était le projectile qui avait causé la lésion.

Je fis l'extraction de ce corps étranger, puis riiéiuoi'rliagie

arrêtée, je pratiquai la suture des deux bouts du nerf cubital et de ceux du médian ; non sans peine, car la recherche du bout supérieur du médian, notamment, fut très-difficile au sein des tissus dilacérés du lainbeau.

Le pansement fait, le malade fut, le deuxième jour, soumis à l'irrigation continue, quand éclata un délire nerveux intense qui dura du quatrième au septième jour. Dans les mouvements désordonnés occasionnés par ce délire, les sutures nerveuses se rompirent et les bouts nerveux furent écartés, les centraux entraînés par le lambeau dans lequel ils étaient compris, les périphériques couchés sur les muscles fléchisseurs profond et propre, restés intacts au fond de la plaie.

Un intervalle de deux centimètres environ les séparait quand je maintenais le lambeau appliqué contre le reste de la plaie à l'aide de bandelettes de dîachylon. Je pus les observer pendant plusieurs jours.

Les quatre bouts se recouvrirent de vaisseaux et de bourgeons charnus dus à la vascularisation de leur propre névrilème. Les bouts supérieurs apparurent bientôt comme des points rougeâtres, un peu renfl,és et convexes ; ils étaient extrêmement sensibles à la moindre pression.

Les bouts inférieurs étaient insensibles.

Cependant les granulations qui avaient recouvert toute l'étendue de la plaie ne tardèrent pas à produire l'adhérence du lambeau aux parties profondes et les bouts nerveux furent ensevelis au sein des tissus.

En un mois, la cicatrisation était complète. Le malade quittait l'Hôtel-Dieu le 3 novembre 1871.

Pendant ce mois, et à diverses reprises, j'observais la sensibilité de la main sur ce malade. Elle était en tous points semblable à celle de Veltz, qui fait le sujet de la précédente observation. Elle est décrite après elle, au paragraphe qui suit.

Observation XLIII. — Section dans l'aisselle de tous les nerfs du membre su'périeur, sauf le musculo -cutané, pour un tétanos (Gayet) — « Les expériences faites dans le but d'étudier la sensibilité de la main et de l'avant-bras donnent des résultats vraiment singuliers, que j'ai fidèlement consignés dans le tableau ci-joint, » dit l'auteur.

i Les détails (le l'opération sont relatés au chapitre du tétanos, deuxième partie de cet ouvrage.

SENSiniLITK DU MEMBRE OPÉRÉ (21 fûvrior, soir de l'opiii'lilUm)

Face dorsale de

la main.

Face dorsale.

Kace palmaire Face dorsale.

Face palinairo.

Face dorsale.

Face palmaire

Face dorsale.

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