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I. Section du nerf dentaire à l'entrée du canal dentaire

Procédé (fîg. 19, p. 526). — Premier temps. — Le malade assis et anesthésié, on écarte les mâchoires et on les maintient écartées, à l'aide de l'instrument destiné à cet usage et que l'on place au côté opposé à celui de l'opération; plus on obtient dé l'écartement, moins l'opération est difficile. Du côté où l'on doit opérer , un crochet mousse éloigne en dehors la commissure des lèvres et la refoule en arrière le plus possible , afin de rendre moins profond et plus accessible le lieu de l'opération.

Deuxième temps. — On pratique, alors, au fond de la bouche, à l'aide d'un bistouri à long manche, une incision à la muqueuse qui recouvre le bord antérieur du tendon du muscle temporal. Cette incision ne doit pas porter directement sur le bord antérieur et saillant de l'apophyse coronoïde mais à cinq millimètres en dedans.

Elle doit s'étendre de la deniière molaire supérieure à la dernière molaire inférieure.

Elle doit aller d'emblée jusqu'à la surface du tendon du crotaphyte.

Elle n'intéresse, d'ailleurs, que la muqueuse, des glandules et du tissu cellulaire : aucune artère ne se trouve sur son trajet.

i-'io.

J'rocédé de section du nerf denlairo inférieur.

Troisième temps. — Le bistouri retiré, le bout de l'index gauche le remplace, s'engage dans la plaie et pénètre immédiatement entre le muscle ptérjgoïdien interne, qui est en dehors et auquel il correspond par son ongle, et entre la face interne du tendon du crotaphyte qui double la face

interne de l'apophyse coronoïde et auquel le doigt correspond par sa pulpe.

En enfonçant un peu plus le doigt et le portant un peu en haut, sa pulpe arrive facilement à sentir, en arrière du tendon du temporal, l'épine de Spix qui domine l'entrée du canal dentaire.

Cette épine, toujours appréciable, est quelquefois trèsaccusée ; d'autres fois, petite, elle réclame, pour être plus nettement sentie, un peu de dénudation.

On fait cette dénudation à l'aide de la sonde cannelée.

Quatrième temps. — Quand la pulpe du doigt sent trèsbien Tépine de Spix, il est possible de terminer rapidement l'opération. Il suffit de prendre, de la main droite, un crochet, de le diriger le long de la face palmaire de l'index gauche jusqu'au niveau de l'épine de Spix, de le retourner alors de manière à ce que son bec, regardant en dehors, glisse au-dessus du niveau de l'épine de Spix, en arrière du cordon nervoso-vasculaire qui s'engage dans le canal.

Le crochet peut ainsi charger très-vite le cordon nervosovasculaire.

Sur ce cordon, ainsi tendu parle crochet, porter un bistouri boutonné à long manche, glissé à plat le long de la face palmaire de l'index. Quand la lame est arrivée au niveau du crochet, un peu au-dessus de ce doigt, on la tourne de champ et on la fait agir, par pression jusqu'à la surface de l'os.

Tout ce qui est au-dessus de l'épine de Spix est ainsi divisé jusqu'à l'os, et, les bouts divisés fuyant, s'écartant, le doigt ne trouve plus rien qui pénètre dans le canal dentaire.

On a divisé, i)ar ce procédé, le nerf dentaire avec son rameau mylo-hyoïdien et l'artère dentaire. La section de cette dernière n'est jamais l'occasion d'héraorrhagie. Je

n'eus point cette complication sur les deui malades que j'opérai ainsi (1867 et 1870), et elle n'a été signalée dans aucun fait.

Si, au lieu de la simple névrotomie on veut pratiquer l'excision du nerf, il faut, à l'aide de crochets mousses, écarter les lèvres de la plaie, mettre le nerf à découvert, le pincer, le couper au-dessus de la pince et en enlever cinq à dix millimètres de longueur. Gela toutefois n'est pas également facile sur tous les sujets ; il en est sur lesquels on n'arrive qu'avec peine à apercevoir le nerf au fond de la plaie.

Quelquefois aussi, après la première section du nerf, le bout que l'on veut exciser échappe, si l'on n'a pas soin de le retenir.

Pour obvier à cet inconvénient, Menzel, assistant du professeur Billroth, a fait faire une espèce de crochetlithotriteur destiné à saisir le nerf, le tenir en vue et l'exciser ensuite. Cet instrument est une innovation heureuse.

L'idée de diviser le nerf par une incision dans la bouche appartient à Lizars, qui, en 1821, imagina une incision perpendiculaire le long de l'apophj^se coronoïde. Cette opération toutefois ne fut pratiquée sur le vivant que beaucoup plus tard.

M. Michel, professeur à la Faculté de médecine de Nancy, paraît être le premier à l'avoir pratiquée sur le vivant ( 1856) ; il l'a répétée depuis.

Paravicini de Milan {Annal, di mec?îcmfl, 1858) fit, dans la bouche, une incision de trois centimètres, traversa les fibres du ptérvgoïdien interne, puis, arrivé sur le tissu conjonctif sous-musculaire et périostique, il enleva un morceau du nerf dentaire qui se distingue très-bien du nerf lingual, par ses rapports avec l'épine.

Menzel, en trois minutes, extirpa quatre lignes du nerf dentaire, à l'aide de son instrument.

Billrotli a fait la même opération .{Revue des Journauœ allernands dans la Gaz. méd. de Paris, 1872.)

Ce procédé de division du nerf dentaire se place au premier rang, par la section du lierf à une partie éleyée et par l'absence de complication. De plus, il n'occasionne qu'une plaie petite ; celle-ci n'intéresse aucun organe important, la cicatrice qui en résulte est invisible.

Ces avantages ressortent mieux encore par l'étude comparée des autres procédés : voici celui de Warreri qui divise aussi le nerf a:vant son entrée dans le canal dentaire. .

Procédé de Warren. — « Une incision, s'étendant de l'échancrure sigmoïde au bord inférieur de l'os maxillaire inférieur, mit à découvert la glande parotide ; puis, en disséquant avec soin cette dernière, et divisant quelques fibres du masséter, l'opérateur arriva à l'os, sur lequel il appliqua une couronne de trépan à vingt ou vingt- cinq millimètres au-dessous de l'êcbancrure sigmoïde, et à égal distance des bords antérieur et postérieur de l'os. Lorsque les deux tables eurent été enlevées, l'une avec le levier et la seconde avec des pinces, le nerf se trouva à nu avec l'artère et la veine, au point où ils pénètrent dans le canal dentaire. Oq souleva le nerf avec une sonde et l'on en enleva une longueur de douze millimètres, comprenant l'origine de la branche myloïdienne.

« L'artère fut liée sans difficulté ; la faciale trans verse l'avait été dès le début de l'opération. La plaie fut réunie par première intention et le malade guérit le neuvième jour. » (Malgaigne. )

Incision du masséter ; dissection de la parotide ; section du canal parotidien, d'où fistule salivaire probable; .section de plusieurs artères ; section de plusieurs branches du facial, d'où paralysie partielle des muscles de la face; lésion osseuse; cicatrice considérable à la face; Létiévant, Sect. nerv. '^'i

530 PROCÉDÉS OPERATOIRES

voilà les dangers et les inconvénients sérieux qui s'attachent à ce procédé.

La modification apportée par Velpeau, destinée surtout à éviter la section du canal de Sténon, laisse subsister un bon nombre des inconvénients précédents :

« Velpeau fait une incision en U, passant à quatre millimètres au-dessous et en arrière des bords inférieur et postérieur de la mâchoire et remontant en avant du masséter, à deux millimètres en dehors de l'artère faciale, jusqu'à treize millimètres au dessous de l'arcade zygomatique; elle permet de relever un lambeau unique sans léser la parotide. L'os mis à nu on applique une moyenne couronne de trépan qui emporte le nerf avec elle. »

On pourrait encore arriver sur le nerf dentaire avant son entrée dans le canal dentaire, par une incision au niveau de l'échancrure sigmoïde et en traversant cette échancrure ; c'est un chemin étroit et difficile.

On atteint le nerf en pratiquant une incision verticale sur la joue, le long du bord antérieur de la branche montante du maxillaire ; mais ce procédé intéresse le canal de Sténon et plusieurs rameaux du facial, ce qui n'est point d'un médiocre inconvénient.

Enfin, une incision pratiquée sur l'angle de la mâchoire, suivant le bord de cet angle et le bord postérieur du maxillaire, conduit avec une grande facilité sur le nerf dentaire, près de l'épine de Spix. Mais, par ce procédé, on divise : la parotide, ses artères et plusieurs branches du nerf facial.

Aucune de ces modifications n'a la valeur du procédé de section dans la bouche , tel qu'il a été décrit plus haut.

NERFS DE LA PAGE 531 Il . Section du nerf dentaire dans son canal.

Plusieurs procédés atteignent le nerf dentaire, non plus avant son entrée dans le canal, mais pendant qu'il est contenu dans ce conduit.

« Jules Roux forme un lambeau tégumentaire à convexité inférieure, étendu du bord antérieur du muscle masséter au trou mentonnier, met le maxillaire à nu, applique une couronne de trépan de quinze millimètres, au-dessous de la dernière grosse mollaire, ouvre le canal dentaire, y reconnait le nerf, le divise et en cautérise profondément les extrémités. » (SédiUot, t. II, p. 9.)

Louis Beau place la couronne de trépan à deux centimètres en dehors du trou mentonnier et après avoir découvert le nerf dans l'épaisseur de l'os, il le coupe ; il en saisit avec les pinces l'extrémité antérieure, pendant qu'il pratique la même manœuvre sur le nerf mentonnier, le sépare des parties environnantes et inciseen dehors du conduit osseux. 11 imprime au cordon nerveux des mouvements de va-et-vient qui en détruisent les adhérences et il l'extrait. La perte de substances est considérable. (Union médicale, 1853.)

M. Sédillot a eu deux succès par ce procédé.

Malgaigne recommande d'enlever une molaire et de détruire le nerf avec un fil galvanique.

Au lieu de trépan, Linhart employait la gouge et le marteau pour mettre le nerf à découvert dans son canal.

W. Gross, de Philadelphie, est allé jusqu'à poser cinq couronnes de trépan sur le maxillaire. Il mettait ainsi le nerf à nu et le détruisait dans toute sa longueur.

C'est un procédé très-radical, ayant les inconvénients du procédé de Warren,mais qui peut avoir sa raison d'être, dans des cas d'insuccès après l'opération dans la bouche.

Prockdé de Bœgkel. — Le malade anesthêsié, il fait écarter les mcàchoires, puis il détache la joue du maxillaire inférieur par la bouche et va à la recherche du trou mentonnier. Les branches nerveuses et vasculaires qui en émergent sont isolées dans l'étendue d'un centimètre environ; puis, appliquant une gouge en arrière de ce point, sur le trajet du canal dentaire, il fait sauter la table externe de l'os et coupe le nerf. (Dans un autre cas, il se servit d'une tréphine d'un centimètre et demi de diamètre.) Après cela, il est facile d'en retirer un morceau assez long par le trou mentonnier.

On peut donc séparer le maxillaire par ce procédé, sans pratiquer aucune incision à la joue. La plaie interne guérit en dix jours, sans aucun pansement, sans suppuration appréciable et sans douleur.

Mais, à mesure que les procédés se rapprochent du trou mentonnier, ils doivent inspirer moins de confiance dans les résultats curatifs.

III. Section du nerl cleiUaii-e à s.a sortie du trou mentonnier.

Le trou mentonnier est variable dans sa position, même chez les adultes : quelquefois à un centimètre de la symphyse, il est ici à près de trois centimètres ; quelquefois à égale distance du bord inférieur et du bord supérieur de l'os, il est souvent plus rapproché de ce dernier, surtout chez les vieillards, ou après la chute des dents; au niveau de la dent canine ou de l'intervalle qui sépare cette dent de la première molaire sur un sujet, il correspond, sur un autre, à l'espace qui sépare les racines des deux petites dents molaires et même à la deuxième petite molaire.

Procédé de section sous-cutanée. ^Bonnet de Lyon

NKRFS DE LA FACE ô33 a pratiqué le premier cette opératiou en introduisant le ténntome au travers de la peau du menton, dans la din ction du nerf que l'on place dans un état de tension en portant fortement la lèvre en haut et en dehors. On racle, à plusieurs reprises, la surface osseuse avec le tranchant de l'instrument pour. être certain de diviser le tronc nerveux. On pourrait également introduire le ténotome dans la rainure alvéolaire. (Bonnet, Sections tendineuses.)

Procédé ordinaire. — « On renverse la lèvre inférieure, On incise, vis-à-vis des dents canines et petites molaires, la rainure qui joint la lèvre à la gencive; à quelques millimètres de profondeur on rencontre le nerf que l'on coupe en rasant l'os; le bout coupé fait, hors du niveau des chairs, une saillie facile à reconnaître à sa blancheur, et qu'il suffit d'attirer avec des pinces pour en exciser une longueur convenable. » (Malgaigne.)

11 faudrait que la névralgie fût fixée aux rameaux mentonniers seuls ou que sa cause résidât dans la lésion d'un de ces filets, pour que la section du nerf au trou mentonnier pût suffire à amener une guérison.

^ 7. Section du nerf lingual.

Le nerf lingual, branche du maxillaire inférieur, descend un peu obliquement en bas, entre le pharynx et le ptérygoïdien externe, entre les ptérygoïdiens, puis entre le ptérygoïdien interne et la branche de la mâchoire inférieure. Il change de direction pendant qu'il est entre ce muscle et la branche de la mâchoire, devient horizontal et 80 place sous la muqueuse du plancher de la bouche audessus de la glande sous-maxillaire, à cinq millimètres environ de la réflexion de la muqueuse buccale sur le côté de la langue. 11 atteint ensuite l'inlerstice des muscle.s lin-

534 PROCÉDÉS OPÉRATOIRKS

gual et génio-glosse et se dirige vers la pointe de la langue où il se termine en un grand nombre de rameaux.

Dans son premier trajet, il est voisin du nerf dentaire inférieur, au devant de lui de quelques millimètres et un peu plus en dedans.

Il reçoit un rameau du dentaire à son origine, la corde du tympan, en arrière des ptérygoïdiens.

Il fournit des ramuscules à la muqueuse buccale, aux gencives, au nerf mylo-hyoïdien, aux glandes sous-maxillaire, sub-linguale, et s'épuise à la muqueuse de la pointe et de la face dorsale de la langue.

Procédé de section (fîg. 20). — Le malade étant assis et anesthésié, ouvrez la bouche et maintenez les mâchoires écartées au moyen de l'écarteur.

Un aide saisit la pointe de la langue entre le pouce et l'index, revêtus d'une compresse, et attire cet organe du côté opposé au lieu de l'opération.

Le chirurgien, tenant de la main droite son bistouri en première position, porte la pointe de cet instrument au côté interne de la dernière grosse molaire inférieure et •pratique, sur la muqueuse, dans le sillon linguo-gengival, à cinq millimètres de la réflexion de la muqueuse buccale sur le côté delà langue, une incision de trois centimètres de longueur. L'incision doit être plus rapprochée de la gencive que du bord de la langue. Elle ne doit intéresser que la muqueuse et une faible couche de tissu cellulaire ; car le nerf, très-superficiel, est compris dans cette dernière.

En fouillant avec le bec de la sonde cannelée ou mieux en disséquant le tissu cellulaire, on arrive facilement à mettre le nerf à découvert.

On doit alors le charger sur un crocliet, le tendre, et le prenant pour guide lui-même, le poursuivre vers sonori-

gine, jusque sur la surface interne du ptérygoïdien interne où on le coupe d'un coup de ciseaux.

Roser de Marbourg, qui, le premier, a pratiqué la section du nerf lingual, divisait la joue depuis la commissure de la bouche jusqu'au masséter. Il est inutile de faire une pareille plaie et d'exposer à la cicatrice qui en résulte.

Fio. 20.

Procfdé de sccllon du nerf llnf.'iiiil.

Linhart, de Wurtzbourg, trépane la branche de la mâchoire pour arriver au nerf plus près de sa racine. C'est , s'exposer à tous les inconvénients de l'opération de Warren pour la section du dentaire inférieur. (Voir plus haut.)

Inzani, de Parme, s'est in.'^piré de ce procédé pour sec-

."^36 PROCKDÉS OPÉRATOIRES

tionner, il ya trois ou quatre ans, le nerf dentaire d'abord, puis le nerf lingual ensuite : .

« Une incision fut faite à la peau de manière à découvrir la partie moyenne de la branche du maxillaire inférieur. Une couronne de trépan, large d'un demi-pouce, enleva la table externe de l'os et sectionna également le nerf dentaire. A.u bout de quatre jours seulement les douleurs diminuèrent un peu ; elles reparurent au bout de deux mois ; une seconde opération fut faite ; la table profonde de l'os fut enlevée encore à l'aide du trépan, et on découvrit le tissu cellulaire placé derrière les muscles ptérygoïdiens. Le nerf lingual fut coupé très-rapidement. »

Luschka, de Tubingen (thèse de Lôhrl, 1864), trouvant ces procédés difficiles ou donnant lieu à des cicatrices trop visibles, préfère pratiquer une incision sous le bord inférieur du maxillaire, et « dissèque entre cet os et la glande sous maxiUaire, jusqu'à ce qu'il ait atteint le nerf au-dessous de la muqueuse de la bouche . »

C'est prendre le chemin le plus long et le plus sinueux jjpur obtenir un résultat qui n'est guère plus avantageux, car il laisse la cicatrice visible encore, bien qu'elle soit au bord inférieur de la mâchoire.

M. Michel, de Nancy, a réalisé un véritable progrès en montrant combien il est facile d'atteindre le nerf lingual par la bouche et, en créant le procédé buccal, il a indiqué la situation précise du nerf, à cinq millimètres de la réflexion de la muqueuse sur le côté de la langue. '« La, il saisit la muqueuse buccale et coupe avec le bistouri sur toute la longueur du nerf à partir de la dernière molaire ; il dissèque prudemment le tissu cellulaire graisseux qui cache le nerf lingual ; charge celui-ci sur un crochet mousse et>ésèque. »

Quelques modifications ont. été apportées depuis au procédé buccal ; peut-être parce que le procédé de M. Michel était peu connu. Quelque--unes sont heureuses; d'autres, non. M. Bœckel a ajouté au procédé de M. Michel (1868) la chloroformisation : c'est un progrès. Mais, en « saisissant le bord gauche de la langue avec une pince érigne. pour l'attirer en avant et la renverser de côté, » il fait à la langue une blessure assez profonde, c'est une moins heureuse innovation.

Vanzetti se sert du rétracteur de Luër pour tirer en dehors la commissure des lèvres. S'il y a déjà un écarteur dans la bouche, ce qui est nécessaire après l'anesthésie, le nouvel instrument devient gênant.

Vanzetti commence son incision « en arrière du pilier du voile du palais qui, très-saillant, est sectionné afin d'arriver le plus près possible du point où le nerf lingual contourne le bord antérieur du ptérygoïdien interne, le dirige en avant et horizontalement. »

La plaie, longue de trois à quatre centimètres « est creusée par des incisions successives, un des bords tenu écarté par des pinces déliées, jusqu'à ce qu'on arrive au nerf. ».

C'est rendre difficile une opération simple autrement: c'est rechercher un nerf dans sa situation la plus profondé et la plus cachée, quand on peut l'atteindre en ce même point, après l'avoir découvert dans un lieu voisin où il est superficiel ; ce n'est point un perfectionnement.

s 8. Section du n erf bu c c a 1.

Le nerf buccal, branche du nerf maxillaire inférieur, traverse le ptérygoïdien externe auquel il donne plusieurs filets, descend entre la tubérosité du maxillaire supérieur

et le bord antérieur de l'apophyse coronoïde où il fournit le nerf mixte temporal profond antérieur, puis il arrive au devant du masséter, sur le muscle buccinateur ; là, il se divise en plusieurs branches cutanées pour la' peau de la joue, branches muqueuses pour la muqueuse de la bouche, branches anastomotiques avec le nerf facial.

Procédé de section (fig. 13 C, p. 472). - Reconnaître exactement, à son relief, le bord antérieur du muscle masséter. On pourrait se servir, pour reconnaître ce bord, de l'artère faciale qui bat à son extrémité inférieure et de la saillie de la pommette qui est à un centimètre en dedans de ce bord en haut. Une ligne étendue entre ces deux points indique son trajet.

P Pratiquer, suivant ce bord antérieur, une incision de trois centimètres de longueur, intéressant la peau seulement.

2° Au-dessous de la peau se trouve le lobule graisseux de la joue, qu'il faut tirer en dehors et enlever à l'aide des pinces à mors plats, et plusieurs filets du facial qui doivent être rejetés, les uns en haut, d'autres en bas. • Dans le fond de la plaie, on voit alors le buccinateur recouvert d'une mince lamelle aponévrotique.

On doit diviser en un point cette lamelle, et mettre à nu, avec précaution, les fibres du buccinateur. Il ne faut point oublier, en effet, que le canal ptérygoïdien contourne le bord antérieur du masséter à l'union de son tiers supérieur avec son tiers moyen, que l'artère faciale suit ce bord, dans son tiers inférieur. C'est au nivean du tiers moyen du bord du masséter que doivent donc se faire les fouilles.

A ce niveau, on trouvera, appliqué sur les fibres du buccinateur, une branche nerveuse, se dégageant de dessous le bord du masséter et se portant, à peu près trans-

versalement en dedans, en se divisant en plusieurs rameaux divergents.

Quelquefois on arrive sur une de ces branches de division, qu'il ne faut point prendre pour le nerf buccal, mais qu'il faut suivre du côté du bord du raassêter, pour arriver au tronc nerveux lui-même.

J'ai pratiqué une fois cette section sur le vivant, sans difficulté ni accident.

s 9. Section du nerf temporal superficiel.

Le nerf temporal superficiel, branche du maxillaire inférieur, contourne le col du condyle de la mâchoire, où il fournit des rameaux auriculaires, parotidiens et anastomotiques pour le facial; puis, devenant vertical, il monte entre le pavillon de l'oreille, auquel il donne quelques ramuscules, et la base de l'apophyse zygomatique atteint la tempe où il se divise en de nombreux filets cutanés.

Dans sa portion ascendante, le nerf n'affecte des rapports déterminés avec l'artère temporale superficielle, qu'au devant du pavillon de l'oreille ; c'est là qu'il faut le découvrir.

On y parvient en pratiquant une incision longitudinale de trois centimètres (fig. 13 D, p. 472), suivant la direction de l'artère temporale superficielle que l'on sent battre à ce niveau. L'incision intéresse la peau, le tissu cellulaire dense qui est au-dessous et met à nu l'artère, au côté de laquelle se trouve le nerf.

M. le professeur Michel a pratiqué la section de ce nerf.

§ 10. Section dn nerf facial.

Il est pèu utile de donner des procédés pour sectionner le nerf facial. 11 est bon, néanmoins, de savoir ce qui a été

tenté jusqu'à ce jour à ce sujet, ce qui paraît irrationnel, et ce qui le paraît moins.

Le. nerf fecial, sorti du trou .stjlo-mastoïdien, s'enfonce dans l'épaisseur de I9 parotide et gagne le bord pàrotidien ■de la mâchoire où il se divise en deux brandies, ellesmêmes logées, à leur origine, dans la glande parotide.

La branche s.upérieure, dite temporo-faciale, se dirige de bas en haut, et d'arrière en avant, vers le col du condjle de la mâchoire où elle reçoit les deux rameaux anastomotiqu«s du temporal superficiel, principale source de la sensibilité des divisions ultérieures de ce nerf.

Cette branche se partage en branches secondaires, mixtes-, cette fois, qui se subdivisent et s'anastomosent entre elles pour former une série d'arcades couchées sur le bord l)ostérieur du masséter; cette série d'arcades s'appelle : plexus sous-parotidien. De ce plexus partent les rameaux pour la tempe, le front, les paupières, les lèvres.

La branche inférieure, ou cervico-faciale, se porte obliquement en bas et en avant, reçoit une anastomose du' plexus cervical, source principale de sa sensibilité, et se partage, au niveau de l'angle de la mâchoire, en trois ou quatre rameaux qui se subdivisent pour former d'autres rameaux : buccaux, mentonniers, cervicaux.

C'est donc sur le bord postérieur du masséter, à sa partie la plus élevée, ou à l'angle de la mâchoire, que le bistouri doit faire une incision profonde, à travers la peau et la parotide, pour atteindre les divisions de la branche supérieure ou delà branche inférieure du facial.

Gensoul divisa d'un coup de bistouri la branche temporofaciale, pour une névralgie rebelle. La névralgie guérit. Une paralysie limitée à un petit nombre de muscles de la face {persista, mais sans causer une altération notable de 1^ physionomie.

NERFS DE LA FACE oil

La section que pratiqua Laurenzi, sur la branche cervico-faciale pour une névralgie, guérit cette maladie; cette section ne donna lieu qu'à une paralysie circonscrite à la région inférieure de la face, et tellement insignifiante que l'auteur la considère comme disparue. J'ai dit, à propos de ce fait (p. 170), combien la paralysie du triangulaire, du carré et de la houppe du menton, altère peu la physionomie.

Ces deux faits semblent donc démontrer que la section isolée de chacune des branches du facial peut guérir une névralgie faciale et qu'elle n'est pas aussi fâcheuse pour la physionomie qu'on pourrait le craindre apriori. Il faudrait pourtant d'autres observations, ])Our bien établir la vérité de cette opinion.

La section du tronc facial entier n'aurait probablement ni cette efficacité, ni cette innocuité. Elle ne serait pas efficace, parce que le tronc facial contient à peine quelques tubes sensitifs avant sa division en deux branches : c'est un nerf alors presque exclusivement moteur. On ne guérit pas généralement les névralgies par la section des nerfs moteurs. Cette section produirait, en outre, une diftbrmité sérieuse et permanente, une hémiplégie faciale complète.

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