Sur l'Ontologie, voyez Jauet, Traité élémenlaire, p
LA .METAPHYSIQUE GlX
tances et aux causes qui selon les dogmatiques se cacheraient sous ces phénomènes ou les feraient apparaître, ils ne s'en occupent pas parce qu'il est impossible d'en connaître la nature, peut-être même d'en affirmer ou d'en nier l'existence. Comme les positivistes ', Condillac croit que la nature des êtres nous reste toujours inconnue, que nous ne saisissons ni l'essence des choses, ni l'essence de notre âme, ni l'essence de Dieu : l'Intellig-ence souveraine seule, dit-il, connaît les choses comme elles sont. Mais il croit pouvoir affirmer l'existence des êtres matériels, l'existence de l'âme, l'existence de Dieu. Il combat le materai isme, l'idéalisme e l'athéisme. Par ce côté, il rentre donc dans la catégorie des métaphysiciens. Il ne se borne même pas à affirmer l'existence de l'âme et de Dieu ; il étudie les rapports que Dieu a avec nous et le monde ; il compare la nature de l'âme et celle du corps d'après les propriétés que l'observation lui a fait reconnaître en eux ; il arrive ainsi non à découvrir la nature de l'âme, des corps et de Dieu, mais à dire sur l'âme, sur les corps et sur Dieu un certain nombre de choses qui s'appliquent selon lui aux rapports que ces êtres peuvent avoir avec nous, mais
1. On n"a pas tenu suffisamment compte, croyons-nous, de l'intluence de Condillac et de son école sur la formation des doctrines positivistes. A. Comte se réclame surtout de Hume, comme Cousin se réclamait des Écossais et des Allemands. Mais personne n'avait exprimé avec plus d'énergie que Condillac le principe de la relativité de nos connaissances qui forme le fond des doctrines d'A. Comte Ce principe, A. Comte l'a vu appliqué par des savants qui s'avouaient disciples de Condillac et il l'a accepté, peut-être sans savoir lui-même à qui il en était réellement redevable.
ex CONDILLAC
qui, plus d'une fois, sont identiques aux affirmations des métaphysiciens sur la nature môme de l'âme, des corps et de Dieu, C'est un métaphysicien qui applique à la connaissance des objets métaphysiques la méthode relativiste que les positivistes ne croient applicable qu'à la connaissance des phénomènes.
Nous examinerons, en nous plaçant à ce point de vue, ce qu'il a pensé de l'âme, du monde et de Dieu, ce qu'on peut appeler en ne tenant compte que des choses affirmées, la Psychologie rationnelle, la Gosmolog'ie et la Théodicée de Gondillac.
Vâme.
On peut ramener aujourd'hui à quatre les principales solutions proposées à propos de la nature de l'âme : les matérialistes font des phénomènes psychologiques un produit de la substance corporelle; les phénoménistes nient qu'il y ait une substance ou matérielle ou spirituelle donnant naissance à ces phénomènes ; les positivistes se bornent à l'étude des phénomènes et ne croient devoir affirmer quoi que ce soit sur l'existence ou la non-existence des substances spirituelles ou matérielles. Enfin les spiritualistes affirment l'existence d'une substance distincte du corps, une, identique, simple, indivisible, à laquelle ils rapportent les phénomènes psychologiques.
On ne saurait confondre la théorie de Gondillac avec aucune de ces doctrines, quoiqu'on puisse, en la considérant superficiellement, être tenté de la ramener à l'une d'elles. On le prendrait en eflet pour un phénoméniste