LA MÉTAPHYSIQUE CXI
si l'on se bornait aux textes où il dit que « la pensée substantielle, qui n'est aucune des modifications de rame, mais qui est elle-même capable de toute sorte de modifications et que Malebranche a prise pour l'essence de V esprit j n'est qu'une abstraction réalisée ' » ; où il affirme que les facultés qu'on appelle entendement et volonté ne sont que des abstractions réalisées*. Les positivistes pourraient le considérer comme un des leurs s'ils s'en tenaient aux passages où il assure que nous ne pouvons comprendre la nature de notre être', parce que nous ne pouvons ni par la sensation, ni par l'abstraction, pénétrer dans la nature des substances*. On a même quelquefois, en ne tenant compte que de sa théorie de la connaissance mal interprétée, essayé de montrer en lui un matérialiste s. Enfin il serait encore permis de ne voir en lui qu'un spiritualiste; il suffirait de tenir compte uniquement des réfutations qu'il a faites à plusieurs reprises du matérialisme®.
Quelle est donc sur ce point la véritable doctrine de
1. Traité des animaux, 180, n. 1. Cf. Cousin, série, I, t. III' p. 144; Robert, 297.