CXII CONDILLAC
Condillac? Dès son premier ouvrage, il affirme nettement. la distinction de l'âme et du corps; il se sépare de Locke, à qui il semblait (ju'il nous sera peut-être éternellement impossible de connaître si Dieu n'a point donné la puissance de penser à quelque amas de matière, disposée d'une certaine façon. Les raisonnements fondés sur l'ignorance de l'essence et de la nature de la matière sont, dit-il, tout à fait frivoles. Il suffit de remarquer que le sujet de la pensée doit être un. Or, un amas de matière n'est pas un ; c'est une multitude. Et Condillac montre que le corps, en tant qu'assemblage et collection, ne peut être le sujet de la pensée; qu'on ne peut pas non plus diviser la pensée entre toutes les substances dont le corps est composé : car, pour que la comparaison puisse se faire, il faut un point de réunion, un sujet simple et indivisible, en un mot une ame'.
Les mêmes idées se retrouvent dans presque tous ses ouvrages : la statue n'a aucune idée de la rnatièi'e, fait-il remarquer aux philosophes à qui il parait si évident que tout est matérier; il ne comprend pas ce qu'on pourrait entendre avec Buiïon par des sensations corporelles'; il distingue la sensation produite à l'occasion d'un mouvement dans les organes, du mouvement lui-même, et la substance qui sent, l'âme simple et sans composition, de la substance étendue ou du corps*; il n'admet pas qu'il suffise de subtiliser le corps pour comprendre qu'il est