LA MÉTAPHYSIQUE CXI II
le sujet de la pensée*. Enfin il croit démontrer avec une évidence égale la distinction de l'âme et du corps, et la proposition géométrique que la mesure du triangle est le produit de sa hauteur par la moitié de sa base'. Condillac n'est donc ni phénoméniste, puisqu'il admet l'existence d'une substance servant de sujet à la pensée, ni matérialiste, puisqu'il croit que cette substance est absolument distincte du corps. Il doit donc être rapproché des spiritualistes. Mais son spiritualisme se distingue nettement du spiritualisme moderne. Une àme connue par la conscience comme un être distinct du corps, comme le sujet de la pensée, comme la cause des modifications qui se produisent en elle et des mouvements de son corps, comme une force simple, active, libre et immortelle : voilà ce qu'est pour les spiritualistes le principe de la pensée^. Condillac est beaucoup moins bardi dans ses affirmations. L'âme est une substance qui sent, elle est distincte du corps; la foi nous promet une autre vie. La raison prouve que notre âme est immortelle *, car elle est capable de mérite et de démérite et elle n'a dans cette vie ni des biens ni des maux proportionnés à ses actes : elle doit donc survivre au