‹ Traité des sensations, première partieChapitre 108 sur 190 · CXIV CONDILLAC · texte numérisé non relu

CXIV CONDILLAC

corps pour recevoir la récompense de ses vertus ou la punition de ses vices. Nous sentons que notre âme a des perceptions, c'est-à-dire qu'elle éprouve quelque chose quand les objets font impression sur les sens'; nous sentons* qu'il y a en nous un principe de nos actions, nous en avons quelque sorte d'idée et nous l'appelons force* : Voilà tout ce que Condillac croit pouvoir dire de Tâme dans l'état présent. Il distingue en effet, par rapporta l'âme, trois états différents : l'un où elle commandait aux sens et où elle avait des idées qu'elle ne devait qu'à elle; un second dans lequel Dieu, en punition de sa désobéissance, lui a enlevé cet empire et l'a rendue dépendante des sens : c'est celui où nous nous trouvons actuellement; enfin un troisième, celui dans lequel elle se trouvera après cette vie. Or, il est inutile de vouloir deviner les facultés que Dieu nous a enlevées et qu'il ne doit nous rendre qu'après cette vie*. Il nous est d'ailleurs impossible d'aller, au moyen de l'expérience, au delà des notions sommaires que nous venons de résumer.

Ainsi il est évident que le corps n'est que la cause occasionnelle des sensations de l'âme ; il est évident que l'âme, unie actuellement à un corps, a conscience d'elle-même. Mais nous ne savons pas si une âme qui n'a pas été unie à un corps se sent déjà elle-même ; et de plus l'âme qui se sent actuellement ne se sent pas indé-

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