CXX CONDILLAC
des corps que les mouvements qu'ils exécutent ou leurs qualités, c'est-à-dire les rapports qui s'établissent entre eux et nous. Mais Gondillac se sépare absolument des phénoménistes en affirmant que le mot substance entendu comme sujet des qualités corporelles est un nom donné à une chose que nous savons exister, quoique nous n'en ayons point d'idée*; en affirmant également que nous sommes sûrs* de l'existence de cette cause des mouvements observés en dehors de nous; en montrant enfin, grâce à l'évidence de fait et l'évidence de raison combinées', qu'il y a des corps, c'est-à-dire des causes qui, agissant sur nous, produisent ces phénomènes qui nous apparaissent comme des qualités.
En raison même de ces affirmations il semble bien qu'on ne saurait non plus faire de Gondillac un idéaliste, puisqu'il voit dans le monde extérieur un ensemble de causes qui produisent du mouvement ou en dehors de nous ou en nous. On en sera complètement convaincu, si l'on veut bien se rappeler ce que Gondillac dit de la distinction de l'àme et du corps*. Les corps dit-il, ne sont figurés, mobiles, sonores, etc., que parce qu'ils sont étendus. L'étendue est donc la propriété qui les distingue, c'est-à-dire la qualité qui leur est tellement propre, qu'elle ne saurait convenir à d'autres choses.