‹ Traité des sensations, première partieChapitre 116 sur 190 · LA MÉTAPHYSIQUE CXXI · texte numérisé non relu

LA MÉTAPHYSIQUE CXXI

Les autres qualités supposent cette propriété et n'en sont que des modifications. On peut donc définir le corps une substance étendue. De môme l'âme ne juge, ne raisonne, ne désire et ne veut que parce qu'elle a des sensations. Sentir est donc la propriété de l'âme, toutes les autres facultés n'en sont que des modifications et on peut définir l'âme une substance qui sent. Mais il suffît de considérer que l'étendue et la sensation sont deux propriétés incompatibles, pour être convaincu que la substance de l'âme et la substance du corps sont deux substances absolument différentes.

Gondillac n'est donc ni phénoméniste ni idéaliste; il serait encore plutôt ici une sorte de positiviste ne trouvant de science certaine que dans les phénomènes et leurs liaisons, mais affirmant avec les métaphysiciens l'existence des substances et croyant même, sans en pénétrer l'essence, pouvoir juger, d'après les propriétés à nous connues, qu'il y a entre elles une différence absolue. On reconnaît aisément encore l'influence de Descartes à côté de celle de Locke.

Dieu.

La métaphysique nous élève au delà de ce que nous voyons et sentons; elle nous élève jusqu'à Dieu et forme cette science que nous appelons la théologie naturelle'. La raison peut à elle seule élever les hommes à la connaissance d'un seul Dieu : c'est ainsi qu'Anaxagore, persuadé que la matière ne saurait se mouvoir, ni s'arranger d'elle-même, reconnut pour premier prin-

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