‹ Traité des sensations, première partieChapitre 117 sur 190 · CXXII CONDILLAC · texte numérisé non relu

CXXII CONDILLAC

cie un esprit intelligent et absolument immatériel'. Il ne lui a manqué que de découvrir la création*. Ce que les anciens ont pu faire sans le secours de la révélation, nous pouvons le faire nous-mêmes; ce qu'ils n'ont pas découvert, nous pouvons le trouver, grâce aux progrès de la raison, pourvu toutetois qu'il s'agisse de choses accessibles à l'intelligence humaine.

Mais comment acquérons-nous la connaissance de Dieu ? Il ne saurait être question d'une idée innée pour expliquer la croyance des hommes à la divinité; un jeune homme de Chartres, sourd et muet jusqu'à vingttrois ans, déclara aux théologiens qui l'interrogeaient qu'il n'avait point d'idée de Dieu'. Nous ne pourrons donc pas connaître la nature de Dieu; nous connaîtrons uniquement, comme pour les autres êtres, les rapports qu'il a avec nous. Il faut renoncer, pour établir l'existence de Dieu, aux arguments que les Cartésiens tiraient de l'idée d'un être infiniment parfait*; car cette idée, qui renfermerait selon les Cartésiens une infinité de réalités, est l'ouvrage de l'imagination ; et de tels

i. Anaxagore a-t-il séparé complètement l'esprit de la matière, c'est ce que n'accordent pas tous les historiens de la philosophie. Cf. sur ce point Zévort, Dissertation sur la vie et la doctrine d' Anaxagore ; Ueberweg, Grundriss der Gesc/iichte der Philosophie, I, 77 ; Zeller, die Philosophie der Griechen, 1, 890, etc.

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