éditiou : « donc
i. Voyez page 147 et Introduction, p. XI.
pu en être retiré par les raisonnements de Locke sur un aveugle-né à qui on donnerait le sens de la vue; et je soutins contre ce philosophe que l'œil juge naturellement des figures, des grandeurs, des situations et des distances.
Vous savez, Madame, à qui je dois les lumières qui ont enfin dissipé mes préjugés, vous savez la part qu'a eue à cet ouvrage une personne qui vous était si chère, et qui était si digne de votre estime et de votre amitié*. C'est à sa mémoire que je le consacre et je m'adresse à vous, pour jouir tout à la fois et du plaisir de parler d'elle, et du chagrin de la regretter. Puisse ce monument perpétuer le souvenir de votre amitié mutuelle, et de l'honneur que j'aurai eu d'avoir part à l'estime de l'une et de l'autre ' !
Mais pourrais-je ne pas m'attendre à ce succès, quand je songe comhien ce traité est à elle ? Les vues ' les plus fines qu'il renferme, sont dues à la justesse de son esprit et à la vivacité de son imagination; qualités qu'elle réunissait dans un point où elles paraissent presque incompatibles. Elle sentit la nécessité de considérer séparément nos sens, de distinguer avec précision les idées que nous devons à chacun d'eux, et d'observer avec quels progrès ils s'instruisent et comment ils se prêtent des secours mutuels.
Pour remplir cet objet, nous imaginâmes une statue organisée intérieurement comme nous, et animée d'un esprit privé de toute espèce d'idées. Nous supposâmes
1. C'est elle qui m'a coaseillé l'épigraphe : Ut potero, explicabo, etc. — Voici cette épigraphe : Ut potero explicabo : nec tamen, ut PythiusApoLlocertautsint et fixa,qiiœ dixero: sed, ut homunculus, probabilia conjectura sequens. {Cic^Tusc, qusest. /, ch. 9.)