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CHAPITRE PREMIER

Des premières connaissances d'au homme borné au sens de Podorat.

1. La statue bornée à l'odorat ne peut coaoaitrc que les odeurs. — 2. Elle n'est, par rapport à elle, que les odeurs qu'elle seut. — 3. Elle n'a aucune idée de la matière. — 4. On ne peut pas être plus borné daus ses connaissances.

§ 1. Les connaissances de notre statue- bornée au sens de l'odorat ne peuvent s'étendre qu'à des odeurs. Elle ne peut pas plus'avoir les idées d'étendue, de figure, ni de rien qui soit hors d'elle, ou hors de ses sensations, que celles de couleur, de son, de saveur.

§ 2. Si nous lui présentons une rose, elle sera par

1. Il faut se rappeler que, selou Condiliac, c'est au loucher joint au mouvement que primitivement nous devons la connaissance de quelque chose qui n'est pas nous.

2. Il faut se rappeler qu'il s'agit d'une statue organisée intérieurement comme nous et auimée d'un esprit privé de toute espèce d'idées, — l'extérieur, tout de maibre, ne lui permet l'usage d'aucuu de ses sens, — et on commence par ouvrir l'odorat aux différentes impressions dont il est susceptible. (P. 178-179.;

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rapport à nous une statue qui sent une rose; mais par rapport à elle, elle ne sera que l'odeur même de cette fïeur.

Elle sera donc odeur de rose, d'œillet, de jasmin, de violette, suivant les objets qui agiront sur son organe. En un mot, les odeurs ne sont à' cet égard que ses propres modillcations ou manières d'être; et elle ne saurait se croire autre chose, puisque ce sont les seules sensations dont elle est susceptible.

§ 3. Que les philosophes à qui il parait si évident que tout est matériel, se mettent pour un moment à sa place, et qu'ils imaginent comment ils pourraient soupçonner qu'il existe quelque chose qui ressemble à ce que nous appelons matière*.

§ 4. On peut donc déjà se convaincre qu'il suffirait (l'augmenter ou de diminuer le nombre des sens', pour nous faire porter des jugements tout différents de ceux qui nous sont aujourd'hui si naturels; et notre statue, bornée à l'odorat, peut nous donner une idée de la classe des êtres dont les connaissances sont le moins étendues.

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