‹ Traité des sensations, première partieChapitre 38 sur 190 · SON ÉCOLE XLV · texte numérisé non relu

SON ÉCOLE XLV

Langue des calculs, nous n'avons ni la Langue de la métaphysique, ni la Langue de la morale; Condillac a laissé, comme Descartes, son œuvre interrompue.

L'école de Condillac. . ^ —

Diderot, d'Alembert, Helvétius, Rousseau ont fait plus d'un emprunt à Condillac, mais ne sauraient, ni les uns ni les autres, être considérés, même de loin, comme les disciples de Condillac auquel cependant tous doivent })eaucoup plus qu'on n'est d'ordinaire tenté de le croire ' .

Mais l'influence de Condillac a été profonde et durable sur les savants ; aucun philosophe, si l'on en excepte Descartes, n'a inspiré des recherches scientiliques plus fécondes. Il nous suffit d'en rapporter quelques exemples. Le créateur de la chimie moderne, Lavoisier, se réclame de Condillac; c'est en appliquant l'analyse recommandée par Condillac qu'il a fait ses grandes découvertes, c'est en essayant de perfectionner le langage de la chimie que son ouvrage s'est transformé insensiblement dans ses mains'. C'est en s'appuyant sur Cou-

1. Cela est vrai même de Rousseau. Ou l'a plus d'une fois préseulé comme l'adversaire de la philosophie de la sensation. Lie qu'il combat eu réalité, ce sont les théories d'Helvétius; mais toute sa vie il admira Coadillac, auquel il ne doute pas que la postérité ne marque une place honorable et distinguée parmi les meilleurs raisonneurs et les plus profonds métaphysiciens de sou siècle. (Emile, II.)

2. Traité élémentaire de chimie et Œuvres complèle.s, passim. Voyez Destult dti Tracy, Mém. de l'Institut, I, thermidor au Yl,

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