LA LOGIQUE XCVII
d'analyse est une véritable synthèse'. » On a souvent depuis Maine de Biran reproduit cette critique : Gondillac a prétendu, a-t-on dit, que la méthode était tout entière dans l'analyse qui, selon lui, comprend la synthèse *. Partout, dit-on encore, on surprend les eflforts qu'il fait pour donner à l'analyse ce qui n'appartient qu'à la synthèse '. Gondillac a prévu cette objection : « 11 est vrai, dit-il dans VArt dépenser *, qu'on fait ordinairement deux méthodes de ce (j[ue je renferme en une seule. On veut que l'analyse ne soit que ce qu'elle signifie littéralement, une décomposition ; et on fait de l'art de composer une méthode à part à laquelle on donne le nom de synthèse. » Et il y a répondu avec une clarté qui ne laisse rien à désirer : a Qu'on raisonne bien * ou mal, il faut nécessairement que l'esprit monte et descende tour à tour; ou pour parler plus simplement, il lui est essentiel de composer, comme de décomposer, parce qu'une suite de raisonne n)ents n'est et ne peut être qu'une suite de compositions et de décompositions. // appartient donc à la synthèse de décomposer comme de composer, et il appartient à l'analyse de composer et de décomposer. 11 serait absurde d'imaginer que ces deux choses s'excluent, et qu'on pourrait raisonner en s'interdisant à son choix