‹ Traité des sensations, première partieChapitre 89 sur 190 · Logique, p. 16. Voyez Eclaircissements, IV · texte numérisé non relu

Logique, p. 16. Voyez Eclaircissements, IV

XGVI CONDILLAG

avoir démêlé tous les objets dont on a saisi la forme et la situation, les embrasser d'un seul regard. Nous ne décomposons que parce qu'un instant ne nous suflit pas pour étudier tous les objets ; mais nous ne décomposons que pour recomposer. L'analyse de la pensée se fait comme celle des objets extérieurs; on en fait la décomposition et la composition en se conformant aux rapports qui sont entre les choses. On procède comme celui qui, voulant connaître une machine, la décomposerait pouicii étudier séparément chaque partie : ayant de chacune d'elles une idée exacte, et pouvant les remettre dans le même ordre où elles étaient, il concevrait parfaitement cette machine parce qu'il l'aurait décomposée et recomposée. Les petites couturières défont et refont la robe qu'on leur donne pouj- modèle et apprennent ainsi à en faire une semblable. Elles savent l'analyse aussi bien que les philosophes.

Ainsi l'analyse recommandée par Gondillac est une méthode de décomposition et de recomposition. Analyser l'eau, par exemple, consisterait à la décomposer pour trouver dans quelle proportion s'unissent l'oxygène et l'hydrogène qui la constituent, puis à prendre de l'oxygène et de l'hydrogène dans les proportions trouvées pour reconstituer l'eau. C'est de cette manière que procède Lavoisier quand il fait une de ses célèbres découvertes. Il peut dès lors sembler que Gondillac n'a fait, en condamnant la synthèse, que supprimer le mot et qu'il a essayé de donner à l'analyse ce que nous donnons d'ordinaire à la synthèse. C'est ce qu'on a soutenu plus d'une fois. « La méthode exclusivement employée et reconmiandée de nos jours, dit Maine de Biran, sous le nom

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