JUL
propre valeur par les Lettres si justement célèbres de Louis. Toutefois les médecins qui se sont chargés de les reproduire, n'ayant pour la plupart publié que des brochures sans importance et sans valeur scientifique, nous n'avons point à nous en occuper ici.
Ce sont les Lettres sur la certitude des signes de la mort de Louis qui ont donné le signal de la réaction contre ceux qui, entraînés par l'exemple, soutenaient l'incertitude des signes de la mort. L'opinion contraire fut presque aussitôt proclamée et restera désormais comme un témoignage du succès remporté par la raison et l'expérience, sur l'ignorance et la mauvaise foi. Cet ouvrage, quoique fort incomplet aujourd'hui, reste encore, cependant, le plus remarquable de ceux qui enseignent la certitude des signes de la mort. Il sera difficile de lui enlever ce mérite. Ce sera toujours un modèle de science , de critique et d'observation.
La plupart des m^édecins qui ont cherché dans la mort les preuves de sa réalité ont commis une grave erreur, celle de rester purement anatomistes, là où il fallait s'éclairer des lumières de la physiologie et de la médecine. Près d'un cadavre, ils surveillaient avec impatience l'apparition de.s
premières traces si souvent tardives de sa décomposition, s'estimant ainsi très heureux de pouvoir reproduire ces phénomènes avec fidélité. Qu'estil arrivé de là ? C'est que les signes de la mort sont réduits , pour ces observateurs , à de simples modifications matérielles dont le temps seul peut donner connaissance.
Si, au contraire, animés d'un esprit différent, les médecins eussent cherché, comme Louis le conseille, dans l'homme vivant le guide nécessaire à l'étude de la mort j si en s'interrogeant sur le mécanisme de la vie, ils se fussent demandé : Les causes qui l'entretiennent peuvent-elles suspendre un seul instant leur action sans danger pour l'individu? ils eussent compris que dans l'étude raisonnée des phénomènes de la vie, se trouvait l'indication des premiers signes de la mort.
C'est ainsi que nous allons procéder. La vie est un fait, et ce fait n'est autre chose qu'un acte de nutrition moléculaire, accompli sous l'influence mystérieuse et réciproque du cœur sur les poumons et sur le cerveau.
La vie s'éteint, et cet acte cesse de s'accomplir lorsqu'un des trois organes , que nous venons de citer, suspend sa fonction, les autres ne tardant pas à l'interrompre à leur tour.
s 4 DES SIGNES DE LA MOUT.
Il faut, en conséquence, s'appliquera découvrir le moment précis de la mort particulière du cerveau , du poumon et du cœur, pour bien juger de la mort générale d'un individu. Or, il existe plusieurs phénomènes faciles à saisir qui annoncent la cessation définitive du jeu de ces organes. Ces phénomènes sont évidemment les premiers et les plus importants des signes de la mort. Ils sont certainement beaucoup plus utiles à consulter qu'aucun de ceux qui ont été signalés jusqu'à ce jour. On doit s'étonner de ne pas les voir occuper la première place dans les divers mémoires qui ont rapport à ce sujet.
Je diviserai tous les signes de la mort en deux catégories, d'après l'instant de leur manifestation. La première comprend les signes immédiats, et le terme que j'ai choisi me dispense de tout commentaire 5 la seconde renferme, au contraire, les signes qui se manifestent un peu plus tard, et que pour cette raison j'appellerai signes éloignés.
Je m'efforcerai d'indiquer, en passant, la valeur de chacun de ces signes et leur degré de certitude, afin de spécifier, d'après leur importance, la place qu'ils doivent occuper les uns à l'égard des autres.
§ i. gîgnes immédiats de la mort.
Les signes immédiats de la mort résultent de l'observation attentive et réfléchie des phénomènes qui annoncent la cessation des fonctions du cœur, du poumon et du cerveau.
1° Signes immédiats de la cessation des fonctions du eœur.
Les signes immédiats qui annoncent la cessation des fonctions du cœur sont :
A. L'absence prolongée des battements du cœur à l'auscultation:
B. La face cadavérique 3