‹ Traité des tumeurs bénignes du seinChapitre 26 sur 84 · DIFFÉRENTES OPINIONS ÉMISES SUR L'ORIGINE DES KYSTES. U · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTES OPINIONS ÉMISES SUR L'ORIGINE DES KYSTES. U

moins massifs de la tumeur, se mouvant les uns sur les autres, seraient la cause du développement de ces cavités anormales. Plus tard, ces lacunes formées, comme on le voit, par suite d'un travail entièrement mécanique, deviendraient, à un moment donné, le siège d'une exhalation plus ou moins abondante de sérosité, exhalation qui serait occasionnée par différentes sortes de traumatisme. Il se produirait donc dans ce cas une espèce d'hygroma. En résumé, dans une première période, les kystes lacuneux seraient des bourses muqtœu^esj et, dans la seconde période de leur développement, ils constitueraient de vmtables hygromm à marche plus ou moins aiguë.

Cette théorie, avant d'être développée par M. Broca, avait été plus spécialement mise en lumière par M. Verneuil, qui, dans une discussion à la Société de chirurgie, reconnaissait trois sortes de kystes dans la mamelle, en tenant compte de leur mode de développement. 1° Dilatation des conduits galactophores ; 2'' Dilatation des grains glanduleux, qu'ils aient ou non conservé leur connexion avec les canaux excréteurs;

3° De vériUibles hygromas, situés soit à la périphérie de la glande, soit dans son centre, et coïncidant alors avec ce que cet auteur appelle hypertrophie partielle. Il faisait remarquer, en effet, que la mamelle atteinte d'induration hypertrophique réalisait merveilleusement les conditions qui président au développement de ces bourses séreuses. C'est surtout ce dernier point de vue qui a été développé dans la thèse de M. Massot, faite sous Tinfluence de M. Verneuil.

Quels sont les cai^aclères extérieurs de ces kystes lacuneux, comparés par MM. Verneuil et Massot à de véritables hygromas? Ces kystes se rencontrent, avons-nous

lis ANATOMIE PATHOLOGIQUE.

dit, dans des tumeurs volumineuses, plus ou moins mmelonnées et divisées plus ou moins profondément ji des couches de tissu conjonctif lâche. Ces lacunes souven; anfractueuses, irrégulicres et même multiloculaires, présentent quelquefois sur leurs bords des travées de ù^ conjonctif qui, par leur saillie, rappellent les colonD»^ charnues du cœur. La substance glandulaire adjacente fait souvent hernie, sous forme de gros champignons oii bien de petites masses arrondies multiples, quelquefe nettement pédiculées. Enfin, d'après M. Broca, quellesqu^ soient la forme et la dimension des lacunes, il n'exisijamais à leur face interne de revêtement épithélijl. Tet sont les caractères les plus habituels que ces auteurs leui attribuent.

La plupart de ces caractères sont vrais et onl él-^ bien observés. Mais est-il absolument démontré quil n'existe pas de revêtement épithélial sur la face interne de ces cavités lacunaires? et, si on n*en a pas trouvé, l'absence de cet épithélium ne serait-elle pas due à un défaut de soin dans la conservation des tumeurs? h chose n'est pas douteuse; car, lorsqu'on a pris des soins convenables, on retrouve constamment un revêtemenl épithélial sur les parois des kystes dits lacunaires même les plus volumineux. D'un autre côté, si on ne trouvait jamais de kystes lacuneux dans les tumeurs de petit volume, ou si ceux que l'on y rencontre n'existaient jamais qu'à la périphérie et tout à fait en dehors du tissu glandulaire modifié, on pourrait peut-être ne pas rejeter absolument la pathogénic donnée par MM. Lebert, Verneuil et Broca. Mais, comme nous le verrons plus tard, ces lacunes existent en voie de formation même dans les trèspetites tumeurs. Dans ces lacunes, mieux encore que dans

Page 1