‹ Traité des tumeurs bénignes du seinChapitre 4 sur 84 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

ce qui nous a permis de rapprocher intimement l'interprétation clinique de l'étude des faits anatomo-pathologiques.

Je pense que cette méthode de travail, consistant à associer les efforts d'hommes arrivés à des périodes différentes de leur vie scientifique, est celle qui présente le plus de chance de réunir les avantages d'une expérience clinique déjà longue à ceux que donnent les notions d'un ordre spécial, apanage presque exclusif des savants qui vivent dans les laboratoires.

Nous avons limité noire sujet à l'examen des iU' meurs bénignes du sein, laissant de côté à dessein les maladies inflammatoires de cet organe et les tumeurs cancéreuses qu'on y observe en si grand nombre. Si nous avons ainsi restreint notre tâche, c'est que cette partie de la question était la plus incomplète du livre classique de Velpeau et celle qui demandait la première à être mise au courant de la science.

Nous n'avons cependant pu laisser de côté certains points de l'histoire des tumeurs cancéreuses du sein. Nous avons dû tout d'abord, à l'occasion de l'anatomie pathologique, indiquer les caractères qui différencient les tissus du cancer du sein de ceux que l'on trouve dans certaines tumeurs, placées à la limite des tumeurs bénignes et des tumeurs malignes.

Plus tard, nous en avons parlé longuement, à l'occasion du diagnostic : nous avons dû alors rechercher avec un soin minutieux tous les éléments pouvant permettre de distinguer les unes des autres ces diverses

INTRODUCTION. xi

tumeurs, dont les conséquences sont si différentes.

La perfection de ce diagnostic différentiel était en effet un des résultats que nous devions nous proposer d'atteindre dans nos recherches, et qui devait leur donner une grande utilité pratique.

Certes nous aurions pu, à la rigueur, compléter notre ouvrage par la description des tumeurs cancéreuses. Si nous ne l'avons pas entrepris, malgré le nombre considérable d'observations que nous avons déjà recueillies, c'est qu'il nous a paru nécessaire, pour fournir des faits nouveaux et suffisamment établis sur ce point si magistralement traité par Velpeau, d'attendre quelques années encore, afin de poursuivre l'étude d'un certain nombre de nos malades. Notre intention est de mettre en œuvre ces matériaux, mais nous ne le ferons que lorsque le temps leur aura apporté une consécration indispensable, qui permette d'en tirer des conclusions légitimes.

Nous avons adopté le nom de tumeurs bénignes^ sans y attacher une importance particulière. Dans le langage scientifique, il faut des termes de convention, sur lesquels tout le monde puisse s'entendre, après explication.

Lorsqu'on est dans l'impuissance d'employer une dénomination irréprochable, il est préférable de choisir une expression vague, qui n'entraîne à sa suite aucune conséquence doctrinale.

Le nom (ïadénome^ qui est le dernier ternie scientifique adopté, a le grave inconvénient de supposer

Page 1