ÉVOLUTION CLINIQUE
des inconvénients, lorsqu'on les emploie d'une façon exclusive. En les combinant on peut, nous le croyons du moins, rendre la description de révolution morbide plus rapide et cependant ne pas laisser de côté une analyse minutieuse de chacun des symptômes, analyse qu'il est si important de ne pas nog:liger. On réunît ainsi les avantages de la synthèse à ceux de l'analyse.
1o Début des tumeurs glandulaires. Vue d'ensemble de leur évolution
clinique.
Les malades qui ont ou qui voni avoir une tumeur dite adénoïde du sein éprouvent, le plus souvent, dans la glande mammaire quelques sensations vagueSy subjeetiveSy à peine perceptibles, mais qui quelquefois deviennent au contraire assez violentes pour revêtir le caractère névralgique.
Fréquemment aussi, au moment des règles, il leur semble que le sein est plus dur y plus gonflé; elles éprouvent un sentiment de plénitude et de tension de cet organe; d'autres fois, au contraire, mais ce fait est bien plus rare que le précédent, le flux menstruel amène à chaque période, s'il est régulier, une sensation de soulagement remarquable.
Averties, inquiétées par ces phénomènes mal déterminés, hîs malades n'ont leur attention mise sérieusement en éveil que par un efl'el du hasard ou bien à l'occasion d'un coup, quelquefois insignifiant. Elles s'aperçoivent alors qu'elles portent dans le sein une tumeur dont le volume est le plus habituellement assez petit, au moment où sa présence est constatée pour la première fois.
Assez souvent, la forme de celte tutneur est régulière-
38â SYMPTOMATOLOGIE.
ment arrondie ou ovoWe^ et, si pendant quelque temps il est difficile de la délimiter nettement du tissu mammaire au milieu duquel elle se perd, elle ne tarde pas à s'en dégager, à s'isoler du tissu de la glande; alors sa forme, sa consistance, ses rapports avec les différentes parties de la mamelle, sa mobilité sous la peau et sur les parties profondes deviennent évidents.
On constate a ce moment que, si sa périphérie présente de légères bosselures^ elle est restée lisse au toucher. Sa consistance est dure, presque élastiquCy et se diffîérencie très-manifestement de celle du tissu mammaire normal qui l'entoure.
Glissant sur les parties profondes^ ce qui permet de l'en isoler facilement, elle roule aussi avec la mémefa^ cilité sous la peau avec laquelle elle ne contracte d'adhérences que trùs-tardivement, si même on peut dire jamais qu'il s'agisse d'adhérences véritables dans ce cas. Ce fait ne se produit que lorsque le volume de la tumeur est devenu considérable.
Elle est reliée au tissu propre de la glande par un pédicule plus ou moins volumineux, plus ou moins manifeste, qu'il est possible pendant longtemps de retrouver. D'autres fois, mais assez rarement, ce lien, sur la nature et la formation duquel nous nous sommes suffis^imment étendu dans une autre partie de notre travail, a cessé d'être perceptible; la tumeur est alors parfailement isolée et devient complètement isolablo par les manœuvres exploratrices.
Cette tumeur est soumise à certaines influences fonctionnelles. Ainsi, pendant que durent les règles, elle devient plus tendue et douloureuse à la pression, tandis que le plus souvent elle ne Tétait pas en dehors de ce moment.