‹ Traité des tumeurs bénignes du seinChapitre 59 sur 84 · MARCHE ET PRONOSTIC DU SARCOME · texte numérisé non relu

MARCHE ET PRONOSTIC DU SARCOME

partie, correspondant au voisinage de la mamelle, offre des dilatations des ciils-de-sac et des cavités kystiques avec productions papillaires qu'on ne rencontre pas dans la tumeur sarcomateuse précédemment décrite.

Ce qui nous a paru surtout intéressant dans ce cas, c'est la récidive de la tumeur, composée primitivement de cavités kystiques; elle donnait lieu, un an plus tard, à une tumeur presque exclusivement sarcomateuse.

Nous ne pouvons rien dire de ce que deviennent les mtjxomes du sein abandonnés à eux-mêmes. Dans l'observation personnelle que nous rapportons, la marche du processus morbide a été rapide et la tumeur s'est développée en quelques mois. Ce fait ne doit pas surprendre, car on sait, que si des végétations de fibromes ou de sarcomes subissent l'altération muqueuse, le développement de ces parties se fait plus vite que dans le cas où le tissu primitif persiste avec les caractères qui lui sont propres.

L'observation que nous devons à M. le docteur Langlet prouve que les myxomes peuvent envahir la peau et en produire l'ulcération. Nous ne connaissons pas de faits que Ton puisse citer comme exemples venant démontrer la possibilité de la généralisation de tumeurs myxomaleuses.

Quant à la récidive, voilà les éléments que nous possédons. Notre malade (Observation XXII) est dans un état parfait de santé, plus de deux ans après ropéralion. L'opérée de M. Langlet était dans les mêmes conditions, dix-huit mois après l'ablation de sa tumeur.

Les êpilhéliomas intra-canaliculaires ont en général un accroissement lent et régulier, dans Télat ordinaire des

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choses. Bfais il paraîtrait, d'après le fait cité par Billroth, qu'il n'en est pas toujours ainsi lorsqu'une cause d'irritation intervient et modifie les conditions de nutrition de la glande mammaire. C'est peut-être à la même cause qu'il faut rapporter la marche rapide de la tumeur qui a été observée par Waldeyer et que cet auteur rattache au cancer vrai» bien qu'il nous semble possible d'émettre des doutes sur la véritable natui-e de cette tumeur; à notre avis, on peut la considérer comme un exemple d'épithélioma intra-canaliculaire (i).

En dehors de ces conditions défavorables, dues au volume de la masse morbide, ou bien encore à l'existence de certaines irritations physiologiques de la glande qui peuvent se présenter, eu égard à l'âge peu avancé des malades chez lesquelles se développent ces tumeurs, on peut dire que la marche lente de ces épithéliomas inlracanaliculaires et le peu de tendance qu'ils présentent^ imiliant longtemps, à dépasser la zone conjonctive qui les sépare des lacunes lymplmtiqueSy leur assure une bénignité assez grandCy relative il est vrai; mais elle disparaît, en effet, dès que la barrière épaisse qui forme la capsule fibreuse, est dépassée.

Nous devons avouer que les faits obsen'és par nous ne sont pas assez nombreux pour que, en dehors des conditions anatomiqucs sur lesquelles nous avons suffisamment insisté, nous puissions étabhr des lois générales.

(I) Waliloycr, Ardiives de Virchow, t. LI. Berlin, 1872.

Lu tumeur anipulce avait le volume du poing; on pouvait à la coape faire une triple distinction; une partie était formée par du tissu inaminaire normal, une autre par un noyau squirrlieux, (p*os comme une noix, appliqué immédiatement sur le tissu glandulaire sain, en troisirme lieu un espace traversé de lacunes kystiques, à Tintérieur desquelles il y avait une abondance de matière médullaire en voie de dégénération.

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