VII
Dans le chapitre VH, l’auteur examine les lésions des cartilages et, comme pour toutes les autres, assigne leur point de départ et leur marche. Ces explications n’ont été fournies jusqu’à présent par aucun auteur ; nous vous ferons surtout remarquer ce qui concerne l’érosion ou ulcération, sur laquelle on a tant discuté : elle prend son origine dans l’existence constante d’une couche d’exsudation solide, signalée dans l’anatomie pathologique.
Les chapitres II à VII sont entièrement corrélatifs à la première moitié de l’anatomie pathologique. Ils en forment le complément, la conclusion. Ils expliquent la formation et la filiation des lésions décrites précédemment.
Dans le chapitre VIII, l’auteur, qui a établi la nature et les lésions des tumeurs blanches, les délimite en s’appuyant sur ce qu’il a démontré et les sépare de toutes les affections analogues ou voisines. Ce chapitre fournit sa base au diagnostic. Il se termine par la définition de la maladie. « La tumeur blanche, » dit notre collègue, est une inflammation chronique des tissus articulaires, » avec production de tissu cellulo-vasculaire et souvent de pus. » Cette définition résulte de tout ce qui précède; elle est basée sur celle donnée antérieurement de l’inflammation; elle a le mérite d’être courte et précise; elle a celui aussi, si toutefois c’en est un, de n’avoir encore été donnée par aucun auteur.
Le chapitre IX traite des tumeurs blanches tuberculeuses et cancéreuses. L’auteur se demande si elles rentrent dans la définition qu’il a donnée et le démontre. Il prouve que la manière dont on explique généralement l’évolution des tubercules est erronée ; selon lui , ils ont un point de départ commun avec l’inflammation : ce point de départ consiste dans l’existence d’un afflux anormal de sang, avec production d’une exsudation. Il combat quelques-unes des vues de M. Nélaton relativement aux tubercules des os.
Le chapitre X est consacré à l’examen de l’action des causes examinées dans l’étiologie. Ce chapitre est entièrement nouveau par son plan et par son contenu. On y trouve expliqué entre autres, le mécanisme de l’action du froid, du lymphatisme, de la débilité et des maladies constitutionnelles.
Le chapitre XI indique comment l’existence des lésions anatomiques amène les principaux symptômes. Il y est fait mention surtout de ces douleurs si remarquables que l’on rencontre dans des parties éloignées du siège de la maladie, généralement au-dessous, rarement au-dessus. L’auteur indique fort bien les caractères de ces douleurs ; il en rapproche celles ressenties dans le ventre et les parties génitales, dans le mal de Pott. Selon lui, elles reconnaissent pour cause une névralgie déterminée par la compression qu’exerce l’exsudation sur les nerfs qui l’avoisinent, quelquefois une névrite, l'irritation s’étant transmise au nerf. Ce chapitre est terminé par ce qui est relatif à l’œdème, à la gangrène et à l’hémorrhagie.
Dans le chapitre XII, l’auteur explique le mécanisme de la marche du pus dans les tissus, puis celui des déplacements et, des luxations spontanées; il indique le rôle que joue, dans ces cas, l’altération des surfaces articulaires et celle des ligaments ; les luxations ne sont possibles que pour autant que ceuxci soient détruits ou fortement ramollis.
Le chapitre XIII est consacré à l’explication des positions des membres. Trois éléments y prennent part : la contraction musculaire, 1 épanchement intra-articulaire et la position adoptée par le malade. Cette dernière a laquelle M. Bonnet accorde tant d’importance, n’en a que peu selon M. Crocq. L épanchement intra-articulaire n’a non plus qu une action secondaire, exagérée aussi par cet auteur. L’agent principal de la production des positions, c’est la contraction musculaire spasmodique déjà signalée par Hunter et Bell, mais perdue de vue et oubliée depuis. La contraction musculaire spasmodique existe dans toutes les tumeurs blanches à un degré quelconque ; elle constitue l’un des éléments de la maladie. Elle est due à une véritable action réflexe partant de l’articulation malade. Nous ne pouvons trop insister sur ces idées qui sont neuves et qui appartiennent à notre collègue.
Le chapitre XIV traite du marasme, des causes qui amènent la mort dans les tumeurs blanches et du mécanisme de la guérison. Ces considérations résultent immédiatement de l’anatomie pathologique; elles en sont des applications.
Les chapitres XV, XVI et XVII contiennent l’application aux diverses tumeurs blanches en particulier des principes émis dans le chapitre XIII. Ces chapitres sont tout aussi neufs et aussi remarquables que celui-ci. Nous y signalerons seulement l’explication des positions du bras dans la tumeur blanche de l’épaule et surtout celle des positions du membre inférieur dans la coxarthrocace. Quant à celles-ci, notre collègue démontre que tous les auteurs qui l'ont précédé, y compris M. Bonnet, ne sont pas parvenus à en donner une explication satisfaisante; elle ne peut être demandée qu’à la contraction musculaire spasmodique. Cette contraction explique parfaitement l’allongement et le raccourcissement apparents, sur lesquels M. Crocq insiste beaucoup.
Dans le chapitre XVIII, il expose le mécanisme des luxations spontanées du fémur. Ce chapitre est corrélatif au chapitre IX de la section II où les lésions qui les accompagnent étaient décrites. Il démontre qu’elles ne peuvent exister que s’il y a à la fois destruction des ligaments et destruction du rebord cotyloïdien. Ses explications dépassent de beaucoup en précision et en netteté, tout ce qu’on a dit jusqu’à présent sur ce point.
Le chapitre XIX expose, selon les mêmes principes, la production des positions dans la tumeur blanche sacro-iliaque.
Enfin le chapitre XX complète la section en indiquant tout ce qui appartient spécialement aux tumeurs blanches du rachis. L’auteur croit, contrairement à l’opinion généralement reçue, que le mal de Polt débute souvent par l’appareil ligamenteux du rachis et que c’est par extension que les os deviennent malades. Cette opinion est étayée sur de nombreux arguments. Il décrit avec détails le mécanisme de la production des gibbosités, des déplacements et des luxations des vertèbres; il examine les lésions de la moelle épinière et la production de la paralysie. Enfin il indique les mouvements réflexes des parties paralysées.
Ceci suffira, nous pensons, Messieurs, pour vous donner une idée de cette importante section qui a été traitée avec beaucoup de soin par notre collègue. Indépendamment des recherches neuves qu’elle renferme, elle a le mérite de
relier très-bien les unes aux autres les diverses sections et d’en faire un ensembh
ayant son unité et sa raison d’être.
SECTION V. — Symptomatologie, diagnostic et pronostic.
Cette section est divisée en deux parties : une partie générale où les tumeurs blanches sont considérées dans leur ensemble, dans ce qu’elles ont de commun ; une partie spéciale où chacune d’elles est décrite à part.
Dans le chapitre II, l’auteur discute les divisions et classifications des tumeurs blanches : celles de Bell, de Brodie, de Boyer, de MM. Galbiati, Velpeau, Gerdy, etc. Il démontre l’impossibilité d’établir une classification régulière et l’inutilité de ces classifications qui sont, selon lui, une œuvre scolastique sans but et sans portée. Il se borne à les distinguer scion leur marche et selon les circonstances qui les accompagnent. Il passe ensuite à la division de la marche de la maladie en périodes, et en admet trois : i° période d’inflammation; 2° période de suppuration; 5° période de marasme ou de réparation.
Le chapitre IV est. consacré à l’exposé des symptômes de la première période. Les diverses variétés de la douleur et ses causes sont exposées avec beaucoup de détails et de soins. De là l’auteur passe à l’examen de la contraction musculaire, de la production de fongosités et de pus, de la crépitation, des luxations spontanées et de la lièvre.
Le chapitre V renferme le diagnostic des tumeurs blanches à la première période. Les maladies avec lesquelles l’auteur établit le diagnostic différentiel sont : les douleurs rhumatismales chroniques, la goutte, l’arthrite sénile, l’intlammàtion chronique du tissu cellulaire péri-articulaire, les névralgies, la rétraction musculaire idiopathique, l’ostéite des extrémités osseuses et l’hydarthrose. Les caractères diagnostiques ressortent de la description des symptômes donnée dans le chapitre précédent. Il termine en démontrant l’impossibilité de diagnostiquer, d’après leurs symptômes propres, les tumeurs blanches rhumatismales, syphilitiques, scrofuleuses et tuberculeuses. Ceci vient à l’appui de ce qui a été dit au chapitre II.
Le chapitre VI donne les symptômes et le diagnostic de la seconde période ou période de suppuration. L’auteur les distingue des abcès extra-articulaires, des inflammations chroniques suppuratives du tissu cellulaire et de l’ostéite avec suppuration.
Le chapitre VII décrit les symptômes tels qu’ils se montrent lorsque la tumeur blanche est non pas primitive, mais consécutive à une autre maladie de l’articulation ou des parties voisines.
Le chapitre VIII décrit les symptômes de la troisième période, qui peut être constituée par le marasme ou par la réparation. Il montre comment dans le premier cas arrive généralement la mort, dans le second, la guérison.
Le chapitre IX, supplémentaire du précédent, énumère les phénomènes qui survivent à la guérison, qui constituent en quelque sorte les reliquats de la tumeur blanche: ce sont la raideur, l’ankylose, la rétraction musculaire, la luxation et les douleurs consécutives.
Le chapitre X est destiné à établir le pronostic; il le détermine pour tous le> cas, pour toutes les circonstances qui peuvent se présenter. Le pronostic est considéré successivement d’après les lésions anatomiques, d’après les symptômes, d’après la cause de la maladie, d’après les affections qui la compliquent et d’après son siège. L’auteur établit, en commençant, qu’il peut être considéré au point de vue des dangers pour la vie de l’individu et au point de vue des usages du membre et de la difformité. Ces deux points de vue peuvent se trouver en opposition. Le pronostic, tel que l’établit notre collègue, est beaucoup plus favorable que celui généralement indiqué par les auteurs; il est en rapport avec l’emploi des moyens thérapeutiques qu’il recommande.
La deuxième partie de la cinquième section est consacrée à l’étude des diverses tumeurs blanches en particulier. L’auteur les a rangées selon leur siège; chaque chapitre, réuni aux données générales énoncées précédemment, constitue une véritable monographie de chacune des tumeurs blanches. Il leur applique successivement les principes posés dans la première partie et dans la physiologie pathologique , et montre ainsi comment ces principes sont confirmés par l’observation journalière des faits. Il a traité tout cela avec beaucoup de soin et a surtout insisté sur le diagnostic différentiel de ces affections.
Dans cette partie, nous vous ferons surtout remarquer le chapitre XIX, qui se rapporte aux tumeurs blanches du genou. L’auteur y démontre de nouveau l’inanité des efforts des médecins qui ont cherché à classifier ces maladies et qui ont pris cette articulation pour type et pour point de départ. Il prouve que ce que l’un a rapporté à une variété, l’a été par un autre à une autre variété. Il décrit ensuite avec beaucoup de détails les symptômes de ces maladies si fréquentes, et en donne le diagnostic et le pronostic.
Les chapitres XX et XXI sont consacrés à la tumeur blanche de la hanche. L’importance de cette maladie, sa fréquence, les discussions et les erreurs auxquelles elle a donné lieu, justifient cette extension donnée à son histoire. Le chapitre XX, qui est très-long, renferme la symptomatologie. Après avoir traité avec détails de la douleur et du gonflement, notre collègue arrive à la question si difficile et si controversée de l’allongement et du raccourcissement. Cette partie est corrélative aux chapitres II et IX de la section II, XVII et XVIII de la section IV. Il s’appuye sur les recherches de MM. Bonnet et Nélaton, et
surtout sur celles renfermées dans l’excellent ouvrage de notre savant collègue M. Pigeolet. Partant de ces données, il démontre que l’allongement et le raccourcissement réels ne peuvent exister que s’il y a déplacement. Il fait la critique de toutes les méthodes d exploration usitées et en propose une à la fois exacte et très-simple. S’appuyant sur les résultats fournis par cette méthode, il fixe d’une manière rigoureuse et précise les éléments qu’ils peuvent fournir au diagnostic; il montre quelles conclusions on peut en tirer relativement à l’état
anatomique des parties, ce qui constitue le but définitif de la symptomatologie et du diagnostic. Il divise cette maladie en trois stades: allongement apparent, i accourcissement apparent, raccourcissement réel; ces stades peuvent se combimu de di\ erses manières avec les f rois périodes, qui sont toujours ici celles
indiquées dans les généralités. L’auteur expose ensuite la marche de la seconde période, la formation et l’évolution des abcès. Ce chapitre se termine par l’examen détaillé des difformités que laisse après elle la coxarthrocace.
Le chapitre XXI est consacré au pronostic et au diagnostic de cette tumeur blanche. Ce dernier surtout est exposé avec tout le soin que comporte le sujet. La coxarthrocace y est nettement distinguée de toutes les affections qui pourraient être confondues avec elle.
Les chapitres XXIII, XXIV et XXV sont consacrés aux tumeurs blanches du rachis ou mal de Pott. Les symptômes y sont exposés avec beaucoup de précision; d’abord les symptômes primitifs, puis la gibbosité et la paralysie; toutes les variétés de celles-ci et leurs conséquences sont notées avec soin. Viennent ensuite les caractères fournis par la formation des collections purulentes. Le chapitre XXIV est réservé spécialement au pronostic et au diagnostic, et le chapitre XXV aux tumeurs blanches de l’axis, de l’atlas et de l’occipital.
Ici se termine la symptomatologie. Cette partie a reçu une extension beaucoup plus longue que dans aucun des ouvrages publiés jusqu’à ce jour; il serait difficile de trouver un point qui n’y fût pas traité; le diagnostic différentiel a surtout attiré l’attention de l’auteur. Partout il s’est appuyé sur les données fournies par les sections précédentes, qui acquièrent par là une importance pratique évidente. Cette importance ressortira encore davantage de l’examen de la section suivante.
SECTION VI. — Thérapeutique.
Comme la section précédente, celle-ci est divisée en deux parties : la thérapeutique générale et la thérapeutique spéciale. Ces deux parties correspondent à celles de la symptomatologie.
La thérapeutique générale offre trois grandes séries d’indications : 1° Prévenir la maladie; 2° la guérir lorsqu’elle existe; 5° remédier à ses suites. A ces indications correspondent quatre grandes coupes dans cette partie : 1° prophylaxie ; 2° traitement de la maladie locale, 5° traitement de l’état général; 4° traitement des suites des tumeurs blanches.
La prophylaxie s’appuie sur l’étiologie. Les causes s’attaquent les unes aux articulations mêmes, les autres à des parties éloignées de l’organisme. De là deux ordres de moyens prophylactiques, moyens locaux et moyens généraux. Ces moyens sont indiqués par l’auteur pour les différents cas.
Il passe ensuite au traitement de la maladie en elle-même. Celui-ci comprend les points suivants : 1° traitement local de la première période; 2° traitement local de la seconde période ; 5° traitement interne de ces deux périodes; 4° traitement de la période de marasme ; 5° traitement général.
Dans la tumeur blanche, quatre éléments sont à considérer : 1° afflux anormal de sang; 2° exsudation plastique; 5° organisation du tissu cellulo-vasculaire; 4° production du pus. Chacun de ces éléments apporte avec lui ses indications. Dans la première période, les trois premiers existent seuls et, à so début, il n’y a même que les deux premiers.
Dans le chapitre III, l’auteur démontre que les moyens les mieux appropriés au traitement de la première période, les plus rationnels , sont l’immobilité et la compression. Il examine ensuite : 1° les saignées locales; 2° les émollients ; 5° les narcotiques ; 4° les astringents et l’eau froide; 5° l’incubation ; 6° les résolutifs; 7° les révulsifs. L’importance de ces derniers l’a déterminé à leur consacrer le chapitre IV tout entier. Il apprécie successivement l'influence des rubéfiants, des vésicants et des caustiques; il établit les conditions qui les indiquent, leur mécanisme et leur limite d’action. Il démontre que ces agents doivent être employés comme révulsifs, non comme exutoires, et montre pourquoi certains auteurs les ont blâmés, tandis que d’autres les ont recommandés avec enthousiasme.
Le chapitre V traite des positions à donner aux articulations. Il indique leur importance, qui ressort des principes posés dans les sections précédentes. Voici les conditions qu'elles doivent remplir : 1° les surfaces articulaires doivent se toucher par le plus de points possible ; 2° leurs axes doivent se confondre; 5° la cavité articulaire doit offrir la capacité la moins grande possible; 4° les ligaments, la synoviale et les parties molles en général ne doivent pas être plus distendues d’un côté que de l’autre; 5° les muscles doivent de tous les côtés aussi être également distendus et soumis à la même traction; C° la position doit être telle que s’il survient une ankylosé, le membre rende au malade le plus de services possible. Vient ensuite, pour chaque articulation , la détermination de la position que notre collègue appelle position favorable ou position d’élection. Ce chapitre se termine par l’indication des moyens propres h obtenir et à maintenir les positions favorables.
Le chapitre VI traite de l’application de l’immobilité. L’auteur démontre son efficacité et discute les moyens employés pour l’assurer par les auteurs contemporains.
Le chapitre VII est consacré à la compression considérée abstraction faite de l’immobilité. L’auteur démontre et explique les effets de la compression; il mentionne sur ce point, les idées de Dclavacherie et celles de notre honorable correspondant M. Thirion. 11 décrit les divers appareils compressifs.
Le chapitre VIII est destiné à montrer l’union des deux circonstances les plus favorables du traitement local des tumeurs blanches, la compression et 1 immobilité. Les appareils qui les réunissent doivent remplir deux conditions : 4° la compression circulaire portant également sur tous les points; 2° une rigidité suffisante pour s opposer a tous les mouvements. L’appareil qui réalise le mieux ces conditions est l’appareil amovo-inamovible de notre collègue M. Seutin. L’auteur examine ensuite la modification connue sous le nom de bandage ouaté, employée et décrite par M. Aug. Frédéricq et adoptée par M. Burggraeve.
Le chapitre IX est consacré au traitement interne , en tant qu’il ait rapport à la lésion locale. Les moyens qui le composent sont : 1° des révulsifs ; 2° des résolutifs ou modificateurs. Les premiers sont •. l’émétique, les purgatifs et. les sudorifiques; les seconds sont : 1° les mercuriaux; 2° les iodiques; 3° l’huile de
foie de morue ; 4° le chlorure de baryum. 11 examine en détail l’action de ces divers moyens, la discute et en déduit les indications. Ses explications sur ces points diffèrent beaucoup de celles que l’on adopte généralement.
Le chapitre X traite de la thérapeutique de la seconde période et surtout des moyens à employer dans les abcès. L’auteur démontre que, dans cette période, l’appareil amovo-inamovible est encore le plus convenable. Il signale les modifications que les circonstances doivent y faire apporter. Il discute longuement le point si important et si controversé de l’ouverture des collections purulentes. Il conclut qu’il faut les ouvrir le plus tôt possible au moyen de la lancette, si elles sont peu volumineuses , par la ponction sous-cutanée, si elles sont étendues. Il traite ensuite des injections médicamenteuses et examine leur action ; il insiste surtout sur les injections d’iode, de baume opodeldocli et de nitrate d’argent.
Le chapitre XI est consacré au traitement de l’état général qui accompagne les tumeurs blanches et de leurs complications. II y considère successivement : 1° la débilitation de la constitution; 2° le tempérament lymphatique; 5° la scrofule; 4° la syphilis; 5° la cachexie mercurielle ; 0° le scorbut et 7° l’état pléthorique. Il indique les moyens rationnels que l’on doit opposera ces divers états.
Quant aux complications, celles qui méritent une attention spéciale sont: 1° une autre tumeur blanche; 2° la phthisie pulmonaire; 5° l’irritation des voies gastriques ; 4° une fracture; 5° un phlegmon.
Dans le chapitre XII , l’auteur examine le traitement de la période de réparation. Il se compose d’abord de la continuation des moyens employés dans les périodes précédentes, puis de ceux destinés à prévenir autant que possible l’ankylose. Les derniers sont les bains et les douches qui agissent en même temps comme résolutifs, et les mouvements artificiels imprimés aux articulations. L’auteur discute la question de savoir quand il faut commencer à imprimer des mouvements; c’est, selon lui, lorsqu’cxistent les conditions suivantes: 1° lorsque la pression ne réveille plus de. douleurs en aucun de leurs points; 2° lorsque de très-légers mouvements n’en réveillent pas non plus. 11 repousse, comme n’ayant pas une utilité bien évidente, les appareils de mouvements imaginés par M. bonnet (de Lyon).
Le chapitre XIII traite des suites des tumeurs blanches , qui sont l’atrophie du membre, la raideur et l’ankylose. Celle-ci, on le conçoit, en occupe la partie la plus étendue. L’auteur détermine les cas qui peuvent faire espérer la guérison ; ensuite il parcourt successivement toutes les méthodes employées pour la combattre. Ce sont : 1° l’extension graduelle; 2° l’extension brusque; 5° la section des tendons; 4° l’emploi du chloroforme; o° la résection cunéiforme de la partie ankylosée.
Le chapitre XIV a pour objet le traitement de la période de marasme. Il discute les indications de l’amputation et des résections. Voici quelIes;sont les questions que se pose l’auteur et qu’il résout: « Quand peut-on pratiquer ces » opérations? Quand faut-il les praliquer? Dans quelles circonstances faut-il
, préférer l’amputation et dans quelles circonstances la résection? * il ne faut jamais pratiquer l’amputation dans la première période et très-rarement dans la seconde; dans celle-ci, c’est en quelque sorte une opération de complaisance. Quand la maladie est très-opiniâtre , il faut préférer la résection * pratiquée non selon les procédés décrits par les auteurs, mais de façon à emporter les parties malades et pas davantage. Dans la période de mai asme , au contraire, il faut opérer dès qu’on a constaté que les moyens rationnels n’empêchent pas la maladie de progresser. Il faut toujours préférer la résection, â moins que des circonstances particulières ne la rendent impossible ; alors seulement il faut amputer. Les opérations sont contre-indiquées par les circonstances suivantes : 1° une faiblesse excessive ; 2° l’existence simultanée de plusieurs tumeurs blanches; 5° une maladie grave d’un organe essentiel ; 4° la syphilis, la scrofule et la cachexie mercurielle dans leur période d’activité; 5° l’existence d’un cancer.
Le chapitre XV termine la première partie de la section VI par un aperçu général de la méthode de traitement adoptée par l’auteur.
Dans la deuxième partie (thérapeutique spéciale), il examine l’application des moyens précédents aux diverses tumeurs blanches. Il décrit pour tous les cas particuliers l’appareil qui doit être mis en usage ; les moyens de modifier les positions vicieuses et de vaincre l’ankylose ; la manière dont doivent être imprimés les mouvements artificiels; enfin, les indications desopérations et la manière d’y procéder. Chaque chapitre de cette partie est accompagné d’observations qui montrent l’application des principes qui y sont posés. Les plus remarquables de ces chapitres sont ceux relatifs aux tumeurs blanches de l’épaule, du genou, de la hanche et du rachis. 11 y discute la question de l’application des révulsifs, celle de la réduction des luxations spontanées, et celle de la résection du col et de la tète du fémur.
L’analyse que vous venez d’entendre, Messieurs, ne peut, malgré tous nos efforts, vous donner qu’une idée incomplète de l’œuvre de notre collègue. Il n’est aucun point de l’histoire des tumeurs blanches qu’il n’ait traité avec détails. Il a utilisé tous les travaux qui ont paru jusqu’à ce jour; il les a reliés ensemble et il les a augmentés d’une foule de recherches à lui propres et de vues nouvelles. Il a réussi de cette façon à faire un traité complet sur la matière, et nous pensons qu'il a comblé une lacune dans la littérature médicale. Son ouvrage porte l’empreinte d’une pensée qui en constitue l’unité et qui appartient tout entière à l'auteur. L’anatomie et la physiologie pathologique sont traitées avec un soin tout particulier; l’étiologie a reçu des développements tout a fait nouveaux, surtout relativement aux causes diathésiques. La symptomatologie et le diagnostic ne nous ont paru laisser rien à désirer. La thérapeutique offie beaucoup d intérêt et est longuement détaillée. Elle est traitée avec beaucoup de méthode; tous les moyens proposés contre les tumeurs blanches sont analysés avec soin ; les indications sont posées de manière à ressortir immédiatement et évidemment de la physiologie pathologique. Il résulte de là que l’auteur marche appuyé sur des bases solides et qu'il arrive à indiquer une méthode
de traitement à la fois positive et rationnelle. Cette méthode a, du reste, produit des résultats qui témoignent de sa supériorité : les nombreuses observations apportées à l’appui le prouvent. Enfin, Messieurs, notre collègue a longuement insisté sur les travaux des médecins belges, trop souvent oubliés ou négligés.
Maintenant que nous vous avons fait connaître l’œuvre de notre savant et laborieux secrétaire, nous devons vous dire, Messieurs, que si nous avons été trèssobres d’éloges, c’est que son travail n’en avait pas besoin et qu’il se recommande suffisamment par les qualités que nous avons eu l’occasion de faire ressortir dans le courant de ce rapport.
En accomplissant la tâche que vous avez bien voulu nous confier, ce que nous avions le plus à cœur, c’était de rendre pleine et entière justice à notre collègue, en établissant, par une analyse consciencieuse et raisonnée, que son Traité des tumeurs blanches est un remarquable ouvrage didactique sur ces graves affections, un ouvrage enfin dont la publication fera honneur à la Société et à notre pays. Nous espérons avoir atteint ce but et nous vous proposons avec confiance de décider :
1° Que des remerciments seront votés à M. Crocq;
2° Que son Traité des tumeurs blanches sera imprimé;
5° Que, l’étendue de ce travail ne permettant pas son insertion au Journal, il sera publié séparément au nom de la Société.