CLASSIFICATION D APRÈS LE SIÈGE
difformité, anthrax, phlegmon .
entorse fracture, ostéite.
inflammation aiguë, phthisie pulmonaire, albuminurie, myélite ou encéphalite, blennorrhagie, une autre tumeur blanche.
I scorbut, scrofule, syphilis.
d’une maladie gé- J cachexie mercurielle, nérale. \ anémie.
pléthore, carcinie.
pyoémie.
lombaire, dorsale, cervicale.
occipito-atloïdienne.
atloïdo-axoïdiennc.
coccygienne.
costo-vertébrale, sacro-iliaque pubienne.
temporo-maxillaire.
sterno-claviculaire.
acromio-claviculairc.
scapulo-humérale.
huméro-cubito-radiale.
radio-carpienne.
carpienne et carpo-métacarpiennc.
métacarpo-phalangienne, phalangienne.
coxo-fémorale .
fémoro-tibiale, péronéo-libiale.
du membre ] tibio-tarsienne.
inférieur. \ tarsienne.
tarso-métatarsienne .
métatarso-phalangienne, phalangienne.
Tumeur blanche du rachis.
du membre supérieur.
Ces divisions n’ont pas besoin de longues explications. Je ferai observer seulement que toute tumeur blanche est d’abord séro-fibrineuse, et devient plus tard cellulo-vasculaire ou purulente. Le pus n’existe jamais sans tissu cellulo-vasculaire ; et si j’ai établi une division de tumeurs blanches purulentes, c’est seulement pour indiquer celles où ce tissu est peu abondant, celles que M. Bonnet a appelées abcès froids des articulations.
Toute tumeur blanche est capsulaire, puisqu’elle est constituée par une phlegmasie de la capsule articulaire. Mais la phlegmasie peut y être bornée, ou s’étendre plus ou moins loin dans les parties molles ou les os : de là la division en cellulo-capsulairc et ostéo-capsulaire.
II ne faut pas perdre de vue que le déplacement peut exister sans luxation, ni incomplète ni complète. Ainsi, une surface osseuse est détruite ; il y a inclinaison ou tassement; et pourtant il n’y a pas luxation. C’est ce que l’on voit au pied, au genou, à la hanche, où la tête du fémur peut perforer la cavité cotyloïde, et surtout au rachis.
La classification étiologique n’a pas besoin de longs développements : elle est corrélative à ce que j’ai dit dans l’étiologie. — Je dis tumeur blanche uréthrale, et non blennorrhagique, d’une part parce que toute irritation du canal de l’urèthre, fût-elle occasionnée par des manœuvres opératoires, peut y donner lieu ; d’autre part, parce que je tiens à éloigner toute idée de cause ou d’action spécifique. — Je n’ai pas parlé des tumeurs blanches suite de répercussion d’exanthème ou de suppression de flux, pas plus que de celles dues à des fièvres éruptives autres que la variole, ou à la fièvre typhoïde, parce que, comme je l’ai démontré, ce ne sont pas là des causes de tumeurs blanches.
Ce qui précède rend compte de la cinquième classification ; quant à la sixième, la physiologie pathologique et les considérations émises dans le chapitre IV de la section III, nous en rendent de suite raison.
La classification selon la marche sera élucidée davantage dans les chapitres suivants. Quant à la classification symptomatologique, elle résulte de ce que j’ai dit dans la section précédente sur les divers éléments des tumeurs blanches. La maladie en elle-même, dans son essence, est une inflammation dont j’ai tracé les caractères et énoncé la définition. Mais elle donne lieu à des phénomènes nerveux qui peuvent devenir prédominants, à tel point que M. Jules Guérin a pu les prendre pour les phénomènes essentiels et primitifs. Ils peuvent affecter plus spécialement les nerfs du sentiment et se manifester par la douleur , ou les nerfs
du mouvement et se manifester par ia contracture et les difformités. Les divisions de la classification symptomatologique résultent de la prédominance de l’un ou de l’autre de ces ordres de phénomènes.
Ce qui est relatif aux complications, à leur signification, à leur influence et à leur importance trouvera sa place dans la symptomatologie et la thérapeutique.
Voilà donc dix catégories de classifications. A l’exemple des homœopathes et des rademacheriens, j’aurais pu en ajouter une onzième, la classification thérapeutique. J’aurais pu énumérer des tumeurs blanches mercuriques, iodiques, ferrugineuses, à huile de foie de morue, à compression, etc. Si je ne l’ai pas fait, c’est qu’il n’y a dans ce point de départ, ni vue scientifique, ni utilité pratique. En effet, l’usage et refïicacité des divers agents thérapeutiques doit ressortir des indications, des caractères, des éléments de la maladie, et ceux-ci ne doivent pas ressortir de la thérapeutique. Le diagnostic doit avoir pour but le traitement; regarder celuici comme moyen d’arriver au premier est un paralogisme, non pas seulement aux yeux de la science, mais aux yeux de l’humanité.
J’en reviens aux classifications en général. Pour en fonder une qui soit complète, naturelle, réellement avantageuse, il faudrait ne pas considérer un seul point de vue, ne pas partir d’une seule base, car de cette façon on aboutirait toujours à un résultat exclusif. Il faudrait considérer à la fois, associer, réunir les éléments des dix catégories de classification que je viens d’exposer. Mais de cette façon, où aboutirait-on? On va le voir.
Je prends la première et la quatrième catégorie. La première renferme neuf variétés, la quatrième douze. Chacune des neuf premières, à l’exception de la tumeur blanche cancéreuse, peut se combiner avec les douze dernières. Voilà donc déjà huit fois douze, ou quatre-vingt-seize variétés ; en y ajoutant la tumeur blanche cancéreuse, en voilà quatre-vingtdix-sept.
Prenons maintenant la seconde et la troisième catégorie. La tumeur blanche ostéo-capsulaire seule permet le déplacement sans luxation, puisqu’il n’est possible que par la destruction des parties osseuses. Elle seule donc pourra se combiner avec les cinq variétés de la troisième catégorie. Les tumeurs blanches capsulaire et cellulo-capsulaire ne pourront se combiner qu’avec les quatre autres. Voilà treize variétés. Mais chacune de ces treize variétés peut se combiner avec les quatre-vingt-dix-sept énumérées précédemment. Voilà donc 1261 variétés. Il y en aurait bien plus
si nous considérions les combinaisons entre elles des variétés d’une même catégorie : ainsi une tumeur blanche peut être tout à fois traumatique» asthénique, lymphatique, et scrofuleuse ou syphilitique, tout comme elle peut être simplement traumatique et asthénique, traumatique et lymphatique, asthénique et scrofuleuse, etc. En considérant à la fois toutes les catégories, on arriverait donc à établir quelques milliers de variétés de tumeurs blanches, et on aboutirait à la confusion, au désordre, à un dédale inextricable.
Mais, dira-t-on, faut-il les considérer toutes à la fois? L’une quelconque de ces catégories ne peut-elle pas, à elle seule, servir de base à une classification? Non; car toutes ont leur importance en pratique, et une importance égale. Une classification des tumeurs blanches est donc chose impossible et inutile, sinon nuisible. La tumeur blanche est une maladie une et indivisible, caractérisée par la définition que j’en ai donnée. Du reste, elle offre des variétés individuelles à l’infini; ces variétés individuelles sont constituées par les variations et les combinaisons des diverses circonstances dont se compose leur histoire, et les classifier serait impossible. Cependant, ces circonstances méritent de la part du praticien la plus sérieuse considération, et faute d’y faire attention, comme on le verra dans la thérapeutique, on risque d’aboutir à des mécomptes.
Voilà pourquoi, bien que toute classification soit inutile et impossible, j’ai cru bien faire de mettre sous les yeux de mes lecteurs les catégories précédentes. Elles sont destinées à nous rappeler les circonstances principales de la maladie, celles qui, comme nous l’apprendra la thérapeutique, constituent des sources d’indications.
De tout ce qui précède, il résulte que toute division des tumeurs blanches est une œuvre scolastique, sans but et sans portée. Je m’en passerai donc, me bornant à les distinguer d’après leur marche plus ou moins rapide, d’après leur siège et d’après les circonstances qui les accompagnent.