CHAPITRE III. — PÉRIODES DES TUMEURS BLANCHES
Je n’en dirai pas autant de leur division en périodes. En effet, si la maladie est une, constituée par les transformations insensibles des tissus, il
n’en est pas moins vrai que notre esprit est impuissant à en saisir d’un coup d’œil tout l’ensemble. Pour la lui faire comprendre, il faut la lui présenter comme offrant différentes phases ou périodes, caractérisées chacune par quelque phénomène marquant. J’aurai soin d’ailleurs, en décrivant ces périodes, de faire voir comment elles passent de l'une à l’autre d’une manière insensible, de façon que cette division doit être regardée comme purement artificielle et destinée à faciliter l’étude.
Les tumeurs blanches, comme je l’ai dit, sont des arthrites chroniques, et par conséquent elles doivent reconnaître, comme toute inflammation, quatre périodes : 1° de congestion ; 2° d’exsudation ; 3° de suppuration ; 4U de marasme ou de réparation. Mais comme on le verra bientôt, les deux premières se confondent ; elles ne peuvent être distinguées par leurs symptômes, et ne présentent d’ailleurs pas d’indications différentes ; elles ne peuvent donc, être séparées. Cette considération réduit le nombre de ces périodes à trois : 1° période d’inflammation; 2° période de suppuration; 3° période de marasme ou de réparation. Il ne faut d’ailleurs jamais perdre de vue que cette maladie est une inflammation, et qu’on peut même la considérer comme le type des inflammations chroniques.
Je ne puis, avec quelques auteurs, faire entrer dans cette division la production des luxations spontanées; car elles peuvent ne pas exister, ou survenir sans suppuration, ou bien se montrer avant ou après celle-ci. D’ailleurs la luxation n’est qu’un épiphénomène, un simple accident ; et il faut tâcher, si tant est que l’on veuille établir des divisions, de ne prendre pour point de départ que des faits constants, résultant de la nature même de l’affection. C’est ce que j’ai fait dans la division précédente. En effet, les tumeurs blanches sont des inflammations; or, toute inflammation tend à amener la formation de pus; celle-ci effectuée, clic tend à s’arrêter, ou bien elle continue et amène le marasme et la mort. Voilà des phénomènes bien essentiellement en rapport avec la nature de la maladie. Ils peuvent bien ne pas tous se présenter, mais alors c’est que la marche de l'inflammation aura été arrêtée; et jamais l’un d’eux ne peut exister sans avoir été précédé de ceux énumérés avant lui. Ainsi, jamais le marasme ne peut exister sans suppuration, ni celle-ci sans inflammation. — Étudions donc successivement les symptômes de ces trois périodes.