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CHAPITRE XII. — Tumeurs blanches des doigts et desorteils

Ces tumeurs blanches sont généralement consécutives à des phlegmons ou à des panaris. Ces affections s’emparent d’abord des parties péri-articulaires, puis de l’articulation même. Après que la période d’acuité est passée, il reste des trajets fistuleux qui donnent une suppuration continue, et par lesquels on arrive à toucher les os dénudés. Tout autour, on sent des tissus fongueux et lardacés plus ou moins abondants. Ordinairement ces tumeurs blanches se terminent après l’élimination de séquestres osseux.

Elles peuvent aussi se développer d’emblée ; alors, les articulations sont le siège de douleurs, tantôt sourdes, tantôt vives, surtout sur les parties latérales, où la synoviale est bridée par de forts ligaments; les mouvements sont difficiles et douloureux. L’articulation se gonfle peu à peu, surtout vers sa partie dorsale, où les ligaments sont le moins forts ; des fongosités se produisent, quelquefois tellement abondantes qu’elles donnent au doigt la forme d’un fuseau ; la partie située au-delà est amaigrie, amincie et aplatie. Des abcès se forment, annoncés par des douleurs vives ; ils s’ouvrent, et laissent ordinairement arriver le stylet jusqu’à l’os. C’est surtout à ces petites articulations que peuvent survenir des phlegmasies chroniques de tout le tissu cellulaire sous-cutané qui les entoure, de façon à produire le même gonflement, la même difficulté de mouvements que les tumeurs blanches. Les articulations elles-mêmes, isolées de ce tissu par les diverses gaines fibreuses qui servent au maintien des tendons, n’y participent pas, mais le diagnostic est réellement impossible. Nous n’y perdons pas grand chose, le traitement étant absolument le même.

Lorsqu'un déplacement s’opère, il a toujours lieu, comme je l’ai dit, vers la partie dorsale; on voit la phalange inférieure faire de plus en plus saillie au-dessus de la supérieure.

Généralement, les articulations malades se trouvent dans la position demi-fléchie, due à la plus grande laxilé de leurs moyens d’union vers la région dorsale et à la prédominance des muscles fléchisseurs ; l’accumulation des liquides dans ces articulations tend aussi à amener celte position.

Ce que je viens de dire s’applique à la fois aux tumeurs blanches des phalanges, des articulations métacarpo-phalangiennes, et des articulations métatarso-phalangiennes.

Ces tumeurs blanches ne sont jamais graves : toutefois il ne faut jamais perdre de vue qu’à la seconde période, elles laissent toujours après elle une ankylosé, circonstance assez indifférente au pied, mais très-importante à considérer à la main.

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