RACCOURCISSEMENT
apparent.
réel.
/ Différence de longueur par la juxta-position ;
Ipas de différence à la mensuration ; adduction et rotation en dedans ; parallélisme des lignes bisiliaque , bitrochantérienne et bis-ischiatique ; égalité des angles iléo-bitrochantériens et ischio-bitrochantériens. — Inflammation sans déplacement des os.
1° Différence de longueur à la mensuration;
; abduction et rotation en dehors; ligne bitro- I chantérienne et bis-iliaque tendant à se croiser l vers le côté malade ; angle iléo-bitrochantérien Iplus obtus du côté malade; dépression de la 1 hanche; on ne sent pas la tête du fémur dans la î fosse iliaque externe. — Destruction de la tête ]ou de la cavité cotyloïde, ou des deux à la fois.
2° Différence de longueur à la mensuration ; adduction et rotation en dedans; rotation en de-
(hors dans quelques cas rares; lignes bitrochantérienne et bis-iliaque tendant à se croiser du côté malade ; angle iléo-bitrochantérien plus aigu du côté malade ; saillie et élévation de la hanche ; souvent sensation de la tête fémorale dans la fosse iliaque externe et sensation de vide souslabran- * che horizontale du pubis et en dedans de l’arcade pubienne. — Luxation du fémur en dehors.
Le rachis prend aussi part à la déformation ; la cambrure de la région lombaire est toujours augmentée. Lorsqu’il y a inclinaison du bassin, la colonne lombaire forme une courbe dont la convexité regarde le côté incliné, le côté malade s’il y a allongement, le côté sain s’il y a rac courcissement. Celte courbure est due à ce que la partie inférieure du
rachis suit les mouvements du bassin et s’incline comme lui ; le malade, pour se soutenir, doit reporter le reste du rachis en sens opposé, pour que le centre de gravité réponde en un point de la base de sustentation. Il faut donc que les parties supérieures s’inclinent en sens inverse des inférieures, ce qui produit une incurvation latérale. Il en résulte que cette courbure varie avec les divers degrés d’allongement et de raccourcissement. Cependant si la maladie a duré très-longtemps, surtout chez de jeunes sujets, les vertèbres peuvent prendre la forme appropriée, et la difformité devient permanente.
Les variations de dimension dont on vient de lire la description et les caractères, se succèdent toujours dans un ordre déterminé. Au début de la coxarthrocace, il y a toujours les douleurs que j’ai décrites, et le membre se fléchit ; dès le début aussi ou quelque temps après viennent s’y joindre l’abduction, la rotation en dehors, et l’allongement apparent. — Après un temps très-variable, surviennent l’adduction, la rotation en dedans, et le raccourcissement apparent; les douleurs et la flexion persistent. A ces phénomènes succède le raccourcissement réel avec adduction et rotation en dedans ; très-rarement c’est le raccourcissement réel avec abduction et rotation en dehors. On peut donc reconnaître dans la coxarthrocace trois stades : 1° stade d’allongement apparent; 2° stade de raccourcissement apparent; 3° stade de raccourcissement réel. Dans les cas exceptionnels où la luxation a lieu sur le trou obturateur, il n’y a que deux stades : 1° stade d’allongement apparent ; 2° stade d’allongement réel. Le premier stade est constant, et si Rust, Dzondi, M. Bonnet le nient, cela provient de ce qu’ils ont observé principalement des tumeurs blanches arrivées à un degré avancé, alors que le raccourcissement avait déjà remplacé l’allongement, et qu’ils n’ont pu obtenir des renseignements commémoratifs exacts. Ceci est surtout évident pour M. Bonnet; on le voit au soin qu’il met à décrire l’influence des positions prises par les malades dans le lit. On conçoit que de semblables observations ne peuvent rien prouver, et ne sont propres qu’à induire en erreur. Toutes les fois que l’on assistera au début de la maladie, ou que l’on aura de bons renseignements, on reconnaîtra la filiation de symptômes précédemment établie.
Dans la première période de la coxarthrocace, on observe les phénomènes de douleur et de raideur que j’ai décrits, la difficulté dans la marche, la flexion plus ou moins prononcée, et l’allongement apparent. Le plus souvent c’est encore dans cette période que le raccourcissement appa-
rent succède à l’allongement. Rarement au contraire on observe les variations réelles de longueur, d’autant plus rarement que dans les observations de nos devanciers, nous pouvons presque toujours démontrer ou supposer des erreurs dans la mensuration.
Ainsi, les trois stades de variations de longueur peuvent survenir pendant la première période ; voici un cas où je l’ai positivement constaté.
Tumeur blanche de la hanche avec luxation spontanée.
Une petite fille âgée de 11 ans, de tempérament lymphatique, atteinte d’ophtlialmieehroniqueet d’hypersécrétion des muqueuses nasale et buccale, a eu à l’âge de 4 ans (en 1845) une coxarthrocace. Cette maladie a débuté par de violentes douleurs dans le genou gauche avec allongement du membre ; ces douleurs se sont ensuite portées vers la hanche du même côté. On prescrivit à cette petite fille des frictions stibiées, qui lui ont laissé de nombreuses marques sur la hanche, et l’usage interne de l’huile de foie de morue. Il ne survint pas de suppuration, mais au bout de deux ans (en 1847), le membre se raccourcit et le pied se tourna en dedans. Voici l’état dans lequel elle se trouve aujourd’hui (1852).
Cette petite fille marche en boitant, le pied gauche dans l’extension et la rotation en dedans ; du reste, la marche est facile. Le bassin offre de ce côté de l’élévation et de la rotation en arrière; la cuisse est légèrement fléchie et placée dans l’adduction ; la fesse est bombée, tandis que les plis inguinal, fessier et ischiatique offrent un enfoncement considérable. Une perpendiculaire à la ligne médiane menée par l’épine iliaque antérieure et supérieure du côté sain passe à environ 2 centimètres au-dessous de celle du côté malade : telle est donc la mesure de l’élévation du bassin de ce côté. Le membre sain étant placé dans la même position que le membre malade, et le croisant en passant au-dessus de lui, je trouve les dimensions suivantes :
Distance de l’épine iliaque à la malléole externe à gauche, 0,59
— — — — «à droite, 0,62
— — au sommet de la rotule à gauche, 0,30
— — — — à droite, 0,27
du sommet de la rotule à la malléole externe à gauche, 0,32
— — — — à droite, 0,32
Cette dernière mesure prouve que la jatnbe n’est pas atrophiée. La cuisse ne l’est pas davantage, la distance du grand trochanter au sommet de la rotule et à la tête du péroné étant aussi la même des deux côtés. — La ligne bitrochantérienne coupe la ligne bis-iliaque du côté malade. — Enfonçant les doigts au-dessous de la branche horizontale du pubis et en dedans de sa branche descendante, on n’y sent rien qui ressemble à la tête du fémur. La fesse gauche est fortement bombée ; en y plaçant la main et faisant exécuter au membre des mouvements de rotation et decircumduction, on perçoit l’existence d’une saillie arrondie qui se meut sur la fosse iliaqu e externe. Ce membre est du reste parfaitement mobile, et remplit fort bien ses fonctions. Tantôt cette petite fille appuie seulement sur la pointe du pied, et boîte légèrement; tantôt elle appuie largement sur tout le pied, et semble retomber de la jambe saine sur la jambe difforme plus courte, comme si elle sautait de l’une sur l’autre. Cette élévation et cet abaissement alternatifs sont d’autant plus considérables que ce membre n’est pas dans une parfaite rectitude, mais que la cuisse et la jambe restent toujours légèrement fléchies, et que le genou est un peu dévié en dedans.
Je recommande de faire marcher cette enfant autant que possible sur tout le pied, afin d’entretenir la force, la croissance et la mobilité du membre, et de lui faire faire un soulier à semelle plus épaisse de 3 centimètres que celle du côté sain.