C. Tumeurs malignes (ostéo-sarcomes et épithéliomes
Très rarement les ostéo-sarcomes des parois de l'orbite bénéficient de l'intervention ; on sait, en effet, que les sarcomes du squelette ne peuvent être enlevés avec succès que lorsqu'on ampute le membre dans la contiguïté, c'est-à-dire lorsqu'on enlève tout l'os malade, condition impossible à réaliser dans l'orbite ; il ne faut pas être absolu ; mais, en vérité, bien rarement le sarcome sera suffisamment limité pour que la
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brèche osseuse, faite à la paroi orbitaire, puisse suffire à prévenir la récidive. L'observation de Griffith1 concernant un ostéo-sarcome du plafond de l'orbite est, entre beaucoup d'autres que nous pourrions citer, un exemple des difficultés insurmontables auxquelles se heurte le chirurgien Malgré une intervention très complète la malade mourut quatre mois après l'opération, d'une récidive très étendue de la tumeur.
Il faudra, pour intervenir utilement, que la tumeur soit récente et le diagnostic précoce. Selon le siège du mal et l'état de l'œil, on pratiquera soit l'opération de Krônlein type, ou modifiée ainsi que nous l'avons indiqué, soit, et le plus souvent, l'exentération complète de l'orbite.
Les tumeurs malignes développées au voisinage de l'orbite et l'envahissant sont des néoplasmes extrêmement graves.
L'intervention chirurgicale présente, en pareil cas, peu de chances d'aboutir, parce que, lorsqu'une tumeur maligne née dans le sinus ou dans l'ethmoïde a envahi l'orbite, son développement est trop avancé pour pouvoir être arrêté. Lorsqu'on croira pouvoir intervenir, on utilisera l'opération faite par Gussenbauer ou celle que Moure (de Bordeaux) a récemment conseillée pour les tumeurs malignes de l'ethmoïde (V. p. 521 et suiv.).
En terminant ce long chapitre sur le traitement des tumeurs de l'orbite il pourra paraître bon de mettre en regard de chaque opération les in ications qu'elle comporte. Nous résumerons ainsi les développements qui précèdent :
L — Ablation du néoplasme avec conservation de l'œil.
A. A travers les parties molles :
1° Voie transpalpébrale : applicable aux tumeurs de la base de l'orbite ;
2° Voie transconjonctivale : applicable aux tumeurs bénignes, peu volumineuses, bien enkystées, siégeant derrière le globe de l'œil;
3" Voie transpalpébro-conjonctivale : applicable aux tumeurs du nerf
1 Griffith, Ostéo-sarcome de l'orbite. Transacl. ophthal. Society, XXI, 1901.
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optique et à un grand nombre de tumeurs orbitaires peu profondes, bénignes, enkystées ;
B. Extirpation du néoplasme à travers une brèche osseuse : 1° Résection de la paroi orbitaire externe (opération de Krônlein) : applicable aux tumeurs bénignes volumineuses et profondes, à quelques tumeurs malignes tout à fait à leur début ; applicable aux tumeurs du nerf optique, mais non indispensable en pareil cas ; la réclinaison en dehors, du volet ostéo-périostique externe, permet l'extirpation des tumeurs de l'orbite occupant la partie interne de la loge (p. 524).
2° Résection de la paroi supérieure de l'orbite, sans indications précises ;
3° Résection de la paroi orbitaire inférieure, sans indications précises ;
4° Résection de la paroi interne : applicable aux tumeurs malignes de l'ethmoïde envahissant l'orbite ;
5° Résection partielle de l'une des parties quelconques de l'orbite, applicable aux ostéomes, et très exceptionnellement aux ostéo-sarcomes des parois orbitaires.
II. — Ablation de l'œil et d'une partie du tissu orbitaire. —
Applicable aux tumeurs malignes intra-oculaires menaçant d'envahir l'orbite.