HYPERTROPHIE
L'œil était chassé en bas et en dedans, et faisait saillie entre les paupières.
L'extirpation fut pratiquée, en juillet 1849, par M. Cunier.
La tumeur avait le volume total d'un œuf de poule. On y voyait deux substances, dont l'une, lobulêe et composée de granulations du volume d'une tête d'épingle , jaune blanchâtre. Ces granulations étaient entourées de tissu cellulaire, et formées par des vésicules glandulaires qui, groupées ensemble, constituaient un lobule de la glande. La face interne des vésicules était tapissée de cellules épithéliales, qui devenaient visibles sous un fort grossissement. Vautre, composée de canaux qui se subdivisaient, lisses, d'un rouge pâle, arrondis, présentant après leur section une ouverture centrale de deux à six millimètres de diamètre. On y remarquait quelques dilatations en ampoule.
Hypertrophie acquise. — Cette maladie nous paraît avoir été confondue souvent avec ce qu'on décrit sous le nom desquirrhe de la glande lacrymale. Son histoire est à peine ébauchée . Tout ce qu'on a écrit sur ce sujet se réduit à la note suivante, communiquée par M. Lebert à M. Desmarres, qui l'a reproduite dans son ouvrage * :
« Cette maladie très-rare n'a point encore été décrite dans les traités de chirurgie et d'ophthalmologie; cependant je ne doute pas que l'affection décrite sous le nom de squirrhe de la glande lacrymale n'ait été souvent, tout simplement, une hypertrophie. Béer2, dans son excellent Traité
1 T. Ier, p. 266.
2 Loc. cit., t. II, p. 246.
des maladies des yeux, décrit le squirrhe de la glande lacrymale sous le nom de xérophthalmos, et il résulte de ses descriptions qu'il a confondu le véritable carcinome et l'hypertrophie simple, car il dit que cette maladie est fort grave lorsqu'elle passe à l'état caneéreux; il ajoute que si, au contraire, cette dégénération n'avait pas lieu, et si on n'y touchait pas, le malade pourrait porter une tumeur de ce genre pendant de longues années, ce que le célèbre ophthalmologiste dit avoir observé plus d'une fois. Nous trouvons dans la 17e livraison de Y Atlas pathologique de Gluge1 une observation qui parait se rapprocher de la nôtre, mais qui est trop incomplète pour ne pas laisser quelque doute. »
Le fait que nous allons rapporter est par conséquent le seul de ce genre qui ait été étudié d'une manière assez complète sous le rapport chimique, anatomique et microscopique. Nous ne donnons qu'un très-court extrait de l'observation publiée avec la planche dans le grand ouvrage de M. Lebert.
Observation 2.— Le 22 octobre 1851, M. Chassaignac a présenté à la Société de chirurgie une malade âgée de vingU
1 Gluge, Atlas der pathologischen Anatomie, 17e livraison, pi. III, fig. xx à xxu. — Explication et texte, p. 5, n° 5.
2 Lebert, Anatomie pathologique générale, pi. XII, fig. xix-xxn.