KYSTES
distend une des vacuoles du tissu cellulaire interlobulaire; il admet aussi que leur accroissement est très-rapide, ce qui dépendrait de l'activité fonctionnelle de la glande lacrymale.
Cet auteur en rapporte deux cas : dans l'un il s'agit d'un jeune homme de vingt-six ans qui, après s'être exposé au froid, est pris de fièvre et de douleurs dans l'œil. Trois semaines après, ces douleurs deviennent intolérables, et à la quatrième semaine l'exoplithalmie survient, ainsi que l'amaurose. Le malade entre à l'hôpital de Vienne et y meurt deux jours après. A l'autopsie, tous les désordres sont notés avec soin. Voici ce qui est relatif à la glande : « Elle était plus petite qu'à l'ordinaire, et la tumeur fluctuante lui était unie; les grains glandulaires les plus éloignés de la tumeur et ceux situés vers la paupière supérieure étaient plus gros et plus cohérents, tandis que ceux qui reposaient sur la tumeur étaient plus petits et paraissaient, tant à l'œil qu'au toucher, plus clair-semés que dans l'état naturel. La tumeur avait d'avant en arrière un pouce de diamètre et un peu moins en largeur et en épaisseur. Elle avait une enveloppe externe et une interne. L'externe était une membrane celluleuse épaisse, adhérente à la glande. Entre elle et la membrane interne existait une certaine quantité
de fluide interstitiel. La membrane interne était très- mince , demi-transparente et contenait un fluide limpide l. »
De nos jours on a révoqué en doute l'interprétation donnée par Schmidt aux faits qu'il a observés. Les auteurs du Compendium de chirurgie font leurs réserves à cet égard. M. Desmarres va plus loin encore : il rejette absolument l'existence de ces kystes dans le tissu même de la glande. Voici ce qu'il dit, à propos de l'observation précédente : « Ces caractères suffisent-ils pour faire admettre que la tumeur ait pris naissance dans la glande lacrymale? Evidemment non; il s'agissait là d'un kyste de l'orbite. La seconde observation de Schmidt, dans laquelle il a cru voir une hydatide % n'était pas autre chose ; ainsi de celle d'A. Bérard 3 et de tous les autres cas analogues; d'où je conclus que les kystes de la glande lacrymale n'ont pas été observés jusqu'ici. »
Quoi qu'il en soit, voici les symptômes que l'on attribue à ces kystes :
Le malade commencerait par éprouver de la sécheresse dans l'œil et une douleur sourde à la
1 Loc. ctt., p. 90.
* Voir dans l'Atlas d'Ammon (IIe partie, pi. X, fîg. vu) un dessin de cette tumeur emprunté à Schmidt.
8 Annales d'oculistique, t. XII, p. 259.