KYSTES DES VAISSEAUX
Lawrence. Deux tumeurs polykystiques, existant chez des enfants, l'une à la partie latérale du tronc, l'autre dans l'aine, présentaient chacune, au milieu des kystes qui les composaient, une cavité pleine de sang pur qui communiquait avec une grosse veine (1). On peut sedemander toutefois s'il ne s'agissait pas de kystes extravasculaires, et si la communication avec les veines n'avait pas été la conséquence d'une ulcération ou d'une rupture consécutive.
On trouve quelquefois, dans les tumeurs hémorrhoïdales un peu anciennes, un ou plusieurs kystes, en général plusieurs, ordinairement assez petits, contenant les uns de la sérosité, les autres un liquide plus ou moins hématique, et il est très-probable, dans certains cas, que ces kystes, comme ceux des tumeurs érectiles,ont leur siège dans des vaisseaux. Il y a d'ailleurs entre les tumeurs érectiles et les tumeurs hémorrhoïdales une certaine analogie de structure qui permet d'attribuer dans les deux cas la formation des kystes à un commun mécanisme, c'est-à-dire à des oblitérations inflammatoires. L'inflammation des tumeurs hémorrhoïdales est extrêmement fréquente; elle occupe à la fois le stroma de ces tumeurs et les veines dilatées, où elle fait naître des oblitérations; et on conçoit qu'un tronçon déveine emprisonné entre deux oblitérations, ou une poche latérale, reposant sur une veine oblitérée, puisse subir la transformation kystique.
Nous concluons de cet exposé : 1» qu'il n'existe pas de kystes artériels; 2° qu'il existe des kystes nés dans les capillaires sanguins et des kystes nés dans les veines, mais que la transformation kystique de ces vaisseaux n'a été constatée jusqu'ici que dans les cas oh ils avaient été le siège d'une dilatation préalable. Si l'on s'en tient aux faits actuellement connus, on est en droit de dire que les kystes des vaisseaux sanguins ne sont pas une lésion primitive, qu'ils'sont toujours précédés d'une autre maladie, savoir, d'une tumeur érectile pour les capillaires, et pour les veines d'une dilatation variqueuse.
II n'était pas inutile d'établir cette dernière proposition. Il y a des veines ou au moins des capillaires dans tous les organes oû'les kystes peuvent se former, et les auteurs qui sont disposés à nier l'existence des kystes néogènes auraient beau jeu, s'il était démontré que les vaisseaux peuvent se transformer directement en kystes Tout kyste dont l'origine resterait inconnue serait ainsi classé parmi les kystes vasculaires, et, avec une pareille ressource, il n'v aurait plus de kystes néogènes essentiels. Mais l'étude des kystes vascu-
(1) Paget, On Tumours, p. 285.
^- DES KYSTES PROGÈNES.
laires met un terme à cette illusion, en montrant que l'état kystique des vaisseaux est une complication des tumeurs variqueuses ou érectiles. On n'est donc en droit d'attribuer un kyste, ou un groupa de kystes, à des dilatations de vaisseaux partiellement oblitérés, que lorsqu'on a constaté à une autre époque l'existence d'une de ces tumeurs, ou lorsqu'on trouve actuellement autour des kystes les traces bien évidentes de la tumeur sanguine au sein de laquelle ils se sont développés.