‹ Traité des tumeurs [electronic resource] (volume 2)Chapitre 2 sur 92 · DES TUMICUHS EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

DES TUMICUHS EN PARTICULIER

lèvre, ceux de la joue, du nez, des paupières, du prépuce, de la langue, de la vulve, de l'uLérus. En un mot, nous nous proposons de l'aire connaître l'épithéliôme en général. Et de môme pour les cancers, les fibrômes, les lipômes, etc. La description de chaque tumeur dans chaque organe en particulier exigerait plusieurs volumes, et d'ailleurs ne remplirait pas notre but, qui est de fixer l'attention du lecteur sur la distinction et la comparaison des espèces morbides, et non de la disséminer dans les détails.

Nous ne nous astreindrons pas à suivre rigoureusement ici l'ordre suivant lequel les tumeurs se succèdent sur notre tableau de classification. Il nous a paru commode, pour la facilité des descriptions, de rapprocher, de grouper ensemble certaines tumeurs différentes par leur texture et par leurs propriétés, mais analogues par leurs éléments microscopiques. L'étude de ces séries partielles aura en outre l'avantage de l'aire mieux ressortir la relation qui existe entre la structure des tumeurs et leur gravité. Lorsqu'on verra des éléments identiques ou semblables^, mais diversement agencés, donner lieu à des tumeurs très-différentes par leur marche et par leurs symptômes, lorsqu'on verra la gravité, locale ou générale, s'accroître d'autant plus que le tissu morbide s'écarte davantage de la constitution des tissus normaux qui sont composés des mômes éléments, on comprendra toute l'importance des caractères anatomo-pathologiques, et on reconnaîtra qu'il n'y a pas lieu de rejeter les tumeurs, comme on a tenté de le faire, hors de la classe des maladies qui sont caractérisées par leurs lésions.

Une tumeur est toujours le résultat d'un trouble dénutrition dont l'intensité est révélée parla distance^qui existe entre la production accidentelle et les productions normales. L'écart le plus grave est celui qu'on observe dans les tumeurs à éléments hétéromorphes (voy. t. I, p. 79-83). Quant aux tumeurs dont les éléments sont horaœomorphes, elles sont le résultat d'une déviation nutritive d'autant plus prononcée que la disposition de leurs éléments est plus différente de celle qui appartient aux tissus physiologiques. Ce qui caractérise ces derniers, c'est l'agencement régulier de leurs éléments anatomiques, ou, si l'on veut, la fixité de leur structure. Ainsi les cellules de l'épithélium normal sont disposées en couches simples ou superposées, elles ont des connexions déterminées et sont toujours, en un point donné, placées dans le môme ordre. Les cellules épithéliales de l'épithéliôme, au contraire, sont infiltrées au hasard, dispersées et entassées très-irrégulièrement dans la trame de la tumeur ; la disposition qu'elles affectent ne se retrouve

REiMARQUES PRÉLIMINAIRES. 3

dans aucun tissu normal, car nulle part les cellules élémentaires, épithéliales ou autres, ne sont ainsi privées de toute connexion et de toute régularité. La substance de l'épilhéliôme constitue donc un amas confus d'éléments anatomiques, plutôt qu'un tissu proprement dit, et cette structure désordonnée est l'indice d'un trouble de nutrition très-grave. — Les autres tumeurs homœomorphes et hétérologues sont plus ou moins dans le même cas. Bien moindre est l'écart de nutrition qui donne lieu aux tumeurs homologues. Leurs éléments ne sont pas seulement homœomorphes, ils sont en outre agencés, disposés en un tissu qui, à l'œil nu comme au microscope, diffère peu ou point du tissu normal correspondant. Mais l'homologie qui résulte de cette disposition régulière des éléments n'a pas toujours la même signification, et n'implique pas toujours au même degré l'idée que la formation accidentelle soit la conséquence d'une déviation nutritive légère. Par exemple, il y a sous ce rapport une différence notable entre le lipome, dont le tissu est identique avec le tissu adipeux, — à tel point qu'on a pu songer à ranger cette tumeur parmi les hypertrophies, — et le fibrome, dont le tissu est seulement très-semblable à celui du tissu fibreux normal. Il est donc naturel de penser que, dans la formation du lipome, les phénomènes d'organisation diffèrent moins de l'état normal qu'ils n'en diffèrent dans la formation du fibrome. ^ Il y aune autre circonstance qui dépose dans le même sens. Les éléments autogènes de ces deux tumeurs sont également simples ; mais le fibrome est exclusivement composé de fibres de tissu fibreux, qui sont ses éléments autogènes ; tandis que, dans le lipome, les vésicules adipeuses, éléments autogènes, sont supportées et assemblées par une trame de tissu conjonclif adventice. Supprimez cette trame adventice, et il restera un amas de vésicules adipeuses; la production accidentelle n'aura plus de forme définie ; elle sera comparable à l'infiltration graisseuse des organes ; ce ne sera plus un lipome véritable. Le tissu du lipome est donc un tissu complexe, formé par l'agencement, par le mélange régulier de deux ordres d'éléments, les uns autogènes, les autres adventices • et c'est parce que ces deux ordres d'éléments sont identiquement disposés comme dans le tissu adipeux normal, que le lipome est cité comme un prototype des tumeurs homologues. Comparons maintenant la formation du lipôme et celle du fibrome. Dans ce dernier cas. Il suffit qu'un seul élément se développe, qu'un seul tissu se lorme, et cela paraîtrait possible, alors même que les lois de la nu^ tntion auraient subi une atteinte assez grave ; - tandis que le se-

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