CHAPITRE VII
DES TUMI'UI\S ÉRECTILES
§ 1. — Déûnition et synonymie.
En abordant l'étude des tumeurs érectiles nous devons nous de mander avant tout si elles rentrent dans la classe 'des production accidentelles qui font l'objet de cet ouvrage. Elles ont, en effet, d'incontestables affinités d'une part avec les anévrysmcs et les tu meurs cirsoïdes, d'une autre part avec les varices, en ce sens qu'elles sont toujours constituées, au moins dans Torigine, par des dilatations vasculaires. A ce point de vue, il serait parfaitemen logique de les rattacher à la classe des angiectasies. De l'artère à l'artériole, de celle-ci aux vaisseaux capillaires, puis à la veinule et à la veine, la transition s'effectue sans aucune ligne de démarcation ; et le passage est tout aussi insensible de l'anévrysme à la tumeur cirsoïde, de la tumeur cirsoïde à la tumeur érectile artérielle, puis à la tumeur érectile veineuse, et enfin à la tumeur variqueuse. Il peut donc paraître arbitraire de séparer les termes intermédiaires de cette série de ses termes extrêmes, et, comm ceux-ci sont évidemment étrangers à la classe des productions accidentelles, on pourrait à la rigueur refuser aux tumeurs érectile la place que nous leur donnons dans notre cadre.
Mais cette exclusion ne serait pas seulement contraire à l'usage et peu conforme aux besoins de la clinique, elle serait en outre en opposition avec les résultats de l'étude anatomo-pathologique. Celle-ci établit, en effet, que les angiectasies des artères et des veines ne sont que des dilatations, compliquées quelquefois de ruptures, mais ne donnant pas lieu à la formation de vaisseaux nouveaux ; tandis que la dilatation vasculaire, qui est le phénomène initial du développement des tumeurs érectiles, est bientôt suivie de la production accidentelle de vaisseaux qui ne sont pas, comme ceux des autres néoplasmes, destinés à la nutrition des éléments
TUMEURS ÉRECTILES