‹ Traité des tumeurs [electronic resource] (volume 2)Chapitre 8 sur 92 · KYSTES DENTAIRES · texte numérisé non relu

KYSTES DENTAIRES

verra plus loin ; mais l'existence de cette espèce de kystes dans les os maxillaires n'est pas encore démontrée.

de la cavité alvéolaire, et leur fait subir d'ailleurs une déviation qui ne leur permet pas d'atteindre la gencive. De là résulte un signe sur lequel M. Nélaton surtout a attiré l'attention : en examinant l'arcade dentaire, on trouve que l'une des dents de la régioil où existe la tumeur fait défaut, et a toujours fait défaut. Ce signe est fort important pour le diagnostic ; mais il n'est pourtant pas absolu. Ainsi que l'a fait remarquer avec raison M. Trélat {Bull, de la Soc. de chirurgie , 2^ série, t. III, p. 356 [1862]), les kystes dentaires peuvent se développer dans les follicules de • dents surnuméraires, et, en pareil cas, l'arcade dentaire peut être au complet. J'en ai vu cette année (18G6) un exemple dans mon service à l'hôpital Saint-Antoine, sur un jeune homme qui m'avait été adressé par M. le docteur Duché. D'un autre côté, l'absence d'une dent, coïncidant avec l'existence d'une tumeur maxillaire, n'est pas un caractère exclusivement propre aux kystes dentaires. Certains odoutômes peuvent donner lieu à la môme disposition. Le diagnostic de ces cas sera donné avec quelques détails dans le chapitre où nous traiterons des odontômes.

Les kystes dentaires étant toujours entourés d'une coque osseuse plus ou moins complète, qui résulte de la dilatation de l'os maxillaire correspondant, ne se prêtent pas au traitement ordinaire des kystes. Les ponctions avec ou sans injection seraient toujours insuffisantes. Il est nécessaire d'exciser la paroi osseuse dans une étendue considérable, et cela môme ne suffirait pas toujours pour assurer la guérison, si l'on n'avait soin d'extirper entièrement, comme le fait M. Nélaton, la paroi membraneuse qui tapisse la surface interne du kyste osseux.

On a cité quelques cas où plusieurs dents plus ou moins complètes existaient à la fois dans le môme kyste dentaire. Ainsi il y en avait deux dans un cas qui a été présenté à la Société de chirurgie par M. Legouest {Bull, de la Soc. de chirurgie, 1862, 2e série, t. III, p. 345). Pour expliquer ces faits, d'ailleurs très-rares, on peut supposer que deux kystes développés dans les follicules de deux dents voisines se sont mis de très-bonne heure en communication, et ont fini par ne plus constituer qu'un seul et unique kyste. Mais il est plus probable que les deux dents proviennent d'un seul follicule dont le bulbe aplati et étalé sur la paroi s'est divisé en deux parties, lesquelles se sont ensuite dentifiées isolément. A l'appui de cette hypothèse, on peut invoquer un cas où M. Eugène Nélaton trouva dans l'épaisseur de la paroi d'un kyste dentaire un bulbe divisé en plusieurs cordons distincts. Ce fait sera exposé et discuté en détail dans le chapitre des odontômes, où nous prouverons la réahté du phénomène de la multiplication des bulbes dentaires.

On trouve quelquefois dans les os maxillaires des kystes à 2 ou 3 loges qui paraissent dues à la réunion de plusieurs kystes dentaires ouverts consécutivement les uns dans les autres. Telle était probablement l'origine du kyste du maxillaire inférieur qui fut présenté en 1847 à la Société anatomique, par M. Guibout, et qui fut décrit plus amplement par cet auteur dans l'Union médicale.

On consultera sur les kystes dentaires les ouvrages suivants : Am.Forget Recherchessur les kystes des os maxillaires et leur traitement. Paris, 1840, in-4o Th inauc - Le môme, Mém. sur les kystes des os maxillaires, dans Ale'm. de la Soc 'de chi^.

mf - ' S' - ^^ê^t, Lectures on Tumeurs, Lonàon,

1853 i„.8o, p. 90 iDentigenous Cysts). - Duchaussoy, Des kystes des mâchoires. Th. de concours, Paris, 1857. in-4o. Guibout, Mémoire sur les kystes séreux del os maxillaires, dans VUnion médicale, 1847, p. 449, 454, 458 et 469. - L.-Henr «unge avait déjà publié en 1750 une très-curieuse, mais malheureusement trop

DES KYSTES PROGÈNES.

Il est possible que les kystes du corps pituitaire, affection très-rare, que j'ai pourtant observée une fois, aient leur origine dans les follicules clos de cet organe, que les recherches d'Ecker et de M. Luys tendent à faire ranger parmi les glandes sanguines (1). Mais cette vue est encore hypothétique : lorsque j'ai recueilli mon observation, en 1845, sur un épileplique de Bicôtre, on ignorait encore l'existence des follicules clos du corps pituitaire. Ce kyste avait le volume d'une noisette et remplissait entièrement la selle turcique. M. Zencker, de Dresde, à l'autopsie d'une petite fille réputée hydrocéphale, a trouvé dans le crâne un énorme kyste qui, d'après sa position et ses connexions, lui a paru développé dans le corps pituitaire. Il a rapproché de ce cas deux autres faits empruntés à Bonnet et à Abercrombie. Il n'a du reste émis aucune hypothèse sur le point de départ anatomique de ces kystes (2).

Les kystes placentaires multiples connus sous le nom de môles hydatiques doivent être rapprochés de ceux qui naissent dans les follicules clos. Les recherches de M. Robin, consignées dans l'importante thèse de M. Gayla(3), ont démontré qu'ils ont leur siège dans la cavité des villosités du chorion. Ces villosités diffèrent certainement beaucoup des follicules clos ; leurs cavités, d'abord tubuleuses , puis plusieurs fois ramifiées , ne jouent nullement le rôle des cavités glandulaires. Le liquide qu'elles renferment n'est point sécrété par leurs parois, qui ne sont pas vasculaires dans l'origine, et n'y pénètre que par imbibition. Lorsque les vaisseaux allantoïdiens gagnent la partie du chorion qui formera le placenta, les anses vasculaires s'insinuent dans la cavité des villosités, la remplissent et l'effacent, de telle sorte qu'en devenant des organes vasculaires, les villosités choriales cessent d'être des organes creux ; et quant à cellesquine prennentpaspart à laformation du placenta, elles s'atrophient et disparaissent de très-bonne heure. On ne peut donc éta-

courte observation de kyste dentaire du maxillaire inférieur (Range, De morbis sinuum ossis froniis et maxillœ superioris, et quibusdam maxillœ inferioris, Riuteln, 1750, in-4o). Dans Haller, Disput. chirurgicœ, Lausanne, 1755, in-4'', t. I, p.216.

(I) Liégeois, Anal, et physiologie des glandes vasculaires sanguines, Th. de concours, Paris, 18G0, in-4", p. 11, pl. Il, fig. 1 à 11, etpl. III, fig. 1 à4.

(2; Zencker, Enorme Cystenbildung im Gehirn, vom Himanhang ausgehend, dans Virchow's Archiv fûrpathol, Anat. und Physiologie, BdXll, s. 454 (1857).

(3) Fr.- Alexis Cayla, De l'hydropisie des villosités choriales [Môles hydatiques des auteurs), Th. inaug., Paris, 29 août 1849, in-4°. M. Robin avait déjà exposé ces idées dans un court passage de son Traité du microscope et des injections, Paris, 1849, in-S», H* partie, p. 31. Cet ouvrage a paru quelques mois avant la thèse de M. Cayla.

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