CHAPITRE IV
Les causes des tumeurs sont tellement nombreuses, tellement variables, qu'on ne peut songer k les énumérer complètement dans une étude générale. L'inflammation, les contusions, les actions locales de toute sorte, figurent dans l'étiologie de beaucoup de productions accidentelles; d'autres fois la cause est toute spéciale; d'autres fois enfin, et c'est peut-être le cas le plus commun, elle reste tout à fait inconnue : on dit alors que le développement de la tumeur a été spontané, qu'elle est idiopathique, et, quoique le sens de ces mots ne soit pas bien rigoureux, nous aurons plus d'une fois l'occasion de nous en servir.
A proprement parler, il n'y a pas de tumeur, il n'y a pas de maladie, il n'y a pas de phénomène idiopathique; ce mot, exprimant l'idée d'une chose qui existe par elle-même, serait un non-sens si on le prenait au pied de la lettre. Il signifie donc simplement qu'un état pathologique n'est sous l'influence d'aucune cause connue.
Les influences étiologiques qui président au développement des tumeurs sont tantôt locales, tantôt générales, tantôt à la fois locales et générales. Dans ce dernier cas, la cause générale est prédisposante, la cause locale est déterminante. En théorie, la réalité de ces divers éléments étiologiques sera admise sans difficulté; mais dans la pratique il est souvent difficile, quelquefois impossible de savoir auquel de ces ordres de causes se rattache la formation d'une tumeur particulière. Lorsque chez un individu déjà tuberculeux une nouvelle tumeur tuberculeuse se développe dans un organe quelconque, lorsque, chez un individu déjà atteint de cancer, d'aulres cancers se produisent sur d'autres points de l'économie, on n'hésite pas à reconnaître que toutes les tumeurs de même nature qui existent sur le môme malade sont dues à la même cause, et que celle-ci, dont les effets se font sentir à la fois sur un grand nombre de PO"^ts est une cause générale. Les exostoses multiples, les hpômes multiples, les