‹ Traité des tumeurs [electronic resource]Chapitre 39 sur 158 · INFLUENCES HÉRÉDITAIRES · texte numérisé non relu

INFLUENCES HÉRÉDITAIRES

i attention sur la tuberculisation des organes internes, ne peuvent ! être contestés par les chirurgiens qui ont étudié à fond l'histoire des tubercules des os, ou même des tubercules des testicules. ; Somme toute, les productions accidentelles hétéromorphes pourj raient, sans grande erreur, être considérées comme les manifestations de causes diathésiques générales. D'un autre côté, certaines tumeurs homœomorphes, comme les lipômes, ne se développent jamais sous l'influence d'une diathèse générale; mais on comi mettrait une grave méprise si l'on croyait que toutes les tumeurs I homœomorphes fussent dans le même cas que les lipômes, et on se : tromperait tout autant si l'on croyait que la même espèce de tumeurs I fût toujours due au même ordre de causes. Ainsi, certains lipômes I se développent incontestablement à la suite des pressions conti- I nuelles qu'une profession particulière détermine dans des points 1 déterminés. C'est une cause purement locale. D'autres lipômes se i forment en grand nombre sur le môme individu, sous l'influence I d'une diathèse partielle, limitée au tissu cellulo-adipeux sous-cutané, j De môme il y a des fibrômes uniques de cause entièrement locale, et des fibromes multiples qui résultent d'une diathèse partielle des nerfs ou de tout autre système anatomique ; mais de plus il y a d'autres fibrômes, uniques ou multiples, qui sont dus à une diathèse généi^ale, au môme titre que les tumeurs cancéreuses, car si on les enlève, ils récidivent comme elles, quelquefois môme dans des régions éloignées et dans des tissus très-divers. On en peut dire autant des fibroïdes, probablement aussi des épithéliômes et même des chondrômes, car il y a dans la science un petit nombre de faits qui prouvent que les chondrômes peuvent dépendre exceptionnellement d'une diathèse générale. Il n'y a donc pas de relation constante entre la nature des tumeurs et celle de leurs causes; néanmoins, on peut

I faire à cet égard les remarques suivantes : 1° Les tumeurs homœomorphes et homologues ont ordinairement des causes purement locales ; mais elles dépendent quelquefois d'une diathèse partielle, et quelques-unes d'entre elles peuvent môme, par exception, se rattacher à une diathèse générale. 2° Les tumeurs homœomorphes et hétérologucs ont une éliologie plus variable encore ; quelques-unes sous ce rapport se rapprochent des précédentes, mais, pour certaines d'entre elles, la proportion des cas dus à une diathèse générale s'accroît notablement. 3° Enfin les tumeurs hétéromorphes &oi\{ presque toujours le résultat d'une diathèse générale, favorisée ou non par l'intervention d'une cause locale.

De l'hérédité. — Parlons maintenant de la question de l'hérédité.

Une (lialhèse générale peut ôlrc héréditaire ou acquise. On peut s'attendre par conséquent k voir les tumeurs dues h cet ordre de causes, et spécialement les tumeurs héléromorphes, se transmettre plus ou moins souvent par hérédité. Il serait superflu, je pense, de le démontrer pour les productions tuberculeuses; le nombre des cas d hérédité est tellement grand que mon beau-père Lugol considérait es autres cas comme exceptionnels ; il avait raison, je pense, pour les tubercules internes, et les notes très-étendues que j'ai trouvées dans ses papiers m'ont paru tout à fait concluantes ; mais les tubercules chirur-icaux s'observent assez souvent chez des individus qm n ont aucun°antécédent d'hérédité. Les cancers se propagent beaucoup moins souvent par la génération, et quelques auteurs, parmi lesquels ie citerai Amussat, ont même affirmé qu'ils ne se transmettaient jamais par cette voie. On trouve dans la science un grand nombre d'observations de cancer paraissant héréditaire; personne n a songé à récuser l'authenticité de ces faits, et Amussat lui-mêrne en a rencontré quelques-uns dans sa pratique; mais, le cancer étant une affect on très-fréquente, le calcul des probabiUtés démontre qu'il peu y avoir, par pure coïncidence, plus d'un cancéreux dans sei^ famille sans que pour cela il y ait lieu d'en accuser l'hér dité. Et M Wa she a judicieusement fait remarquer (1) que, pour trans or- L ce e relation de coïncidence en relation de causahté u faut Tutre chose que des impressions et des observations isolées l pense Tue d'aprèsls faits connus, l'hérédité du cancer est probable, mais qu'avant de la considérer comme démontrée, il faut at endre des statues régulières et suffisamment étendues. Or, la difficulté de ce g n 'e de statistique est telle qu'elle équivaut presque à une impos- Si lité II ne suffirait pas, en elfet, de compter combien de cancéeux ur cent ont eu des cancéreux dans leur famille. Il faudrait dTr^ontrer que ce chiffre est supérieur à celui qu'on pourrait attend e d uTe coïncidence pure et simple. Pour cela, il faudrait pendant de longues années faire sur toute une population et sur chacune des ?amilles de cette population des relevés et des calculs semblables à ceux que je citerai tout à l'heure, et que des conditions ParUculiere ^nt Permis de faire dans une famille qui compte trois générations

Je n'hésite pas à dire que de semblables statist.de médecins ec mamère rigoureuse, et

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„) ne Cyclopedia of PracUcal Sur,enj. Und. .80., in-S. vol. I, p. 030 , =r,. Cancer.

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