PROPAGATION AUX TENDONS
ce] fait; loiit le monde sail, par exemple, avec quelle fâcheuse facilité le cancer du sein pénètre dans le grand pectoral.
L?i peau, surtout dans ses couches profondes, se laisse encore aisément envahir par les tumeurs subjacentes. Les nombreux prolongements adipeux qui pénètrent dans les aréoles du derme sont autant de portes d'entrée pour le mal. En avançant vers la surface libre de la peau, la propagation se ralentit notablement; c'est qu'en effet, les fibres du derme y sont plus serrées. (3a sait que beaucoup de lu-
(1) Tendon du long péronier latéral, devenu fibro-plaslique derrière la malléole externe. — A, partie saine du tendon. — B, tumeur principale du tendon. — C, extréitiité inférieure de la tumeur du tendon, confondue dans la tumeur du moignon. — DD', partie supérieure cylindrique de la tumeur du tendon.
(2) Le même tendon fendu suivant sa longueur. — AA, le lendon sain. — BB', la tumeur du lendon fendue longltudinalement. — CC, deux bosselures latérales de cette tumeur.
meurs restent longtemps adhérentes à la peau avant de s'ulcérer, c'est-à-dire avant de détruire la couche la plus superficielle de cet organe.
Les membranes muqueuses, beaucoup moins épaisses, et surtoul moins denses que la peau, résistent aussi bien moins longtemps qu'elle à la propagation des tumeurs, et celles-ci dès lors s'ulcèrent beaucoup plus rapidement. Toutes les muqueuses, au surplus, nt cèdent pas avec la même facilité. La résistance qu'elles opposent à la propagation des pseudoplasmes est proportionnelle à la densité de leur tissu.
Les cordons nerveux possèdent une structure assez serrée; aussi peuvent-ils quelquefois conserver leur intégrité au sein de tumeurs assez avancées. Ainsi, dans un cas de cancer de l'os maxillaire supérieur, j'ai trouvé le nerf sous-orbitaire respecté dans toute sa longueur, quoique, dans toute l'étendue du canal sous-orbitaire, il fût plongé au sein de la substance cancéreuse qui l'enveloppait de toutes parts. Il était légèrement comprimé, et même un peu atrophié; et cependant la sensibilité tactile de la joue, loin d'être diminuée, était au contraire exagérée. Le malade percevait sur cette région deux sensations distinctes, lorsqu'on le piquait avec les deux pointes d'un compas ouvert de 3 millimètres seulement, tandis que sur l'autre joue, il fallait pousser l'écartement jusqu'à 6 millimètres, pour produire deux sensations. Un extrait de cette observation curieuse a été publié dans le Bulletin de la Société anatomique, 1847, p. 168. Cette exagération de la sensibilité tactile ne s'accompagnait d'aucune douleur. Il arrive quelquefois que les nerfs emprisonnés dans les tumeurs s'atrophient par compression avant d'être directement envahis par le mal, et alors il peut se faire que leurs fonctions soient supprimées peu à peu sans douleur névralgique; mais lorsque la tumeur se propage aux nerfs, des douleurs plus ou moins vives, et quelquefois des névralgies atroces, accompagnent ordinairement ce travail de désorganisation, jusqu'à ce que le cordon nerveux soit entièrement détruit. Il existe une espèce particulière de névralgie des membres inférieurs, qui résulte de la propagation du cancer des ganglions pelviens aux nerfs sacrés, à la suite des cancers de l'utérus ou du rectum. Dans un cas de ce genre, oîi la malade, fuUe de douleur, s'était suicidée par pendaison, je trouvai, à l'autopsie, des cellules et des noyaux de cancer dans l'épaisseur du deuxième et du troisième nerf sacrés. Chez une autre malade qui était morte également au milieu des douleurs les plus atroces, j'ai trouvé les nerf^ sacrés simplement comprimés. En définitive, les productions acci-