‹ Traité des tumeurs [electronic resource]Chapitre 7 sur 158 · HISTORIQUE. HEY ET WARDROP · texte numérisé non relu

HISTORIQUE. HEY ET WARDROP

vaisseaux artériels se laissent désorganiser, se rompent, et donnent lieu à des hémorrhagies interstitielles comparables à des apoplexies. Le sang extravasé se creuse, dans la substance molle de la tumeur, des foyers irréguliers, inégaux, multiples; tantôt il s'y coagule, tantôt il y reste h. l'état liquide, et alors, communiquant avec la cavité des artères, il peut imprimer à la tumeur des mouvements d'expansion isochrones aux battements du pouls, comme cela a lieu dans les anévrysmes. Ces tumeurs portent aujourd'hui le nom de cancers hématodes et sont considérées à juste titre comme une variété, une altération du cancer encéphaloïde (J), mais leur structure caverneuse ou spongieuse, le souffle et les battements qu'elles peuvent présenter, leur donnent parfois quelque ressemblance avec certaines tumeurs érectiles, et même avec certaines tumeurs variqueuses ou anévrysmales.

Cette ressemblance eut le fâcheux résultat d'introduire dans la science une confusion des plus graves, qui n'est môme pas encore entièrement dissipée. Elle conduisit d'abord les chirurgiens anglais, puis ceux du continent, à créer sous le nom de fungus hœmatodes un groupe factice comprenant à la fois l'encéphaloïde hématode, qui est la plus terrible de toutes les tumeurs, et les tumeurs purement sanguines qui sont relativement très-inolFensives. ^ Les premières observations de Hey sont vraisemblablement antérieures à celles de John Burns, mais elles ne furent publiées que trois ans après. En 1800, dans ses Dissertations on Inflammation, John Burns décrivit, sous le nom de Spongoïd Inflammation, une production accidentelle qu'il crut devoir séparer du groupe des cancers, à cause de la différence de la structure extérieure, mais dont la gravité était égale, de son aveu, à celle des tumeurs les plus malignes. Cette affection est évidemment la môme que celle dont Hey donna la description, sous le nom hybride de fungus hœmatodes dans ses Practical Observations in Surgery, qui parurent en 1803. Quoique le Committee de la Société du cancer, dans la seconde édition de son programme, publiée en 1806, eût rejeté cette distinction, on contmua à admettre, avec Hey et J. Burns, que le fungus hœmatodes n était pas un cancer. La monographie, très-estimable d'ailleurs, de M. ^y^rdrop {On Fungus Bœmatodcs,Edmhmgh, 1809), fit définitivement prévaloir cette idée. Jusque-là le mal n'était pas grand, puisqu'on s'était borné à ériger une variété en espèce; mais le désordre

(1) Plusieurs autres espèces de tumeurs, telles que les fibroïdes, les myéloïdes etc ES/^^^^"^^"' l'altération de tissu qui donne lieu hVéfat

20 DES TUMEURS EN GÉNÉRAL

s'accrut bientôt. D'une part, il fut facile de trouver tous les cas intermédiaires entre le fungushématode le plus avancé, cl l'encéphaloïde le plus pur. Cela aurait dû conduire à replacer le fungus hémalode dans la classe des cancers ; au lieu de cela, on en retira tous les encéphaloïdes, lesquels, hématodes ou non, furent pendant longtemps considérés comme constituant une espèce différente du cancer, et désignés sous la dénomination commune de fungus fiœmatodes. D'une autre part, certaines ressemblances extérieures firent ranger dans la môme catégorie les tumeurs érectiles, ou télangiectasies qui sont purement vasculaires et qui n'ont aucune analogie avec l'encéphaloïde Bradley alla plus loin encore : et, dans cette classe des fungus hématodes, aussi envahissante dans la nosologie qu'elle l'est dans l'économie animale, il fit rentrer les kystes sanguins qui se forment sur le traiet des veines rompues ou dilatées, affection déjà décrite depuis longtemps par Else, dans le 3» vol. de Médical Observations and Inquiries. Bradley avait été élève de Hey à l'infirmerie de Leeds et on put croire qu'il avait exprimé la pensée de son maître. Ainsi,' tandis qu'on séparait l'encéphaloïde du cancer, on le rapprochait de plusieurs maladies avec lesquelles il n'a aucun point de contact. La conséquence de cette confusion fut des plus fâcheuses, car on fut conduit h aggraver singulièrement le pronostic des tumeurs sanguines, et à atténuer, par la même occasion, celm de l'encéphaloïde. Lorsque Young, en 1813, chercha à prouver que e fungus hématode est un cancer, on lui fit des objections tirées de l'innocuité de certaines tumeurs hématodes que nous appelons aujourd'hui tumeurs érectiles. Lorsque Maunoir, de Genève, en 1820, voulut débrouiller cette question confuse, il se heurta sur un obstac e Lalogue. Il détacha du groupe des fungus hématodes 1 encephaî^de simple qu'il nomma fungus médullaire; mais d y laissa encephïo de hématode confondu avec les tumeurs érectiles et c est SnuTs lors que les tumeurs pulsatiles du squelette ont été designées Lus e nom de tumeurs éreeUles ou .Vanévrysmes des os et traitées comme Telles par la ligature de l'artère principale du membre. Par suUo de cette erreur déplorable, plus de cent malades peut-être mit subi ri^u ile et grave opération de la ligature, qui n'a pas empêché c ux cront survécu de subir ensuite, et souvent trop tard, 'ampuiXn u'il eût fallu pratiquer le plus tôt possible. J'en ai vu plusieurs n?o. iusau^^ dans ces dernières années. Voilà comme les égare- '"n^c^h Z que succè à la confusion du langage. Une autre ,fr liŒ use parce qu'elle a été moins générale, mais tout erreur moms ^^^f ^'^/J , s'introduisit dans la chirurgie par aussi curieuse que la pieccueuic, »

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